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Malgré les ventes record de son médicament phare, le Dupixent, « a encore de la place pour progresser », assure Paul Hudson, directeur général de Sanofi

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Lu il y a 6 minutes



Meilleure vente de Sanofi, le Dupixent bénéficie encore de plusieurs années d’exclusivité sur le marché. Si la stratégie du laboratoire français pour gérer l’après Dupixent suscite régulièrement des interrogations chez les investisseurs, le dirigeant de Sanofi, Paul Hudson, a tenu à se montrer rassurant… sans détailler la méthode.

Grâce à une fin d’année en boulet de canon, Sanofi a réalisé un chiffre d’affaires de 43,6 milliards d’euros en 2025, soit une croissance de 9,9 % à taux de change constant.

Si Sanofi se projette sur l’arrivée de nouveaux traitements dans son portefeuille, sur l’année écoulée, et sans surprise, le Dupixent continue d’être le moteur de la croissance du laboratoire français.

L’anticorps monoclonal, véritable couteau suisse sur les maladies inflammatoires, n’en finit pas de signer des records de ventes. Il peut compter sur les indications glanées au fil du temps sur l’eczéma, l’asthme ou encore la BPCO.

En 2025, le Dupixent a atteint 15,7 Mrds € de ventes, soit un bond de 25 % par rapport à l’année précédente. Les chiffres impressionnent autant qu’ils interrogent. La dépendance au Dupixent est-elle une bombe à retardement pour le laboratoire français ?

Un « patent cliff » qui pourrait être raide pour Sanofi

Le brevet du Dupixent doit expirer à l’horizon 2032-2033. Une période à l’issue de laquelle pourront arriver sur le marché des biosimilaires, copies biologiques du Dupixent, vendues à un meilleur prix.

La concurrence va faire logiquement chuter ses ventes, au risque d’entrainer les revenus de tout le groupe. C’est le fameux « patent cliff » (littéralement la falaise des brevets), souvent retrouvé dans l’industrie pharma, qui désigne le vertige (et la baisse des ventes) redouté qui accompagne la fin de l’exclusivité d’un médicament. En 2022, AbbVie engrangeait encore 21,2 milliards de dollars par an grâce à son Humira (dupilumab), un anticorps positionné sur les maladies inflammatoires. Deux ans plus tard, ce chiffre avait fondu de plus de la moitié. Pour Dupixent, les investisseurs craignent ainsi que le « patent cliff » ne ressemble aux falaises d’Etretat.

Des interrogations qui reviennent souvent à l’oreille du dirigeant de Sanofi. « Il y a des attentes du marché sur le sujet mais nous savons ce que nous faisons et comment nous allons gérer la fin du brevet du Dupixent », a insisté Paul Hudson. Le dirigeant n’en dira pas davantage. « Il reste encore beaucoup de temps et ce n’est dans l’intérêt de personne de partager ces détails avec des producteurs de biosimilaires », rappelle-t-il.

Dans l’attente de ces années qui marqueront un tournant pour le laboratoire français, la stratégie de Sanofi paraît claire. « « Nous avons le temps », martèle le dirigeant, « et nous avons la capacité de réaliser de la croissance externe ».

Le Dupixent n’a pas encore atteint les sommets

Le laboratoire veut investir pour trouver un possible successeur. En 2025, il a déjà multiplié les acquisitions, en mettant notamment à profit la vente de sa division santé grand public, Opella, dont les liquidités ont été réinvesties dans diverses opérations : Blueprint Medicines, son plus gros rachat depuis 2019 mais aussi des l’acquisition Dynavax, de Vice Bio ou encore de Vigil Neurosciences.

Une stratégie d’autant plus valable que Sanofi n’a pas épuisé le potentiel du Dupixent. « Il y a encore de la place pour progresser », estime Paul Hudson. « 89 % des patients éligibles au traitement ne reçoivent pas Dupixent », rappelle-t-il, confiant dans la progression possible. « Nous estimons pouvoir atteindre 30 à 40 % des patients éligibles, soit 3 à 4 fois la population actuelle », détaille-t-il.

À l’horizon 2030, Sanofi projette que le traitement pourrait encore accentuer son omniprésence dans les ventes du laboratoire, avec 22 milliards d’euros de ventes estimées. Et la suite ? Sanofi pourrait profiter du délai pour diversifier son portefeuille et viser à remplacer son produit phare par davantage de blockbusters, ces traitements qui se vendent à plus d’un milliard de dollars par an. Mais les investisseurs guettent surtout un potentiel candidat à la succession.

En septembre dernier, Sanofi avait chuté en Bourse à la suite de résultats mitigés autour de l’amlitelimab, annoncé comme un possible futur champion. « Nous voyons une grande réaction du marché car il y a la crainte que le pipeline de Sanofi ne soit pas assez fourni pour remplacer le Dupixent », expliquait à Reuters Emily Field, analyste chez Barclays.

Dans les années à venir, Sanofi devra sans doute continuer à muscler son pipeline par des achats ou par des réussites cliniques éclatantes pour rassurer les marchés. Quand on avance vers la falaise, mieux vaut ne pas le faire dans le brouillard.



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