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un réseau à 100 millions $ – ZATAZ.COM

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Lu il y a 10 minutes


Un ressortissant ghanéen admet sa participation à une vaste fraude en ligne. Le réseau mêlait manipulation sentimentale et compromission de messagerie d’entreprise pour siphonner plus de 100 millions de dollars.

Les autorités américaines viennent d’obtenir un aveu clé dans une affaire illustrant l’industrialisation de la cyberfraude. Derrick Van Yeboah, citoyen ghanéen de 40 ans, a reconnu devant la justice fédérale américaine son implication dans une organisation criminelle spécialisée dans les arnaques sentimentales en ligne et les fraudes par compromission de messagerie professionnelle. Selon les enquêteurs, le groupe a réussi à soutirer plus de 100 millions de dollars à des victimes réparties dans tout le territoire américain.

Un réseau criminel structuré autour de la manipulation en ligne

La reconnaissance de culpabilité de Derrick Van Yeboah a été annoncée par Jay Clayton, procureur fédéral du district sud de New York. L’accusé, également connu sous le pseudonyme « Van », a admis sa participation à un complot visant à commettre une fraude électronique.

« Derrick Van Yeboah a plaidé coupable d’une vaste escroquerie criminelle visant des hommes et des femmes âgés dans le cadre d’arnaques sentimentales en ligne », a déclaré le procureur américain Jay Clayton.

Les investigations judiciaires décrivent une organisation criminelle internationale opérant principalement depuis le Ghana. Les membres du groupe utilisaient des identités fictives sur des plateformes de rencontres et des réseaux sociaux afin d’entrer en contact avec leurs cibles.

Une fois le lien émotionnel établi, les fraudeurs inventaient des situations d’urgence, difficultés médicales, problèmes administratifs ou crises personnelles, afin de persuader leurs interlocuteurs d’envoyer de l’argent. Cette stratégie repose presque exclusivement sur la manipulation psychologique plutôt que sur l’exploitation de vulnérabilités informatiques.

Les enquêteurs indiquent que de nombreuses victimes étaient des personnes âgées convaincues d’entretenir une relation authentique avec un partenaire rencontré en ligne. Dans plusieurs situations, certaines victimes ont même été incitées à servir d’intermédiaires financiers. Elles recevaient des fonds provenant d’autres escroqueries avant de les transférer vers des comptes contrôlés par le réseau criminel.

Ce mécanisme a permis d’étendre la fraude tout en brouillant les pistes financières pour les enquêteurs.

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Fraude sentimentale et compromission d’entreprise

L’organisation ne se limitait pas aux relations frauduleuses sur internet. Les membres du réseau menaient également des attaques de compromission de messagerie professionnelle, souvent désignées par l’acronyme BEC, pour Business Email Compromise.

Dans ce type d’opération, des entreprises reçoivent des courriels frauduleux semblant provenir de partenaires commerciaux ou de collaborateurs de confiance. Les messages demandent généralement un virement urgent ou une modification de coordonnées bancaires.

Convaincues de traiter avec un contact légitime, certaines sociétés transfèrent alors des sommes importantes vers des comptes contrôlés par les fraudeurs.

Les autorités estiment que la combinaison des arnaques sentimentales et des fraudes BEC a permis au réseau de détourner et de blanchir plus de 100 millions de dollars, soit environ 92 millions d’euros.

Une fois collecté, l’argent transitait par plusieurs comptes et circuits financiers avant d’être acheminé vers l’Afrique de l’Ouest. Ce processus de dispersion et de transfert visait à compliquer l’identification des bénéficiaires finaux.

Selon l’accusation, Derrick Van Yeboah a personnellement dirigé plusieurs opérations d’escroquerie sentimentale. Il dialoguait directement avec les victimes en se faisant passer pour un partenaire amoureux, entretenant parfois la relation pendant de longues périodes afin de maintenir la confiance.

Les autorités américaines lui attribuent un gain illicite supérieur à 10 millions de dollars, soit environ 9,2 millions d’euros.

Van Yeboah a plaidé coupable de complot visant à commettre une fraude électronique devant le juge fédéral Arun Subramanian. Cette infraction prévoit une peine maximale de 20 ans d’emprisonnement.

L’accusé a également accepté de restituer 10 149 429,17 dollars, soit environ 9,34 millions d’euros, sous forme de restitution et de confiscation.

Le prononcé de la peine est prévu le 3 juin 2026.

