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ZATAZ » Noname057(16) tente de brouiller les JO d’hiver en Italie

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Lu il y a 7 minutes


Début février, des hacktivistes pro-Kremlin de Noname ont visé les JO d’hiver en Italie, frappant communes hôtes et délégations par DDoS, sans dégâts majeurs, mais avec une mise en scène calculée.

Le collectif hacktiviste Noname057(16) a cherché à perturber les Jeux olympiques d’hiver en Italie depuis le début du mois de février. Plusieurs communes italiennes impliquées dans l’organisation, ainsi que des sites web de délégations, ont été ciblés par des attaques par déni de service distribué (DDoS). Les impacts opérationnels sont restés limités, mais la séquence illustre une stratégie de communication typique des groupes pro-Kremlin, qui privilégient l’effet de récit au sabotage durable. En toile de fond, une hostilité ancienne envers l’olympisme, nourrie par les restrictions visant la participation russe.

Une perturbation mesurée, un message amplifié

L’attaque n’a pas cherché le spectaculaire technique. Le choix du DDoS dit autre chose : saturer, ralentir, faire vaciller l’accès, puis raconter. Selon les éléments découverts par ZATAZ (montrés dans la Cyber Émission du 08 février 2026), Noname a ciblé plusieurs communes italiennes parties prenantes des JO d’hiver, mais aussi des sites web liés à des délégations. Le mode opératoire s’inscrit dans une logique d’usure informationnelle. Un DDoS, surtout lorsqu’il ne provoque pas d’interruption durable, se prête bien à cette mécanique : il suffit d’un service brièvement dégradé, d’un écran d’erreur, d’une indisponibilité localisée, pour produire des captures, des revendications et une narration de puissance.

Dans ce type d’action, la « réussite » ne se mesure pas seulement en minutes de coupure. Elle se mesure en visibilité. Le groupe peut annoncer avoir « frappé les JO », même si l’activité réelle reste contenue. C’est là que la stratégie communicante prend tout son sens : multiplier les cibles à faible coût, revendiquer vite, occuper l’espace, et obliger les organisations à démentir, minimiser ou justifier. L’attaque devient un instrument d’agitation, plus qu’une arme de destruction. D’autant que NoName passe par des « boutiques » commercialisant des DDoS. Des espaces numériques baptisés Booter et Stresser. L’un d’eux, repéré par le Service de Veille ZATAZ, propose des solutions de « tests » de serveurs de 20 à 2000€ !

pour Noname, la tension narrative est précisément là : les JO concentrent l’attention mondiale, donc chaque incident, même mineur, se charge d’un poids symbolique. En visant des communes hôtes, Noname cherche aussi le signal politique. Une municipalité n’est pas seulement un site web, c’est un morceau d’organisation, un visage local des Jeux. Toucher ces points d’entrée, sans nécessairement paralyser, revient à dire : « nous pouvons atteindre l’écosystème ». Et en ciblant des délégations, l’objectif est double : gêner la vitrine, et rappeler que la compétition est aussi un théâtre de confrontation.

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Pourquoi l’olympisme attire la colère pro-Kremlin

L’hostilité de ces réseaux envers les Jeux n’est pas une improvisation. Dans leur discours, l’olympisme devient un symbole d’exclusion et d’humiliation nationale. Le rappel revient souvent : interdictions de participation, restrictions, délégations contraintes à des statuts limités, et, plus largement, une perception d’injustice liée à des sanctions. Même lorsqu’il ne s’agit pas de faits nouveaux, ce récit sert de carburant. Les JO offrent un antagoniste parfait : une institution globale, des règles, des drapeaux, des cérémonies, et une promesse d’universalité que ces collectifs contestent.

Cette rhétorique a un avantage tactique : elle simplifie. Plutôt que d’expliquer une cible précise ou un grief technique, il suffit d’opposer « eux » et « nous », la scène mondiale et la nation empêchée. Les DDoS, parce qu’ils sont rapides à déclencher et faciles à revendiquer, deviennent alors l’outil cohérent d’une campagne d’influence : une action brève, un slogan long.

La même logique s’est déjà vue sous d’autres formes, y compris hors DDoS. Dans l’écosystème pro-Kremlin, l’objectif n’est pas toujours de voler des données ou de tenir un système en otage. Il peut s’agir de semer le doute, de détourner l’attention, de fabriquer des récits viraux. Un exemple, avant les JO de Paris, illustre cette grammaire : des fausses vidéos associant Tom Cruise et Netflix, pensées pour circuler, s’imposer par la surprise, puis imposer aux organisateurs et aux médias un travail défensif de clarification. Ce n’est pas l’infrastructure qui est alors ciblée, c’est la confiance. les vidéos et leurs diffusions ont fait un bide. Mais n’oublions que ce genre de manipulation, même ratée, reste un entrainement qui pourra peut-être réussir demain.

En additionnant ces actions, une ligne se dessine : frapper là où la visibilité est maximale et où la réponse officielle est contrainte. Les institutions sportives doivent rassurer sans dramatiser, les autorités locales doivent continuer à fonctionner, les délégations doivent protéger leurs canaux sans transformer chaque incident en crise. Cet équilibre, Noname et consorts cherchent à le déséquilibrer. Pas forcément en détruisant, mais en forçant l’agenda.

Au fond, la menace la plus constante n’est pas le DDoS lui-même, mais la capacité à transformer un incident limité en signal politique mondial, un jeu d’ombres où la cyberattaque sert surtout de projecteur.

Pour finir, étonnament, NoName et d’autres hacktivistes pro-russes n’ont pas tenté de faire parler de leur cause en s’attaquant au Super Bowl 60.

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