
Le premier anniversaire de la deuxième bataille de Goma aurait dû être un moment de réflexion sobre pour l’Afrique du Sud. Au lieu de cela, cela est resté presque silencieux. Aucun décompte officiel. Aucune urgence parlementaire. Aucun compte rendu public de ce qui n’a pas fonctionné, des raisons pour lesquelles cela a mal tourné ou de ce qui sera fait différemment la prochaine fois.
Ce silence compte, car la chute de Goma en janvier 2025 n’est pas un malheureux accident de guerre. C’était le résultat prévisible d’une mission mal conçue, exécutée par une force sous-préparée, soutenue par des vœux pieux politiques plutôt que par une stratégie.
Fin janvier 2025, le mouvement M23, soutenu par le Rwanda, s’était emparé de Goma lors d’une offensive rapide et décisive. Les forces congolaises se sont effondrées. La Mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe en République démocratique du Congo (SAMIDRC), comprenant des troupes sud-africaines, n’a pas pu empêcher la prise de la ville. En quelques jours, une intervention militaire régionale était devenue stratégiquement inutile.
Un an plus tard, la vérité inconfortable est la suivante : la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) n’a pas remis en question de manière significative son échec, et les dirigeants politiques ont montré peu d’envie d’imposer ce dialogue.
Une mission fondée sur des hypothèses et non sur la réalité
Dès le départ, le SAMIDRC reposait sur des prémisses fragiles. Il supposait qu’une force régionale disposant de peu de ressources pouvait dissuader ou contenir un adversaire bénéficiant du soutien d’un État extérieur, d’une expérience du combat et d’objectifs opérationnels clairs. Cette hypothèse était fausse.
L’offensive de Goma de 2025 a démontré que le M23 n’opérait pas comme un groupe d’insurgés en lambeaux mais comme une force disciplinée, capable de manœuvres combinées, appuyée par des renseignements, une logistique et une puissance de feu au-delà de ce que la SAMIDRC était équipée pour contrer. Les avertissements concernant ce changement existaient bien avant le début de l’offensive. Aucune mesure n’a été prise à leur égard.
Au lieu d’ajuster la posture ou le mandat de ses forces, l’Afrique du Sud a doublé son discours diplomatique sur la stabilisation tout en déployant des troupes dans un espace de combat de plus en plus hostile et contesté. Ce n’était pas du courage stratégique. C’était un déni stratégique.
Des soldats envoyés en avant sans les bases
Les preuves les plus accablantes ne proviennent peut-être pas de groupes de réflexion ou d’analystes, mais du personnel de la SANDF lui-même. Les récits de première main des soldats déployés dans le cadre du SAMIDRC dressent un tableau d’une négligence institutionnelle frisant l’indifférence.
Les troupes sont arrivées sur le théâtre d’opérations sans équipement personnel, systèmes de communication ou soutien logistique adéquats. Les articles essentiels tels que les bottes, le matériel de couchage et le matériel de terrain de base provenaient, dans certains cas, de sources privées. Les radios n’étaient pas fiables. Les équipements de protection étaient insuffisants. Les chaînes de réapprovisionnement étaient fragiles et lentes.
Ce n’était pas le résultat d’un chaos soudain sur le champ de bataille. Cela reflétait des faiblesses de longue date en matière d’approvisionnement, de planification et de maintien en puissance, signalées à plusieurs reprises lors d’examens de la défense et de séances d’information parlementaires. La différence en RDC est que ces faiblesses ont été révélées dans des conditions réelles de combat, avec des conséquences prévisibles.
Des pertes au combat et des blessures graves ont suivi. Pourtant, à leur retour, de nombreux soldats n’ont reçu qu’un soutien psychologique minimal et aucune reconnaissance publique officielle de leur service. Une seule courte séance de conseil ne constitue pas une réponse adéquate à une exposition prolongée au traumatisme de combat. L’absence de reconnaissance cérémonielle envoie un message encore plus clair : l’institution préfère aller de l’avant plutôt que de regarder en arrière.
Échec du leadership, pas seulement contraintes de ressources
Il est tentant d’attribuer la performance de la SANDF aux seules réductions budgétaires. Cette explication est pratique, mais incomplète.
Oui, le budget de la défense de l’Afrique du Sud a été réduit à néant au fil des décennies. Mais les ressources limitées rendent le leadership, la priorisation et le réalisme plus importants, et non moins. Envoyer des troupes dans une mission sans les moyens de réussir n’est pas un problème de financement. C’est un problème de commandement et de jugement politique.
À aucun moment, les dirigeants de la SANDF n’ont formulé publiquement une théorie crédible du succès de la SAMIDRC. Quelles conditions constitueraient la victoire ? Comment l’escalade serait-elle gérée si le M23 intensifiait ses opérations ? Quelles éventualités existeraient si Goma était directement menacée ? Ces questions sont restées soit sans réponse, soit ignorées.
