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Opinion : Le déploiement de militaires dans nos rues – Une intervention nécessaire mais limitée

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Lu il y a 6 minutes



Lors du discours sur l’état de la nation (SONA) du 12 février 2026, le président Cyril Ramaphosa a annoncé, sous un tonnerre d’applaudissements parlementaires inhabituellement collectifs, que la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) serait déployée dans des points chauds identifiés comme criminels en soutien au service de police sud-africain (SAPS). Cette annonce est plus qu’une phrase habituelle dans un discours et constitue une reconnaissance du fait que dans certaines régions d’Afrique du Sud, l’État doit réagir de toute urgence.

Le déploiement de la SANDF, comme l’a indiqué le président, se concentrera sur la violence des gangs, le trafic et la consommation de drogues dans les provinces du Cap occidental et oriental, ainsi que sur l’exploitation minière illégale et les syndicats du crime organisé dans le Gauteng. Pour de nombreuses communautés de Langlaagte, Riverlea, Selby, Florida, Cleveland et Randfontein, y compris de nombreuses autres villes et townships du Gauteng, qui vivent depuis des mois sous l’ombre de zama-zamas lourdement armés et de détournements de bâtiments, entre autres actes criminels, cette intervention ne peut pas intervenir assez tôt.

Le même sentiment de soulagement sera probablement ressenti dans la banlieue nord de Gqeberha (anciennement Port Elizabeth), dans le Cap oriental, et dans les Cape Flats du Cap occidental, où un gangstérisme violent a dévasté des familles et déstabilisé des quartiers entiers. À Mthatha, où les entrepreneurs émergents et les propriétaires de petites entreprises ont été terrorisés par des réseaux d’extorsion exigeant des frais de protection, étouffant ainsi la croissance économique locale avant qu’elle ne puisse prendre racine, cette intervention n’aurait pas pu arriver à un meilleur moment.

Pour toutes ces communautés, dont les nuits sont constamment rythmées par des coups de feu, il ne s’agit pas d’actes criminels isolés ; il s’agit de pratiques d’intimidation soutenues à l’encontre des citoyens du pays. Par conséquent, la présence de soldats disciplinés et en uniforme aux côtés de policiers ne sera pas une démonstration de force abstraite, mais un répit psychologique et pratique.

Cependant, nous devons être clairs sur ce qu’est ce déploiement et ce qu’il n’est pas.

Il est courant que la SANDF ne dispose pas de pouvoirs d’arrestation. Il est également reconnu que les soldats ne sont pas censés remplacer les policiers, dans la mesure où les pelotons d’infanterie en patrouille ne sont pas des détectives mais servent de multiplicateur de force. Le rôle de la SANDF sera de soutenir la police par une dissuasion visible, de sécuriser les périmètres, de renforcer les opérations et de renforcer encore la capacité de collecte de renseignements du SAPS. La SANDF augmentera les renseignements criminels du SAPS grâce à une collecte et une analyse disciplinées d’informations en utilisant ses capacités structurées de renseignement de défense et de police militaire.

Même si ce déploiement n’a pas pour but de militariser les communautés et de s’attaquer du jour au lendemain aux causes profondes de la criminalité dans nos communautés, il s’agit plutôt de renforcer la capacité de l’État là où il est mis à rude épreuve. S’il est mis en œuvre de manière responsable et parallèlement aux réformes structurelles plus approfondies indispensables (réduction du chômage, de la pauvreté, de l’inégalité d’accès aux opportunités économiques, par exemple), le déploiement offrira quelque chose dont les communautés ont désespérément besoin, à savoir un répit, une confiance renouvelée dans l’État et l’assurance que la République n’a pas abandonné son peuple.

Ce déploiement de la SANDF trouve également son expression dans la Constitution sud-africaine, à l’article 200(2), qui affirme que l’objectif principal de la force de défense est de défendre et de protéger la République et son peuple. Lorsque les communautés sont effectivement assiégées par la violence organisée, leur protection par l’État par tous les moyens, y compris ce déploiement, devient un impératif constitutionnel.

Bien que ce déploiement soit le bienvenu, en tant que peuple et pays, nous devons rester déterminés à rechercher des solutions durables pour résoudre les racines structurelles de la criminalité, du chômage, des inégalités, de la toxicomanie et des injustices spatiales historiques, car la sécurité durable de nos communautés nécessite des réformes sociales et économiques à long terme. Cette intervention sécuritaire immédiate ne remplace donc pas des réformes structurelles durables, mais elle en est une condition préalable.

Même si le déploiement de la SANDF constituera également un répit pour les soldats qui sont habituellement confinés dans des casernes militaires pour effectuer des tâches de base et se recycler, des opérations nationales soigneusement gérées comme celle-ci leur permettront de maintenir leur préparation opérationnelle dans des environnements urbains complexes et dans des opérations autres que la guerre (OOTW).

Alors que les politiciens et autres commentateurs débattent des avantages et des inconvénients du déploiement de la SANDF dans nos townships, pour la mère de Riverlea, le commerçant de Mthatha ou la famille de la banlieue nord de Gqeberha, ce déploiement n’est pas une question d’optique politique, c’est une question de sécurité, de dignité et du simple espoir d’un sommeil ininterrompu.

Le lieutenant-colonel (Rtd) Baliwinile Kwankwa (SA Army Int C) écrit à titre personnel



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