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le producteur d’eaux minérales Bonneval dénonce «une concurrence déloyale» et dépose trois recours contre les arrêtés autorisant la filtration de l’eau

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Lu il y a 4 minutes



Bonneval Waters a déposé trois recours contre les arrêtés préfectoraux des Vosges et du Gard qui autorisent Nestlé Waters à produire de l’eau minérale avec une microfiltration. Explications avec David Merle, patron de la société d’eaux minérales.

Le scandale des eaux minérales de Nestlé Waters n’en finit pas. Bonneval Waters a déposé trois recours contestant les autorisations délivrées par les préfectures du Gard et des Vosges au géant suisse, lui permettant de continuer la production de ses eaux minérales Perrier, Contrex et Hépar. L’entreprise, qui exploite, sans forage, une source à Bourg-Saint-Maurice (Savoie), dénonce la filtration de l’eau à 0,45 micron, qui s’apparente selon elle à de la désinfection. «Ces eaux étaient sous surveillance renforcée et il semblerait qu’elles présentaient des bactéries pathogènes. Or une eau minérale doit être pure à son point s’origine, plaide David Merle, son PDG. La filtration à 0,45 micron désinfecte et enlève les bactéries pathogènes.»

Le dirigeant dit attendre sereinement le verdict, qui pourrait prendre quelques mois, contestant toute influence de Danone, principal concurrent de Nestlé, dans sa démarche. L’entreprise derrière Evian, Volvic et Badoit siège avec Bonneval au syndicat professionnel, la Maison des eaux minérales naturelles (MEMN), qui a exclu Nestlé Waters. «Je confirme mon indépendance et je ne parle pas pour les autres entreprises», assure David Merle.

«Il faut respecter le cycle naturel de l’eau»

Nestlé Waters, qui a admis avoir utilisé pendant de nombreuses années des traitements prohibés – avec des filtrations à 0,2 micron, du charbon et des UV – a pourtant obtenu le feu vert des autorités pour continuer à exploiter ses eaux sous l’appellation «minérale naturelle» fin 2025. D’abord à Perrier, avec une autorisation délivrée par la préfecture du Gard le 19 décembre, permettant à l’industriel de poursuivre l’exploitation de deux forages. Idem du côté des Vosges, avec un renouvellement de l’autorisation tombé quatre jours plus tard.

Si les autorités locales ont jugé que les propriétés de l’eau étaient conservées malgré l’usage de filtres à 0,45 micromètres, les concurrents de Nestlé ne semblent pas du même avis. «Il faut respecter le cycle naturel de l’eau et refuser tout traitement», rappelait la NEMN lors d’un rendez-vous avec quelques journalistes en novembre dernier. Le Code de la santé publique définit l’eau minérale naturelle comme une eau microbiologiquement saine provenant d’une source unique d’origine souterraine. Il interdit donc toute interaction susceptible d’altérer sa composition minérale.

La MEMN s’oppose à toute modification de la réglementation. «Les analyses avec des filtres à 0,45 micron, réalisées par les laboratoires de surveillance sanitaire, suivent des normes claires qui précisent que ces filtres retirent les bactéries pathogènes de l’eau, prévenait David Merle lors de la visite de la source et de l’usine Bonneval. Cette filtration modifie donc potentiellement la composition bactérienne d’une eau non conforme. La réglementation est très claire, la norme ISO l’est aussi, et ceux qui demandent une clarification tentent de changer les règles.»

Le patron de Bonneval Waters dit ne pas comprendre que la réglementation «ne soit pas la même pour tout le monde et que nous nous trouvons face à une concurrence déloyale». «Je me bats pour les consommateurs qui payent une eau comparable à celle du robinet 150 fois plus cher», assure-t-il.



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