
L’année commence plutôt bien pour l’industrie française. En décembre, le climat des affaires, calculé par l’Insee dans le secteur manufacturier, est repassé au-dessus de sa moyenne de longue période, son plus haut niveau depuis un an et demi. Selon les dernières prévisions de l’Insee, après avoir fini 2025 avec un PIB en hausse de 0,9 %, la croissance française devrait garder son élan au premier semestre.
Malgré les incertitudes, les signaux repassent au vert : la production industrielle progresse depuis l’été, l’investissement des entreprises devrait rester dynamique, après son rebond surprise au troisième trimestre, selon l’Insee, et les taux d’utilisation des capacités de production se rapprochent de leur moyenne. Sauf que cette embellie n’est pas partagée par tout le monde. La santé éclatante de l’aéronautique, avec une accélération des livraisons d’Airbus en fin d’année, et dans une moindre mesure de la défense, a dopé l’activité française.
La demande intérieure en berne, l’export en forme
Pour rattraper les retards accumulés depuis le Covid, la production des usines du secteur est en hausse de 15 % depuis juin. Ailleurs, l’ambiance est plus morose. «On a une économie française à deux vitesses. L’une, tournée vers la demande intérieure, est en difficulté, l’autre, connectée à international, se porte mieux», pointe Philippe Mutricy, le directeur de Bpifrance Le Lab, dont le dernier baromètre auprès des TPE-PME montre une amélioration en 2026.
L’inflation plus basse en France que dans le reste de la zone euro redonne un peu de compétitivité aux entreprises par rapport aux voisines européennes. Mais le vrai élan ne pourra venir que d’une reprise de la consommation. Actuellement, les ménages préfèrent gonfler leur épargne, déjà à un niveau historique. Réduire l’incertitude politique pourrait les inciter à desserrer les cordons de la bourse. #


