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ZATAZ » Operation Switch off coupe un vaste réseau IPTV illégal

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Lu il y a 6 minutes


Une opération policière internationale a mis fin à un réseau IPTV clandestin tentaculaire. Derrière l’écran, une mécanique de fraude numérique et de blanchiment, pensée pour durer.

Operation Switch off s’est achevée sur une série de perquisitions coordonnées en Italie et à l’étranger contre un réseau d’IPTV illégale présenté comme massif. L’enquête, menée par le parquet de Catane et coordonnée avec Eurojust, Europol et Interpol, vise 31 personnes soupçonnées d’appartenir à une organisation criminelle transnationale. Les autorités évoquent des délits d’émission non autorisée de contenus protégés, de fraude informatique et de blanchiment. Le réseau aurait capté et rediffusé des directs et des catalogues à la demande issus de plateformes majeures, pour des millions d’utilisateurs dans le monde. Des saisies de plateformes et de serveurs ont accompagné l’interruption de milliers de revendeurs.

Une enquête au long cours, nourrie par le renseignement

Operation Switch off n’a pas surgi de nulle part. Les enquêteurs indiquent qu’elle s’inscrit dans la continuité d’une précédente opération, Taken Down, comme si un premier coup de filet avait ouvert une porte, puis révélé un couloir entier. Pendant un an, le parquet de Catane, appuyé par la coordination d’Eurojust, Europol et Interpol, a patiemment reconstruit une chaîne de responsabilités présentée comme transnationale. Au bout de ce fil, 31 personnes sont aujourd’hui identifiées comme liées, selon les autorités, à une organisation structurée.

Le cœur du dossier repose sur une logique de piratage industriel appliquée aux médias. Les investigateurs décrivent un dispositif capable de capter des flux en direct et des contenus à la demande, puis de les redistribuer à grande échelle. Les plateformes citées, Sky, DAZN, Amazon Prime, Netflix, Paramount et Disney+, dessinent un catalogue universel, précisément ce qui rend l’IPTV illégale attractive, et donc rentable. Le schéma allégué ne consiste pas seulement à « partager » des contenus, il s’apparente à une infrastructure parallèle, avec ses opérateurs, ses relais, et une capacité à absorber des volumes d’audience considérables.

 

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La chute des plateformes, et l’argent qui se cache derrière

Le volet opérationnel a pris la forme d’un déploiement massif. Plus de 100 agents de la police postale italienne ont mené des perquisitions dans 11 villes italiennes, pendant que 14 sites à l’international faisaient l’objet d’actions parallèles avec les autorités locales. Le message est clair : l’IPTV illégale n’est pas traitée comme une simple infraction opportuniste, mais comme une filière, avec ses points d’appui et ses nœuds logistiques.

Les résultats revendiqués s’attaquent à la distribution autant qu’à la production. Les autorités indiquent avoir perturbé environ 1 000 revendeurs en Italie, ces intermédiaires qui transforment une infrastructure clandestine en offres « prêtes à l’emploi ». Elles annoncent aussi la coupure du service pour plus de 100 000 utilisateurs finaux en Italie, et évoquent des millions de personnes affectées dans le monde. En Italie, trois plateformes IPTV illégales ont été saisies. En Roumanie, les enquêteurs disent avoir identifié une opération de distribution importante, appuyée sur six serveurs, un détail qui éclaire la réalité technique : sans hébergement et sans redondance, pas de diffusion continue, et sans diffusion continue, pas d’abonnés.

Mais l’histoire ne se limite pas à des flux vidéo. Elle parle d’argent, et surtout de la façon dont il disparaît. Les autorités accusent les suspects d’avoir utilisé des investissements en cryptomonnaies, des sociétés écrans et des enregistrements fictifs d’actifs pour masquer les profits. L’enquête évoque des revenus de plusieurs millions d’euros par mois. Cette estimation, telle qu’elle est rapportée par les investigateurs, explique le degré d’ingénierie déployé pour brouiller les traces. Plus les montants augmentent, plus la clandestinité se professionnalise : segmentation des rôles, compartimentation, et recours à des outils financiers conçus pour compliquer l’attribution.

Au final, Operation Switch off illustre une constante du cyber et du renseignement : couper un service illégal, c’est aussi cartographier son écosystème, ses relais techniques, et ses circuits de blanchiment, pour empêcher la reconstitution rapide sous un autre nom.

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