
Après Greenpeace et l’ASNR, c’est au tour de l’Autorité environnementale de pointer un manque d’anticipation des événements climatiques extrêmes par EDF sur l’implantation de ses EPR2 à Gravelines (Nord). L’avis publié mercredi 4 février pointe une étude d’impact insuffisante sur d’autres points, notamment sur la biodiversité et les zones humides du site.
Les EPR2 de Gravelines, mal préparé face aux risques extrêmes ? Dans un avis sur l’implantation des deux nouveaux réacteurs délivré mercredi 4 février, l’Autorité environnementale (AE) pointe une étude d’impact inégale et une exposition du site à des risques insuffisamment prise en compte. Cet avis consultatif s’ajoute à plusieurs lacunes pointées par d’autres organisations, alors que la décision d’investissement pour les paires d’EPR2 de Gravelines, Bugey (Ain) et Penly (Seine-Maritime) est attendue pour la fin de l’année 2026.
Dans un rapport du 3 octobre 2025, l’ONG Greenpeace indiquait déjà qu’EDF ne prenait pas assez en compte les effets du dérèglement climatique sur le site. Toujours en octobre, l’Autorité nationale de la sûreté nucléaire (ASNR) demandait à EDF de démontrer la fiabilité des fondations prévues pour stabiliser le sol sablonneux du site, notamment en cas de séisme.
Impact environnemental et expositions aux risques sous-estimés
Alors que les EPR2 de Gravelines attendent encore leur autorisation de création, l’autorité indépendante regrette un manque d’anticipation sur la vulnérabilité du site à des risques de submersion marine, d’inondations et d’événements climatiques extrêmes. «L’étude d’impact, très volumineuse, est inégalement robuste et parfois difficilement accessible», relève l’AE, qui demande son actualisation en vue de la demande du sésame.
Parmi les autres faiblesses identifiées figurent des progrès insuffisant en matière de rejets d’effluents chimiques, notamment en mer, «en particulier ceux associés à l’électrochloration à grande d’échelle des eaux de refroidissement». «L’ampleur des incidences du chantier est sous-estimée» sur l’environnement, et présente le risque d’une dégradation de la biodiversité et des zones humides, dont l’état initial est «insuffisamment caractérisé», tacle encore l’AE.
Le génie civil de Penly interrogé
Gravelines n’est pas la seule centrale pour laquelle EDF est invité à consolider son projet. Concernant les rejets chimiques, l’Autorité environnementale avait précédemment soulevé des inquiétudes similaires sur les rejets d’effluents chimiques pour les EPR2 de Penly, eux aussi construits sur la côte de la Manche. Plus récemment, l’ASNR a invité EDF à revoir et à améliorer certains de ses plans pour le génie civil pour l’extension de la centrale normande, alors que les travaux préparatoires ont débuté depuis l’été 2024.


