
Deux commissions de contrôle parlementaire souhaitent que les hauts responsables du Service de police sud-africain (SAPS) veillent à ce que des mécanismes de responsabilisation et des garanties soient en place alors que les soldats se déploient à travers le pays pour soutenir la prévention de la violence des gangs et de l’exploitation minière illégale.
Ce déploiement d’une durée d’un an, qui a débuté le 1er mars, a été rendu public par le président Cyril Ramaphosa dans son discours sur l’état de la nation (SONA) du 12 février. Comme pour d’autres tâches internes et externes de la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF), elle sera exécutée par la Division des opérations conjointes dans le cadre de l’opération Prosper pour aider le gouvernement et ses entités à assurer la sûreté et la sécurité des Sud-Africains ainsi que les infrastructures du pays.
Le président du Comité du portefeuille sur la police (PCoP), Ian Cameron, selon une déclaration des Services de communication parlementaires (PCS) publiée après un briefing SAPS à son comité, et le Comité du portefeuille sur les ressources minérales et pétrolières (PCMPR), ont noté que le déploiement sera dirigé par le SAPS. Il aurait déclaré : « il est important de souligner la nécessité de garantir que les membres du SAPS, qui sont formés à la police criminelle en milieu civil, adhèrent à des normes élevées en matière de droits de l’homme. Même si le déploiement revêt une importance stratégique à court terme, des paramètres stricts sont nécessaires pour éviter les zones militarisées ».
Malgré l’existence de « mécanismes de responsabilisation » tels que la Direction indépendante des enquêtes policières (IPID), les deux comités sont préoccupés par des mécanismes similaires applicables à la SANDF et souhaitent des éclaircissements à ce sujet. Une surveillance renforcée du déploiement conjoint SANDF/SAPS, y compris des mises à jour régulières du financement, est également nécessaire.
Il n’existe, à ce jour et pour autant que l’on puisse en être sûr, aucune information disponible sur le coût du déploiement de la SANDF et sur le nombre d’effectifs. Il semblerait que les soldats s’entraînent actuellement avant leur déploiement à Cape Flats, au Cap-Occidental (où le gangstérisme est le point central) ; les champs aurifères de l’État libre (exploitation minière illicite) ; les districts d’Ekurhuleni, de Johannesburg et de West Rand dans le Gauteng (également exploitation minière illicite) ; et Nelson Mandela Bay, Humansdorp et Jeffreys Bay dans le Cap oriental (gangstérisme). Dans la province du Nord-Ouest, les soldats aideront la police à lutter contre l’exploitation minière illicite dans la ceinture de platine ainsi que dans les districts de Klerksdorp, Orkney, Stilfontein, Hartebeesfontein et Dr Ruth Mompathi.
La déclaration du PCS indique qu’une formation conjointe supplémentaire est nécessaire pour garantir l’interopérabilité entre la police, les soldats et les autres organismes chargés de l’application des lois, ainsi qu’une meilleure collaboration avec l’Autorité nationale des poursuites (NPA). Cela verra les enquêtes menées par le procureur entraîner une augmentation des taux de condamnation plutôt que des chiffres d’arrestation élevés avec de faibles condamnations.
Les deux commissions, selon le communiqué, conviennent de l’urgence de finaliser ce qu’elles appellent le modèle de mise en œuvre du crime organisé et de le présenter au Parlement pour examen et surveillance de sa mise en œuvre. Ils ont souligné que le SAPS et l’ensemble des forces de l’ordre ne peuvent se permettre de retarder davantage la mise en œuvre de cette stratégie si l’on veut lutter efficacement contre la criminalité organisée.
En ce qui concerne le retrait des soldats, à ce stade fixé au 31 mars 2027, une stratégie de sortie claire est nécessaire pour garantir que cela n’entraîne pas une résurgence de la violence des gangs. L’exploitation minière illégale est une autre recommandation ainsi qu’un rappel que le déploiement de la SANDF est temporaire.
« Il doit y avoir un plan clair pour arrêter les barons, qui sont les moteurs stratégiques et les principaux bénéficiaires de l’exploitation minière illégale. L’arrestation des mineurs de faible envergure n’aura pas l’impact nécessaire pour lutter contre ce fléau », a déclaré le président du PCMPR, Mikateko Mahlaule.
L’exploitation minière illégale et sa prévention sont une mission du SAPS en place sous le nom d’Opération Vala Umgodi avec, toujours selon le communiqué, un rapport complet pour évaluer son impact et ses lacunes attendu prochainement. Les comités de surveillance considèrent que cela éclairera les décisions de déploiement conjoint à l’avenir, tout en s’inquiétant du recours aux unités de police de l’ordre public (POP) pour s’attaquer aux mineurs illégaux. Les comités estiment que les unités POP manquent de compétences d’enquête spécialisées et sont axées sur la dissuasion plutôt que sur le renseignement.
En conclusion, les commissions soulignent que les services policiers axés sur le renseignement restent essentiels à la lutte contre le crime organisé. « Les faiblesses persistantes des renseignements sur la criminalité feront du déploiement un sursis temporaire plutôt qu’une solution durable à long terme. »