Pour les autorités, cette affaire illustre la mutation des arnaques sentimentales, devenues l’un des segments les plus dynamiques de la cybercriminalité mondiale. Contrairement à d’autres attaques informatiques reposant sur des failles techniques, ces opérations exploitent avant tout la confiance humaine et les relations personnelles.

L’enquête a été menée par le FBI avec le soutien des autorités ghanéennes et du Bureau des affaires internationales du département de la Justice des États-Unis. Les poursuites sont assurées par l’unité spécialisée dans les fraudes complexes et la cybercriminalité du district sud de New York.

Cette opération rappelle que la lutte contre ces réseaux exige une coopération judiciaire internationale et un travail de renseignement financier approfondi.

La cybercriminalité s’appuie désormais autant sur la psychologie humaine que sur la technologie.

En août 2025, la justice américaine obtient l’extradition de trois ressortissants ghanéens soupçonnés d’avoir dirigé un vaste réseau de cyberfraude mêlant arnaques sentimentales et compromission de messageries d’entreprise. Selon l’acte d’accusation dévoilé par le procureur fédéral du district sud de New York, Jay Clayton, quatre individus sont visés par l’enquête. Il s’agit d’Isaac Oduro Boateng, 36 ans, surnommé « Kofi Boat », d’Inusah Ahmed, 40 ans, alias « Pascal », de Derrick Van Yeboah, 40 ans, connu sous le nom de « Van », et de Patrick Kwame Asare, 39 ans, appelé « Borgar ».

Boateng, Ahmed et Van Yeboah ont été extradés du Ghana et sont arrivés aux États-Unis le 7 août 2025. Ils doivent comparaître devant le juge Robert W. Lehrburger. Le dossier judiciaire est confié au juge Arun Subramanian. Patrick Kwame Asare demeure recherché et reste en fuite.

Les procureurs décrivent une organisation criminelle active entre 2016 et mai 2023 et opérant principalement depuis le Ghana. Le réseau aurait ciblé des citoyens américains vulnérables, souvent âgés, au moyen d’arnaques sentimentales menées sur les réseaux sociaux, par SMS ou via des plateformes de rencontres. Les escrocs construisaient de fausses relations amoureuses afin de gagner la confiance de leurs victimes avant de leur soutirer d’importantes sommes d’argent sous différents prétextes.

Certaines victimes étaient également manipulées pour participer, sans le savoir, au blanchiment d’argent provenant d’autres fraudes.

Parallèlement, l’organisation menait des attaques de compromission de courriels professionnels. Dans ces opérations de fraude BEC, des entreprises recevaient des messages frauduleux imitant des correspondants légitimes. Les courriels incitaient les sociétés à effectuer des virements vers des comptes contrôlés par le réseau criminel.

Ces comptes appartenaient souvent à des mules financières ou à des sociétés écrans actives dans des secteurs variés, notamment la vente automobile ou le transport routier.

Le directeur adjoint du bureau new-yorkais du FBI, Christopher G. Raia, a dénoncé des méthodes visant simultanément entreprises et particuliers vulnérables. Selon lui, tromper des sociétés par compromission de courriel et manipuler des personnes âgées en simulant des relations de confiance constitue une fraude grave qui mobilise les enquêteurs fédéraux.

Une fois détournés, les fonds circulaient à travers de multiples intermédiaires qui conservaient une commission avant de transférer le reste vers l’Afrique de l’Ouest. Une part significative de l’argent était destinée aux responsables du réseau, qualifiés de « présidents ». Les autorités américaines estiment que Boateng et Ahmed occupaient ce rôle hiérarchique.

D’après le département de la Justice, certains virements frauduleux atteignaient plusieurs centaines de milliers de dollars. L’ampleur des montants démontre la capacité de ces organisations à déplacer des fonds entre continents tout en restant longtemps sous les radars des autorités.

Les quatre suspects font face à plusieurs chefs d’accusation fédéraux, dont complot de fraude par voie électronique, fraude par virement bancaire, complot de blanchiment d’argent et recel de fonds volés. S’ils étaient reconnus coupables de l’ensemble des charges, ils pourraient théoriquement encourir jusqu’à 75 ans d’emprisonnement.

Les accusations restent pour l’instant des allégations judiciaires et les prévenus sont présumés innocents jusqu’à l’issue de la procédure.

L’extradition résulte d’une coopération étroite entre plusieurs institutions américaines et ghanéennes, dont le Bureau ghanéen de lutte contre la criminalité économique et organisée, la police ghanéenne via INTERPOL, l’Autorité de cybersécurité du Ghana et le Bureau national du renseignement.



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