Lorsque Goma est tombée, la réponse n’a pas été une introspection institutionnelle mais un retrait géré. Les forces de la SAMIDRC, dont des Sud-Africains, ont commencé à se retirer de la région sans avoir obtenu de gains durables ni modifié de manière significative l’équilibre des pouvoirs. Le retrait était peut-être inévitable, mais l’absence d’une autopsie sérieuse ne l’était pas.
Conséquences stratégiques au-delà de Goma
Les implications de cet échec s’étendent bien au-delà de l’est du Congo. Depuis plus de deux décennies, l’Afrique du Sud se présente comme un acteur crédible de la sécurité africaine et un contributeur majeur aux opérations de paix régionales. Cette affirmation reposait sur l’hypothèse que la Force de défense nationale sud-africaine pouvait fournir non seulement des effectifs, mais aussi des capacités de commandement, une profondeur logistique et un leadership professionnel dans des environnements complexes. Les événements de 2025 ont considérablement affaibli cette hypothèse.
L’effondrement de la mission autour de Goma a révélé un écart entre les ambitions stratégiques de l’Afrique du Sud et sa capacité militaire réelle. Les partenaires régionaux ont désormais vu de près une force qui avait du mal à se maintenir dans un environnement opérationnel de haute intensité, manquait de résilience logistique adéquate et semblait contrainte par une orientation politique floue. Il ne s’agit pas d’une question de réputation qui peut être gérée par des déclarations diplomatiques. Il s’agit d’une préoccupation pratique pour tout État envisageant de futures opérations conjointes avec Pretoria.
En conséquence, les futures missions dans le cadre de la Communauté de développement de l’Afrique australe seront inévitablement façonnées par la mémoire de Goma. Les partenaires seront plus prudents quant aux mandats, aux structures de forces et aux arrangements de commandement qui assument par défaut le leadership sud-africain. Ils seront également moins enclins à accepter des évaluations optimistes de l’état de préparation qui ne s’appuient pas sur des capacités démontrables. À moins que ces hypothèses ne changent, des missions similaires risquent de reproduire les mêmes faiblesses structurelles qui ont condamné le SAMIDRC.
Les conséquences diplomatiques sont tout aussi importantes. L’Afrique du Sud a traditionnellement associé ses déploiements militaires à un fort accent sur la médiation, le dialogue et les règlements négociés. Cette approche dépend de la crédibilité de la force en arrière-plan. En 2025, cette crédibilité s’est effondrée en même temps que la mission elle-même. Les appels à la retenue et à la désescalade ont semblé creux après qu’une force destinée à stabiliser la situation s’est révélée incapable de défendre ses propres objectifs opérationnels.
C’est important parce qu’une diplomatie sans levier n’est pas de la diplomatie. C’est une aspiration. Lorsque l’Afrique du Sud parle aujourd’hui de résolution des conflits dans la région, elle le fait sous un nuage de doute créé par Goma. Pour rétablir cette crédibilité, il faudra plus que réaffirmer son engagement en faveur du maintien de la paix. Cela nécessitera une reconnaissance honnête de l’échec, des réformes tangibles et une volonté d’aligner l’ambition stratégique sur les capacités réelles.
En attendant, l’ombre de Goma s’étendra bien au-delà de l’est du Congo, façonnant la manière dont l’Afrique du Sud est perçue, digne de confiance et partenaire à travers le continent.
L’échec de l’apprentissage constitue le plus grand risque
L’échec militaire, bien que coûteux, n’est pas fatal à une institution. L’échec à apprendre l’est.
Un an après la deuxième bataille de Goma, il y a peu de preuves que la SANDF ait intériorisé les leçons de cette campagne. Il n’y a eu aucun examen public approfondi, aucun changement visible dans la doctrine, aucune réforme claire des critères de déploiement et aucun accent renouvelé sur le bien-être des troupes à la mesure des risques qui leur sont imposés.
Cela devrait inquiéter les Sud-Africains bien plus que la défaite elle-même. Si les mêmes faiblesses structurelles persistent, les déploiements futurs comporteront les mêmes risques et les mêmes résultats.
Les anniversaires ne devraient pas exister simplement pour se souvenir de ce qui s’est passé. Ils devraient forcer les institutions à faire face à ce qui doit changer. En ce premier anniversaire de la deuxième bataille de Goma, l’Afrique du Sud a l’opportunité de choisir l’apprentissage plutôt que le déni.
Jusqu’à présent, cela ne l’a pas été.
Écrit par Ricardo Teixeira pour L’ami du quotidien et republié avec autorisation. L’article original peut être trouvé ici.


