
Premier fabricant mondial intégré de dioxyde de titane (TiO2), l’américain Tronox a annoncé en janvier son intention de fermer définitivement son usine de pigments de Fuzhou, dans le sud-est du pays. En parallèle, le groupe américain se félicite de l’amélioration de ses parts de marchés dans d’autres régions… notamment celles ayant « appliqué avec succès des droits antidumping sur les importations de TiO2 chinois ».
Les industriels chinois auront eu raison de l’américain Tronox. Disposant depuis les années 2010 d’un site de production de 46 000 tonnes par an de TiO2 produit par voie sulfate à Fuzhou (sud-est de la Chine) – usine récupérée après l’acquisition des actifs du saoudien Cristal en 2019 -, le fabricant américain se voit contraint de stopper son unique production de ce pigment dans le pays. Le TiO2 par voie sulfate, contrairement au TiO2 par voie chlore réservé à des usages plus haut de gamme, se destine à des applications standards, comme dans les peintures ou les plastiques.
Un arrêt de production… qui cache une augmentation des volumes et du chiffre d’affaires
L’augmentation du nombre de sites de production en Chine (de nouvelles capacités demandant encore à entrer en service dans les régions du Shandong et du Gansu), la flambée du prix des matières premières (notamment du soufre pour produire de l’acide sulfurique), le manque de demande sur le marché intérieur… Face à ce désalignement des étoiles, Tronox se montre drastique. « Nous remercions nos collègues en Chine pour leur travail acharné et leur dévouement pendant de nombreuses années. Malheureusement, le ralentissement prolongé du marché, conjugué à la hausse des coûts de production, a compromis la viabilité financière et commerciale de la poursuite de nos activités. La fermeture a également été rendue nécessaire par la surproduction persistante et les prix non viables pratiqués par nos concurrents chinois », a détaillé John Romano, directeur général de Tronox.
Le groupe américain prévoit des charges de restructuration et autres charges connexes, d’environ 60 à 80 millions de dollars, dont 35 à 45 millions de dollars de dépréciations d’actifs sans incidence sur la trésorerie, liées à l’arrêt de production. Les économies de coûts devraient dépasser 15 millions de dollars par an.
Un arrêt de production, qui n’entache en rien les ventes de TiO2 du groupe amércain. Ces volumes progressent même de 13 % au quatrième trimestre par rapport à l’année dernière, grâce à l’amélioration de ses parts de marché… dans les régions – au premier chef l’Inde, l’Europe, l’Arabie saoudite ou encore le Brésil – ayant appliqué avec succès des droits antidumping sur les importations de TiO2 chinois. « Les prix du TiO2 s’améliorent suite aux annonces de hausses de prix entrées en vigueur au premier trimestre, ainsi qu’à un effet mix favorable attendu des ventes dans les régions où les prix sont plus élevés », a précisé le directeur général. Une bouffée d’air frais qui se ressent déjà sur le chiffre d’affaires du quatrième trimestre, qui devrait clôturer à 730 millions de dollars, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente.


