
Le dépôt des offres de reprise des divers actifs de Brandt s’est conclu le 29 janvier. Pour l’instant, les seuls intéressés à être sortis du bois sont la start-up EverEver et le groupe Metavisio. La jeune pousse est intéressée par l’outillage industriel du site de Brandt à Vendôme (Loir-et-Cher), et non le site en lui-même, tandis que Metavisio souhaite reprendre le site près d’Orléans (Loiret). Des doutes demeurent sur leurs capacités.
Ça sent le roussi pour Brandt. Suite à sa liquidation judiciaire le 11 décembre, un appel d’offres pour la reprise de ses différents actifs (sites industriels, marques, matériel, brevets…) a été émis, et s’est terminé le 29 janvier au soir. Seuls deux candidats repreneurs ont rendu leurs offres de reprise publiques : l’entreprise Metavisio-Thomson Computing et la start-up EverEver.
Des doutes sur l’offre de Metavisio
L’offre du premier, qui vise à reprendre le site de Saint-Jean de la Ruelle, à côté d’Orléans (Loiret), et l’embauche de 150 salariés (sur 350) pour y produire de l’électroménager et d’autres produits électroniques, a été présentée le 24 décembre 2025. Cette offre a bénéficié dans un premier temps d’un soutien important du maire d’Orléans, Serge Grouard… mais pas de la part de la Région Centre-Val de Loire, ni du ministère de l’Industrie, qui planchaient alors activement sur des solutions pour sauver Brandt, quelques semaines avant sa mise en liquidation judiciaire.
Cependant, comme l’a révélé la République du Centre, Le patron de Metavisio Stéphan Français est accusé par certains actionnaires d’avoir fait plonger la valeur du groupe en bourse en ayant fait entrer des fonds d’investissements controversés à son capital et d’avoir diffusé des informations trompeuses sur sa santé financière. Ces actionnaires affirment, de plus, que le groupe a enregistré l’an passé un exercice déficitaire, et doutent des capacités financières de Stéphan Français à relancer Brandt. Depuis ces révélations, la mairie d’Orléans ne pipe mot au sujet du dirigeant.
Intérêt pour le matériel de production
L’autre repreneur potentiel, EverEver, est lui intéressé par un actif bien précis : l’outillage industriel du site de production de Vendôme (Loir-et-Cher), et non pas le site lui-même ni ses anciens salariés, ni les marques de Brandt, contrairement à ce qu’ont rapporté certains médias. «Nous ne sommes pas suffisamment dimensionnées pour reprendre un grand groupe, nous essayons de reprendre l’outillage industriel pour produire uniquement des plaques de cuisson, qui sont moins complexes à fabriquer que les fours, que nous ne commencerions pas avant 2028, confie Martin Hacpille, fondateur et dirigeant de la start-up, à L’Usine Nouvelle. Nous sommes dans une logique de diminution des coûts et nous voudrions démarrer sur une surface beaucoup plus petite.»
EverEver a d’ores et déjà commencé à explorer les possibilités d’implantation sur un site proche du site de Brandt à Vendôme, et veut atteindre 150 emplois en 2029 sur l’activité cuisson. «Quand nous avons découvert que Brandt était en liquidation, nous nous sommes dits qu’il serait dommage que l’outillage industriel parte aux quatre coins du monde, explique l’ingénieur. Nous avions déjà l’idée de se diversifier dans la cuisson, puis cette fenêtre de tir est apparue et nous avons décidé de la saisir.»
Une levée de fonds actualisée
Toutefois, des doutes persistent sur la capacité de la start-up à relancer cette production. Elle a lancé en novembre 2025 une levée de fonds, encore en cours, d’à peu près deux millions d’euros pour financer l’industrialisation de son lave-vaisselle dit durable et réparable, Albert. Après avoir atteint la barre du million d’euros, et afin de soutenir la relance d’une partie de la production de Brandt, Martin Hacpille souhaite désormais viser 4 millions, afin d’abonder un plan de financement de 14 millions d’euros sur trois ans, dont les contours ne sont pas encore connus.
Le dirigeant, très optimiste, envisage de sortir les premiers modèles de plaques de cuisson «dès 2026» grâce à la structure plus agile de la start-up, pointant que Brandt était «surdimensionné» par rapport à leur production. Il ne s’inquiète pas non plus de l’état morose du marché de l’électroménager, et particulièrement celui de la cuisson, qui était en baisse de 9,6% en valeur en juillet 2025 par rapport à l’année précédente.
Les autres offres de reprise, qui pourraient particulièrement concerner les marques, ne sont pas encore connues. Contacté par L’Usine Nouvelle, le cabinet de mandataires judiciaires en charge du dossier, BTSG, n’a pas souhaité donner des informations sur les offres déposées.


