
Porté par un bilan financier 2025 positif soutenu par ses nouveaux médicaments et sa croissance en particulier aux Etats-Unis, son premier marché, le leader pharmaceutique français Sanofi croit fermement au potentiel de son portefeuille en développement pour atteindre ses objectifs d’ici 2030. Et ce sans trop craindre les pressions américaines.
Il règne un vrai sentiment de confiance au sein de la direction de Sanofi. Au-delà des résultats comptables, avec une bonne progression des indicateurs financiers en 2025, le leader pharmaceutique français se satisfait d’une bonne avancée de ses nouveaux médicaments et de son portefeuille de produits en développement. Paul Hudson, le directeur général estime que Sanofi se positionne ainsi parmi «les quelques groupes les plus en croissance de la big pharma» ces dernières années, et se dit «très confiant» pour les objectifs visés.
Lors de la présentation des résultats, à Paris le 29 janvier, le dirigeant s’est dit persuadé que le groupe enregistrera «des percées», et ce même «s’il y aura des ratés», car le laboratoire «tente d’accomplir des choses qui n’ont jamais été faites».
Il compte ainsi sur le pipeline actuel, d’environ 80 programmes en phase clinique en immunologie, maladies rares, oncologie ou encore neurologie, pour encore booster le groupe. En particulier pour prendre le relais du produit phare de Sanofi, le Dupixent, qui devrait commencer à perdre ses différents brevets à l’horizon 2032-2033. En 2025, ce médicament a atteint un nouveau record de ventes de 15,7 milliards d’euros en 2025, en croissance de 25%, avec un pic de ventes désormais ciblé à 22 milliards d’euros en 2030.
3,9 milliards d’euros de ventes des nouveaux médicaments
Sanofi a accru de plus de 6% l’an dernier ses dépenses de R&D, à 2,3 milliards d’euros, pour muscler ses développements, et ses frais commerciaux de plus de 9%, à 2,7 milliards d’euros, pour renforcer ses lancements de nouveaux médicaments. Les plus récents, hors vaccins, ont enregistré un total de 3,9 milliards d’euros de ventes en 2025, en progression de près de 48% sur un an. Une dynamique aidée par l’avancée des programmes et des approbations, mais aussi par des acquisitions. Comme celles de la biotech américain Blueprint en 2025 pour 9,1 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros au cours actuel), qui lui a déjà apporté un médicament commercialisé contre une maladie rare immunitaire. Le groupe français considère ainsi être dans la ligne de son objectif de générer 10 milliards de chiffre d’affaires annuel supplémentaire via ses nouveaux médicaments à l’horizon 2030.
Une croissance rentable aux Etats-Unis malgré les droits de douane et la pression sur les prix
Le chiffre d’affaires, qui a atteint au total 43,6 milliards d’euros en 2025 (+6%, +10% à taux de change constant), a aussi bénéficié d’une progression à nouveau forte sur le marché américain : 22,17 milliards, en hausse de 16% à taux de change constant, loin devant l’Europe (9,1 milliards, +1,6%) et le reste du monde (12,3 milliards, +5,6%). Aux Etats-Unis, Sanofi ne s’alarme d’ailleurs pas malgré les droits de douane et la pression sur les prix. Paul Hudson souligne que le groupe a, comme une quinzaine de grands laboratoires, «signé un accord avec l’administration américaine, fruit d’une négociation difficile», avec des «ajustements de prix pour les patients gouvernementaux», donc ceux pris en charge par les programmes d’aides Medicaid et Medicare.
Mais ces baisses de prix, qui demeurent confidentielles, permettent au groupe de limiter l’impact des droits de douane, d’autant que Sanofi a aussi engagé des investissements de 20 milliards de dollars d’ici à 2030 aux Etats-Unis. Ainsi, Sanofi se montre là encore confiant pour 2026, Paul Hudson assurant «d’une croissance profitable» sur ce marché cette année. Au total, le groupe parie en 2026 sur une croissance similaire à celle de 2025 de son chiffre d’affaires mondial. Enfin, question rentabilité, le laboratoire affiche de solides performances pour le dernier exercice, avec un résultat opérationnel de 12,1 milliards d’euros et un résultat net de 9,5 milliards d’euros, en croissance chacun de 7% (+12% à taux de change constant).


