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Le fabricant taïwanais de batteries “semi-solides” ProLogium lance le chantier de sa gigafactory à Dunkerque, avec des ambitions modestes au démarrage

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Lu il y a 5 minutes



Avec deux ans de retard sur le calendrier initial, l’entreprise taïwanaise ProLogium Technology a lancé le 10 février la construction de sa gigafactory à Dunkerque (Nord). La production à l’échelle de sa batterie lithium-céramique, présentée comme solide mais dotée d’un électrolyte «100% inorganique superfluidifié», doit désormais monter en cadence début 2029. «Ca vaut la peine d’attendre», glisse son patron.

Le terrain vague de 100 hectares est désormais un vaste chantier. Avec près de deux ans de retard sur le calendrier initial, le fabricant taïwanais de batteries «semi-solides» ProLogium a célébré mardi 10 février la pose de la première pierre de sa gigafactory de Dunkerque (Nord), à proximité directe de celle de Verkor tout juste inaugurée.

Le quatrième projet de fabrication de batteries pour véhicules électriques dans les Hauts-de-France est ambitieux : jusqu’à 5,2 milliards d’euros d’investissement pour une capacité maximale théorique de 48 gigawattheures (GWh). Mais le démarrage, repoussé à la fin de l’année 2028 pour une montée en cadence en 2029, sera modeste avec une capacité de production inférieure aux 2 à 4 GWh annoncés précédemment : 0,8 GWh, de quoi équiper environ 8000 véhicules par an. Le site emploiera environ 350 personnes à cet horizon. «Nous ne sommes pas là pour faire des déclarations, mais pour construire quelque chose qui dure», a lancé depuis l’estrade Vincent Yang, le patron de l’entreprise fondée en 2006.

ProLogium assure avoir les fonds nécessaires pour mener à bien le projet. Encore à la recherche de 600 millions d’euros il y a quelques mois, le futur directeur de l’usine, Calvin Hsieh, assure que le financement est désormais bouclé.

«Bienvenue en France, on vous aime»

L’investissement est vu d’un bon oeil dans une région touchée par la désindustrialisation. Deux ministres ont d’ailleurs fait le déplacement (mais pas Emmanuel Macron, pourtant en déplacement à Dunkerque ce 10 février chez ArcelorMittal) : Roland Lescure, ministre de l’Economie, et son collègue à l’Industrie, Sébastien Martin pour un coup de pelle symbolique. «Avoir ce geste symbolique avec vous pour montrer que ce projet se concrétise est un plaisir et un honneur. Bienvenue en France, on vous aime», a lancé à l’adresse de l’industriel le locataire de Bercy, dans un anglais impeccable.

Si la première pierre est posée, la brique technlogique reste à parfaire. A l’instar de Blue Solutions ou QuantumScape, ProLogium Technology souhaite devenir un champion de la batterie tout-solide. Contrairement aux piles lithium-ion reposant sur une technologie mature et éprouvée, les batteries tout-solide ont la spécificité d’être composées d’un électrolyte (la matière qui conduit les ions d’une électrode à l’autre) non plus liquide mais solide. L’avantage : un gain de place qui permet d’augmenter la densité énergétique et donc l’autonomie pour le même poids. Si ProLogium vante l’industrialisation à Dunkerque d’une technologie de génération 4 à électrolyte solide, sa batterie lithium à céramique est pourvue d’un électrolyte «solide 100% inorganique superfluidifié». Comme tous ses concurrents, ProLogium suit une feuille de route technologique et valide à intervalles réguliers de nouveaux jalons dans sa course vers le tout-solide, tant sur le plan technique du produit que sur les process industriels nécessaires pour le fabriquer à grande échelle. Pour le patron, malgré les retards, «ça vaut la peine d’attendre», car le coût de son produit sera proche de celui des batteries lithium-ion, une fois à l’échelle. «Nous voulons être le plus grand fournisseur de batteries solides.»

Une collaboration avec le constructeur Rimac

La société, qui compte Mercedes-Benz parmi ses actionnaires, ne précise pas tous les liens contractuels qu’elle entretient avec des constructeurs, mais indique avoir signé un protocole d’accord avec le département technologique du constructeur de supercars Rimac. Si près de 90% de la production de son usine française sera dédiée à équiper des véhicules électriques, le fabricant regarde aussi de près d’autres industries comme les vélos, les robots humanoïdes, l’aéronautique et même les datacenters dédiés à l’IA.

Après avoir lancé en 2017 une ligne pilote de 40 MWh pour la production de ses batteries solides, l’entreprise taïwanaise opère depuis 2024 à Taïwan une première ligne de production de grande série, d’une capacité de 3GWh, qui a produit plus de 750000 cellules de batterie.



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