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au dixième rendez-vous annuel de l’hydrogène bas carbone, retour sur le développement tumultueux de la filière

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Du 27 au 29 janvier, au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, se tient le salon Hyvolution réunissant les acteurs d’une filière hydrogène en grande instabilité. L’association France Hydrogène et l’Agence de la transition écologique ont tenté des premiers bilans.

Une année rouge pour l’hydrogène. Du 27 au 29 janvier se tient, au parc des expositions parisien de porte de Versailles, le dixième salon Hyvolution dédié à l’hydrogène comme outil de décarbonation. Pour cette édition anniversaire, l’heure est aux premiers bilans d’une filière – certes encore très jeune – qui oscille entre désenchantements et espoirs nouveaux.

« L’année 2025 a été difficile »

« L’année 2025 a été, dirons-nous, difficile », euphémise Nicolas Brahy, élu président en décembre dernier de France Hydrogène, fédérateur des acteurs tricolores de l’industrie de l’hydrogène. Le successeur de Philippe Boucly a inauguré le 27 janvier la dixième édition du salon Hyvolution, rassemblant les acteurs internationaux de l’hydrogène décarboné. « Les développeurs de projets hydrogène se sont lassés d’attendre la mise en œuvre de politiques ou de programmes soutenables promis depuis longtemps. Les fabricants d’équipements pour la production d’hydrogène se sont lassés d’attendre des décisions d’investissements, et certains ont été obligés d’abandonner leurs projets, voire leurs entreprises. Les décideurs publics sont eux-mêmes préoccupés que les projets ne démarrent pas aussi rapidement qu’espérés, oubliant parfois que ces mêmes projets dépendent de leurs actions politiques », grince-t-il.

Malgré ce constat pour le moins alarmant, