
Les députés Richard Ramos (Les Démocrates) et Julien Gabarron (RN) ont remis les conclusions de leur mission d’information sur l’hexane le 28 janvier. Ils appellent notamment à imposer l’affichage sur les étiquettes des huiles de consommation pour alerter le grand public.
C’est un sujet qui fait tâche (d’huile). Solvant inconnu du grand public il y a encore quelques mois, l’hexane attire de plus en plus l’attention. Cet hydrocarbure est utilisé par l’industrie lors de la production des huiles alimentaires car il permet d’augmenter significativement les rendements d’extraction. La controverse grandit sur son usage en raison des résidus trouvés dans l’alimentation et de sa toxicité.
Deux députés, Richard Ramos (Les Démocrates) et Julien Gabarron (RN), sont venus remettre un peu d’huile sur le feu : ils ont rendu ce 28 janvier les conclusions d’une mission d’information qui appelle notamment à une information plus large du consommateur sur le sujet, en attendant d’œuvrer à l’interdiction de la substance.
Une substance controversée, mais les effets de l’ingestion peu documentés
Pour rappel, l’EFSA, l’agence européenne de sécurité sanitaire, travaille actuellement à réévaluer la sécurité de l’hexane : l’effet de ce solvant sur la santé humaine est très bien documenté en cas d’inhalation, en revanche la littérature est pauvre quant à l’ingestion chronique de petites doses par le biais de l’alimentation. Les toxicologues européens tentent d’y voir plus clair alors que l’exposition de la population à ce solvant semble avoir été nettement sous-estimée. «Les rapports existants sur l’ingestion permettent a minima d’avoir de sérieux doutes» quant à la toxicité de l’héxane, a assuré Richard Ramos en conférence de presse. Ce dernier recommande donc, tout comme son co-rapporteur, le député Julien Gabarron, d’instaurer «une obligation d’information par voie d’étiquetage sur les produits transformés contenant des matières grasses extraites avec l’héxane».
L’Europe étant compétente en la matière, il reste à s’assurer que l’obligation ne pèsera pas seulement, dans les cas où elle serait adoptée, sur les producteurs français. «Nous serons très attentifs à ce que les industriels ne soient pas concurrencés par des produits importés qui ne respectent pas les mêmes normes», a assuré Richard Ramos, promettant une proposition de loi dans le mois à venir. Les députés ont aussi appelé à soutenir les efforts de la recherche et fustigé la fabrique du doute sur le sujet, perpétrée par des «lobbyistes payés des milliers d’euros à faire de la science fausse (sic)», dixit le député centriste. Le groupe Avril, connu du grand public pour les marques Lesieur et Puget, a été plusieurs fois pointé pour ses réticences à faire avancer le sujet.
Une taxe pour aider à la bascule ? Les exportations en suspens
Les députés n’ont pas caché, avant même d’attendre le résultat de l’évaluation de l’EFSA, attendu pour 2027, leur volonté d’œuvrer à l’interdiction de la substance. Problème, aucune alternative n’offre le même rendement que l’hexane : il faut donc savoir qui paiera la facture. La bascule vers le 2-méthyloxolane est présentée comme la solution permettant de concilier rendement et innocuité. Le surcoût pour le consommateur serait toutefois de l’ordre de 5%. «Une taxe sur la production, la vente et l’importation de substances contenant du n-hexane devrait être instaurée et progressivement augmentée jusqu’à substitution effective», suggèrent les deux hommes, afin d’abonder un fonds permettant de soutenir la bascule de l’industrie. Une solution qui occulte la problématique de la compétitivité à l’export, alors que ce solvant est utilisé partout dans le monde.


