Depuis quinze ans, le FIC, aujourd’hui le Forum InCyber réunit experts et institutions. L’édition 2026 confirme son rôle central dans la réflexion stratégique autour de la cybersécurité et de l’influence numérique.
Le Forum InCyber Europe, héritier du Forum international de la cybersécurité, s’impose depuis plusieurs années comme un carrefour majeur entre industrie, institutions et spécialistes du renseignement numérique. L’édition 2026 prolonge cette dynamique avec des figures reconnues comme Vincent Strubel pour l’ANSSI, Andy Yen pour Proton ou Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique. Dans ce contexte, le média ZATAZ confirme son partenariat. Une conférence consacrée au social engineering y analysera une tendance forte de la cybercriminalité : l’attaque directe du facteur humain.
Le Forum InCyber, quinze ans d’engagement dans l’écosystème cyber
Depuis quinze ans, l’auteur de ces lignes participe activement à l’aventure du Forum international de la cybersécurité, devenu Forum InCyber Europe il y a cinq ans. L’événement s’est imposé comme l’un des principaux rendez-vous européens consacrés aux questions de cybersécurité, de défense numérique et de renseignement technologique en Europe.
Au fil des éditions, la rencontre a évolué. Elle rassemble aujourd’hui institutions publiques, entreprises technologiques, chercheurs et acteurs du renseignement. L’objectif reste constant : comprendre les mutations rapides de la menace numérique et organiser la réponse collective.
L’édition 2026 illustre cette ambition. Plusieurs personnalités majeures du secteur figurent parmi les intervenants. Vincent Strubel, directeur général de l’ANSSI, représente la stratégie française de cybersécurité et la protection des infrastructures critiques. Andy Yen, fondateur de Proton, incarne l’approche européenne de la confidentialité et du chiffrement des communications. Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, apporte la dimension politique et stratégique des politiques publiques liées au numérique.
Dans cet environnement dense, la dimension humaine reste essentielle. L’événement conserve une signature professionnelle solide, associée à un esprit communautaire fort. Les rencontres informelles, les échanges d’expérience et les retours d’incidents nourrissent une compréhension concrète des menaces.
Le média spécialisé ZATAZ confirme cette année encore son rôle de partenaire. Cette collaboration s’inscrit dans une logique de diffusion de l’information autour de la cybersécurité, de la cybercriminalité et du renseignement numérique. L’équipe pilotée par Guillaume Tissier (El Patrón d’InCyber) orchestre cette nouvelle édition avec la volonté de maintenir le forum au cœur des débats européens.
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Un changement intervient toutefois dans l’organisation des activités historiques du forum. Pendant quinze années, j’ai eu la chance et l’honneur d’animer le CTF, capture the flag, compétition technique emblématique du rendez-vous. Après cette longue période d’engagement, l’EC2 prend désormais une autre direction et je ne piloterai plus cette activité. L’exercice mobilisait énormément d’énergie durant quarante-huit heures intenses.
Social engineering : la cyberattaque qui cible le cerveau
Je vais vous « causer » de Social Engineering. La direction d’Incyber m’a proposé de vous tenir une conférence qui se concentrera sur une évolution majeure de la menace numérique. Intitulée « Social engineering, quand le pirate préfère hacker votre cerveau que votre clavier« , l’intervention mettra l’accent sur les stratégies de manipulation utilisées par les cybercriminels. Je vous ferai des démonstrations en « live » et reviendrai sur ma victoire lors du CTF S.E. du Hackfest de Québec.
La session se déroulera le mercredi 1 avril 2026 de 11 h 50 à 12 h 20. Pendant trente minutes, l’atelier décrira les mécanismes psychologiques exploités lors des attaques modernes. Les cobayes ? Les participants et participantes 🙂
Le social engineering repose sur une idée simple. La sécurité informatique peut être robuste, le facteur humain demeure souvent la cible la plus accessible. Les attaquants privilégient alors la persuasion, la tromperie ou la pression psychologique plutôt qu’une intrusion technique complexe.
Dans les campagnes d’attaque contemporaines, cette approche occupe une place croissante. Les pirates exploitent la confiance, l’autorité apparente ou l’urgence afin d’inciter la victime à divulguer une information sensible ou à exécuter une action dangereuse.
Cette stratégie touche l’ensemble des organisations. Entreprises privées, administrations publiques et infrastructures critiques sont confrontées à ces techniques de manipulation. L’efficacité repose sur une préparation minutieuse : collecte d’informations, analyse des réseaux sociaux, compréhension des habitudes professionnelles.
Le renseignement ouvert, souvent désigné par l’acronyme OSINT, alimente fréquemment ces opérations. Les cybercriminels peuvent ainsi personnaliser leurs messages et renforcer leur crédibilité. Un simple courriel, une demande téléphonique ou un message interne peuvent suffire à contourner des systèmes de sécurité pourtant sophistiqués.
L’atelier proposé lors du Forum InCyber vise précisément à décrypter ces méthodes. Démontre que le Forum vit avec son temps. L’objectif consiste à montrer comment les attaquants construisent leurs scénarios et comment les organisations peuvent développer des réflexes de défense.
La sensibilisation constitue l’une des premières réponses. Former les collaborateurs à reconnaître les signaux faibles d’une tentative de manipulation réduit considérablement l’efficacité des attaques. Les exercices pratiques, les simulations et les retours d’expérience deviennent alors des outils stratégiques pour les responsables sécurité.
Au-delà de la technique, la question renvoie à un enjeu de culture numérique. La cybersécurité ne relève plus uniquement des équipes informatiques. Elle concerne l’ensemble des acteurs d’une organisation, depuis les dirigeants jusqu’aux utilisateurs quotidiens des outils numériques.
Dans un environnement où l’information circule rapidement et où les attaques hybrides se multiplient, comprendre les logiques de manipulation devient un élément clé de la défense. Le social engineering se situe précisément à la frontière entre cybercriminalité, influence et renseignement.
Le Forum InCyber offre ainsi un terrain privilégié pour analyser cette évolution, à la croisée des technologies et des stratégies d’influence numérique. Merci à toute l’équipe d’Incyber et à « El Patrón » pour la confiance.
La cybersécurité se joue désormais autant dans les lignes de code que dans la compréhension fine des comportements humains, un terrain stratégique pour le renseignement numérique.


