
La start-up caennaise (Calvados) Arterya a mis au point un dispositif pour localiser précisément l’emplacement de l’artère au poignet. L’appareil permet aux soignants de gagner en efficacité dans des cas urgents et sera bientôt produit en Normandie.
Un petit appareil à sangler autour du poignet pour détecter et localiser précisément l’artère. Voici Blood’Up, l’appareil développé depuis cinq ans par la start-up caennaise Arterya (sept salariés), dans le Calvados. Ce dispositif «réduit considérablement les échecs et les complications lors des manipulations qui nécessitent la détection de ce vaisseau sanguin», expose la jeune pousse, qui boucle une levée de fonds de près d’un million d’euros pour financer l’ouverture d’une ligne de production, en Normandie, avec son partenaire industriel Selha Group, à Eu-Le Tréport (Seine-Maritime).
Ce dispositif a été créé sur la base d’un besoin médical incontournable. «On pique une artère toutes les treize secondes en France, toutes les deux secondes en Europe», étaye Lucile Derly, la cofondatrice et dirigeante d’Arterya. Blood’Up «détecte le bruit, le sens des flux, la température et la taille de l’artère, pour déterminer sa position et sa profondeur exactes». En à peine dix secondes, il projette une indication lumineuse sur le poignet pour désigner où piquer. Un gain de temps et d’efficacité crucial dans des cas urgents, voire vitaux.
Une certification hospitalière obtenue
D’un constat de terrain, en 2019, Lucile Derly et son équipe remportent un premier concours d’innovation et déposent des premiers brevets. Après des pré-tests sur une trentaine de patients, le dispositif entame des essais cliniques en 2023. «Nous avons travaillé avec le CHU de Caen auprès de 63 patients. Cela a permis de démontrer l’intérêt du produit, de l’améliorer pour le rendre plus précis et de collecter des données», reprend la dirigeante, qui entend profiter des semaines à venir pour «entraîner l’algorithme» grâce aux résultats obtenus pendant les tests. Ces derniers ont permis d’obtenir la certification hospitalière attendue. Les feux sont au vert pour une commercialisation «à l’automne 2026».
Le dispositif est voué à être utilisé dans des établissements où l’on pratique ce geste sur l’artère radiale. «Plusieurs hôpitaux partenaires veulent être hôpitaux pilotes», dit Lucile Derly, qui cite le CHU de Caen, celui d’Orléans, l’hôpital Paris-Saint-Joseph ou encore un établissement en Suisse.
Une montée en production progressive à partir de l’automne
Le 22 janvier, Arterya est passé dans l’émission de M6 «Qui veut être mon associé ?», où l’entrepreneuse Alice Lhabouz a investi 200000 €. «Elle est spécialisée dans la santé et dispose d’un bon réseau. Plus largement, l’émission rassure», glisse la dirigeante, désormais tournée vers la production. «Au départ, à l’automne, nous allons produire des dizaines d’unités. C’est un nouveau marché, qu’on ne peut pas inonder. On montera à plusieurs centaines en 2027 et on vise plusieurs milliers en 2028». L’export, lui, attendra encore deux ans.


