Ad image

Avec 150 emplois supprimés, la fermeture d’un site belge de Catalent, symbole de la fragilité de la bioproduction dans la pharma européenne ?

Service Com'
Lu il y a 5 minutes



Faute de nouveaux contrats importants, Catalent a décidé de fermer les portes de son usine de Gosselies, en Belgique. Une décision qui illustre les difficultés rencontrées par la production pharma européenne, confrontée à une concurrence internationale accrue.

Les employés ont appris la nouvelle la semaine dernière. Affectée par la baisse de son activité, l’usine Catalent de Gosselies, à Charleroi (Belgique) devrait bientôt fermer ses portes. Une décision qui va entrainer la suppression de 146 emplois. « La direction a signé un petit contrat avec un nouveau client fin 2025 mais cela n’a pas été suffisant pour compenser la perte de certains clients historiques, et elle n’a pas réussi à trouver d’autres contrats importants », indique Alain Rebier, permanent syndical SETCa à Charleroi.

Catalent avait pourtant fait de Gosselies sa base européenne pour la production de ses plasmides et de ses thérapies cellulaires, des produits qui ont souvent été présentés comme le futur de la pharma. S’étendant sur plus de 12 000 m², le site regroupait les activités Catalent Plasmid et Catalent Cell, avec quatre laboratoires R&D et douze salles blanches dédiées à la fabrication et au contrôle des lots. Malgré ces capacités industrielles et technologiques, le site n’a pas résisté aux évolutions du marché mondial.

Un site en perte de vitesse après la pandémie

Depuis la crise du Covid-19, le site de Gosselies a plongé dans le rouge. La baisse de la demande, notamment après la chute des commandes de vaccins post-pandémie, a fragilisé un modèle économique déjà très dépendant de quelques clients majeurs. « Notre activité est ultra-spécifique et malgré notre savoir-faire précieux en bioproduction, le site de Gosselies est probablement moins concurrentiel que d’autres sites dans le monde », analyse Alain Rebier.

Une situation que n’aura pas améliorée le rachat de Catalent par Novo Nordisk en 2024. « Alors que le site Catalent de Bruxelles, positionné sur le remplissage de stylos injecteurs, a été intégré au réseau industriel de Novo Nordisk immédiatement après le rachat, le site de Gosselies ne l’a jamais été », constate Alain Rebier. Un écart qui s’explique notamment par la baisse de la demande sur les thérapies cellulaires, et qui s’est traduit par plusieurs vagues de restructuration.

L’usine de Gosselies avait ainsi déjà connu deux plans sociaux importants en 2023 et 2025. Ces plans de licenciement collectif, combinés à des dizaines de départs volontaires, avait déjà réduit les effectifs du site de moitié. Une trajectoire comparable à celle de Thermo Fisher, autre sous-traitant pharmaceutique implanté à Gosselies, qui supprimait, il y a tout juste un an, une centaine d’emplois sur son site belge. Autant de signaux qui alertent sur un possible futur affaiblissement du tissu industriel pharmaceutique européen.

Un transfert de la production mondiale vers les États-Unis

Pour les salariés de l’usine Catalent de Gosselies, le contexte international a pesé défavorablement dans la balance. « Il est évident que les récentes décisions américaines en termes de droits de douane n’ont pas non plus aidé au maintien de l’activité du site », affirme Alain Rebier. D’autant que la majorité de la production de l’usine est exportée vers les États-Unis. « Nous allons avoir un conseil d’entreprise dans les prochains jours pendant lequel la direction doit nous expliquer si l’activité du site de Gosselies est encore viable à long terme ou non, et si elle sera transférée vers un autre site Catalent », explique Alain Rebier. « S’il doit y avoir transfert d’activités, cela devrait vraisemblablement se faire au profit des États-Unis », ajoute-t-il.

La prochaine échéance est désormais fixée à fin février, avec l’espoir pour les syndicats de trouver un repreneur. « Nous allons d’abord envisager toutes les possibilités pour sauvegarder un maximum d’emplois, et si nous n’y parvenons pas, nous entrerons alors dans la phase de négociation pour tenter d’obtenir les meilleurs conditions de licenciement possibles pour les travailleurs », conclut Alain Rebier. Au-delà du sort du site de Gosselies, cette fermeture interroge globalement la capacité de l’Europe à maintenir une base industrielle solide face à l’attractivité croissante des États-Unis.



Source link

Share This Article
Laisser un commentaire