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plombé par une dette de 5,9 milliards de dollars, MCC demande la protection de la loi sur les faillites

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Lu il y a 5 minutes


Deuxième opérateur mondial du secteur, le groupe américain a conclu un accord avec ses créanciers pour restructurer ses activités. En France, MCC possède six usines où il emploie environ 400 personnes.

Rien ne va plus chez Multi-Color Corporation, mieux connu sous son acronyme MCC. Le groupe américain spécialisé dans les étiquettes, deuxième opérateur mondial de la spécialité après le canadien CCL Industries et très présent en France où il possède six usines, annonce avoir eu recours au régime du chapitre 11 de la loi sur les faillites des États-Unis. La mesure, comparable au redressement judiciaire, permet aux entreprises de geler les procédures menées par les créanciers. La question a son importance car la dette s’élève à 5,9 milliards de dollars soit deux fois plus que ses ventes qui, d’après certaines estimations, se montent à 2,7 milliards de dollars. Pour rappel, le groupe, non coté, ne publie pas ses résultats financiers. Le recours au chapitre 11 a été négocié justement entre les créanciers, représentant environ 70 % de la dette du groupe, et CD&R, le fonds d’investissements qui possède MCC.

Nouvelles actions

L’opération vise à permettre au groupe d’engager une restructuration. Il est notamment prévu qu’il reçoive un investissement supplémentaire de 889 millions de dollars sous forme de nouvelles actions. Ces liquidités permettront de réduire la dette de 5,9 à 2 milliards de dollars et les intérêts annuels qui la concernent, qui se montent, annuellement, à 475 millions de dollars. Dans le même temps, les créanciers deviendront actionnaires du groupe. MCC indique poursuivre « normalement » toutes ses activités pendant la période d’observation.

Politique managériale

D’après une source bien informée, le groupe dirigé par Hassan Rmaile fait les frais d’une mauvaise politique managériale, qui s’est concrétisée par des changements fréquents dans les postes clés depuis sa prise de fonction en 2023. La stratégie commerciale, elle aussi, a fait l’objet de brusques modifications des priorités, parfois accordés aux volumes, parfois à la rentabilité. De même, le fabricant d’étiquettes aurait raté le virage dans l’impression numérique en limitant ses investissements dans cette technologie pourtant nécessaire sur ce marché qui se caractérise toujours plus par une baisse des séries.

Fondé en 1916 et basé, depuis octobre dernier, à Atlanta, aux États-Unis, MCC a été racheté, en 2021, par la société d’investissements CD&R puis fusionné avec Fort Dearborn dans le but de créer le numéro un mondial de l’étiquette. L’opération a été financée par la dette. Or celle-ci devait être remboursée au fil des ans, moyennant un EBITDA qui, selon nos informations, devait atteindre 20% mais qui, en réalité n’a jamais été suffisant conduisant le groupe aux difficultés actuelles.

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Retournement de la conjoncture

Les problèmes d’approvisionnement en papier survenus suite à la crise du Covid, les hausses des matières premières et, dernièrement, le retournement de la conjoncture avec l’inflation qui a déprimé la demande de produits de grande consommation ont pénalisé le marché de l’étiquette et, avec lui, les activités de MCC. Le groupe est présent sur plusieurs segments, de l’alimentaire aux boissons en passant par les produits de soin et pour l’hygiène. D’après nos informations, ses recettes auraient chuté de 10% au cours du dernier exercice, notamment en Europe.

Deux usines fermées

En France, le groupe fait partie des leaders du secteur. Au début des années 2020, il possédait huit usines dans l’Hexagone situées à Roanne (Loire), Ablis (Yvelines), Vittel (Vosges), Port-Sainte-Foy, Saint-Émilion et Libourne en Gironde, ainsi que deux sites intégrés, ceux de Couëron et Sautron, situés près de Nantes (Loire-Atlantique). Il n’en possède plus que six après la fermeture des unités de Vittel, spécialisée dans les étiquettes entourantes pour les eaux minérales et celle de Saint-Émilion. Le groupe, qui emploie environ 400 personnes en France est très présent sur le marché des vins et spiritueux, en fort ralentissement. D’autres usines pourraient faire les frais de la réorganisation. Pour l’heure, aucune information n’a filtré, ni sur la nature du plan, ni sur le calendrier qui sera mis en œuvre.



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