
Entre avancée thérapeutique majeure et déception clinique, le venglustat livre un verdict contrasté pour Sanofi. Si le candidat-médicament s’impose dans une forme neurologique sévère de la maladie de Gaucher, son développement dans la maladie de Fabry reste suspendu à des résultats encore insuffisants.
Sanofi poursuit le développement de son pipeline avec des résultats contrastés dans le domaine des maladies rares. Le laboratoire français a ainsi dévoilé deux nouvelles études, évaluant le venglustat, un candidat-médicament ciblant une enzyme impliquée dans la maladie de Gaucher et la maladie de Fabry, deux maladies rares.
La maladie de Gaucher est une maladie héréditaire, entrainant une accumulation de sucres et de graisses dans plusieurs organes, notamment la rate, le foie, la moelle osseuse et les poumons. Un dysfonctionnement qui peut provoquer un trouble de la coordination des mouvements et des problèmes cognitifs, lorsque le système nerveux central est touché.
Dans une première étude de phase III, le venglustat a démontré son efficacité pour lutter contre les symptômes neurologiques associés à la forme 3 de la maladie de Gaucher (MG3), forme la plus grave de la pathologie, associée à une atteinte chronique du système nerveux central.
Capable de traverser la barrière hématoencéphalique, le candidat-médicament agit en inhibant l’action de la glucosylcéramide synthase, une enzyme directement impliquée dans la production excessive de ces sucres et de ces graisses. Une avancée qui pourrait permettre de combler un besoin thérapeutique non satisfait, les patients atteints de MG3 ne disposant à ce jour d’aucun traitement approuvé ciblant ces manifestations neurologiques.
Fort de ces résultats positifs, Sanofi entend désormais conduire le venglustat jusqu’à la commercialisation. Le laboratoire a ainsi annoncé son intention de déposer prochainement des demandes d’autorisation réglementaire à l’échelle mondiale pour le médicament dans le traitement de la MG3.
Sanofi est déjà positionné sur la maladie de Gaucher, avec ses médicaments Cerezyme (imiglucérase) et Cerdelga (éliglustat), destinés au traitement des autres formes de la pathologie. Les deux médicaments ont respectivement rapporté 742 millions d’euros et 333 millions d’euros à Sanofi, sur l’année 2024. Depuis janvier 2026, Cerezyme est par ailleurs autorisé pour le traitement des manifestations non liées au système nerveux central de la MG3.
Dans l’optique d’élargir le potentiel thérapeutique du venglustat, Sanofi a également évalué le médicament dans une autre maladie rare : la maladie de Fabry.
Des résultats contrastés contre la maladie de Fabry
S’il a obtenu de bons résultats contre la maladie de Gaucher, le venglustat a enregistré des résultats plus mitigés dans une seconde étude, évaluant son utilisation contre la maladie de Fabry, également liée à un déficit enzymatique.
Dans cet essai, une réduction des douleurs neuropathiques et abdominales a été observée dans les deux bras du protocole, sans toutefois permettre d’atteindre le critère d’évaluation principal. Sanofi a indiqué que des analyses supplémentaires des données étaient actuellement en cours.
En parallèle, une seconde étude de phase III se poursuit afin d’évaluer l’effet du venglustat sur l’indice de masse ventriculaire cardiaque chez les patients atteints de la maladie de Fabry.
Là encore, Sanofi n’est pas novice dans cette indication puisque le laboratoire est déjà présent sur le marché avec une enzymothérapie de susbtitution, le Fabrazyme (agalsidase beta). Un médicament qui a pesé un peu plus d’un milliard d’euros dans les ventes annuelles de Sanofi en 2024.
Si l’efficacité du venglustat dans la maladie de Gaucher ouvre une perspective inédite pour les patients atteints de formes neurologiques sévères, son positionnement futur dans la maladie de Fabry demeure, à ce stade, incertain.


