
Le déploiement de l’opération Prosper, d’une durée d’un an, rendu public par le président Cyril Ramaphosa dans son discours sur l’état de la nation (SONA) du 12 février, s’étend désormais sur cinq des neuf provinces d’Afrique du Sud.
Il a déclaré que les soldats sud-africains soutiendraient la police dans la lutte contre la violence des gangs et l’exploitation minière illégale dans les provinces de Gauteng et du Cap-Occidental lors d’un discours devant l’Assemblée nationale (AN)/Conseil national des provinces (NCOP) siégeant à l’hôtel de ville du Cap le mois dernier. Quelques jours plus tard, la province du Cap oriental a été ajoutée et hier (jeudi 12 mars), la Division des opérations conjointes de la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF), dans un communiqué daté du 11 février, a inscrit les provinces du Nord-Ouest et de l’État libre sur la liste de déploiement.
L’identification des « menaces criminelles » de violence des gangs et d’exploitation minière illégale auxquelles les soldats et la police seront confrontés de front dans les mois à venir est conforme à ce que le commandant en chef de la SANDF a déclaré à l’hôtel de ville du Cap. La répartition des tâches provinciales dans la déclaration des opérations conjointes classe Gauteng pour « activités minières illicites », avec pour priorité le gangstérisme et les crimes violents au Cap-Occidental. L’ajout provincial post-SONA prévoit que la police et les soldats du Cap oriental du Premier Oscar Mabuyane soient détaillés pour contenir la violence des gangs et que les ajouts d’opérations conjointes de l’État libre et des provinces du Nord-Ouest se concentrent sur les opérations et activités minières illégales, selon la déclaration des opérations conjointes.
« Ce déploiement fait partie d’une intervention coordonnée du Cluster Justice, Prévention du Crime et Sécurité (JCPS) visant à stabiliser les communautés affectées et à perturber les syndicats criminels opérant dans les zones sensibles », indique le communiqué. Il a été signé conjointement par le général de division Godfrey Thulare (officier général commandant, quartier général opérationnel interarmées) et le lieutenant-colonel Mpho Mathebula (officier supérieur par intérim de la communication opérationnelle, division des opérations interarmées).
Le déploiement, ainsi que l’utilisation préalable de la main-d’œuvre militaire pour soutenir la lutte contre la criminalité, sont prévus dans la Constitution. [Section 201(2)(a)] autorisant « l’emploi » présidentiel de la SANDF en coopération avec le service de police sud-africain (SAPS) pour « prévenir et combattre la criminalité ». Le cadre opérationnel d’un déploiement conjoint tel que celui actuel est détaillé dans la loi sur la défense de 2002 réglementant l’utilisation du personnel militaire pour les opérations internes. Il définit en outre les dispositions de commandement et de contrôle SANDF/SAPS pendant leur activité dans le cadre du NATJOINTS (National Joint Operational and Intelligence Structure).
Ramaphosa a profité de son heure de questions à l’AN le jeudi 12 mars pour élaborer sur le déploiement.
Répondant au député du Parti de la liberté Inkatha (IFP), Nhlanhla Hadebe, il a indiqué que les soldats constitueraient un multiplicateur de force opérant sous le commandement de la police, avec des règles d’engagement claires et pour des objectifs spécifiques limités dans le temps. À titre d’exemple, il a donné la protection lors d’opérations à haut risque, en soutenant les opérations de bouclage et de recherche et en sécurisant les infrastructures critiques.
Faisant rapport sur la séance de questions et réponses présidentielle, le Daily Maverick cite Ramaphosa disant : « Dans le passé, quand des soldats étaient déployés, cela suscitait beaucoup de peur dans le cœur de notre peuple parce que… les soldats sont entraînés uniquement pour tirer et tuer ».
« Cette fois-ci, nous avons si bien développé les capacités de nos forces de défense qu’elles construisent des ponts, sauvent les personnes en danger. Elles aident également à soutenir la police. Nous disposons donc désormais d’une force de défense, même si de nombreuses personnes peuvent la critiquer, une force de défense bien adaptée au service du peuple sud-africain, et elle fait déjà un travail fantastique. »
Après la première incursion publique mercredi de 550 soldats appuyés par deux douzaines de véhicules militaires dans les banlieues de Johannesburg d’Eldorado Park, Riverlea, Sophiatown et Westbury, soldats et policiers se sont séparés hier en direction de l’East Rand (Benoni) et de l’Ouest Rand (Randfontein) du Gauteng.
Lors des opérations de mercredi, le capitaine Phumela Veldtman et le sergent d’état-major Mabasa de l’unité anti-gang SANDF et SAPS font état de deux arrestations pour possession de drogue (cocaïne et méthamphétamine en cristaux) et d’un peu moins de 16 000 rands en espèces. Ils notent que d’autres soldats ont été « chaleureusement accueillis » par les habitants de la banlieue.
Le Parlement officiellement informé du déploiement
Certains se demandent si le Parlement a été correctement informé du déploiement de la SANDF.
Ramaphosa a officiellement informé le Parlement par une lettre datée du 5 mars 2026, adressée au président de l’Assemblée nationale Thoko Didiza. La lettre a ensuite été déposée dans la publication Annonces, dépôts et rapports de comité (ATC) du Parlement le 9 mars 2026.
Dans la correspondance, le président Ramaphosa a confirmé que le déploiement avait été autorisé aux termes de l’article 201(2)(a) de la Constitution, qui permet aux forces de défense d’être employées en coopération avec le SAPS pour maintenir l’ordre public.
Comme le souligne l’analyste de la défense Dean Wingrin, aucune approbation parlementaire préalable n’est requise pour que Ramaphosa déploie la SANDF, puisque le président peut décider quand déployer les troupes de la SANDF à sa propre discrétion. Le Parlement peut contester ou débattre de la décision, mais son approbation n’est pas une condition préalable.


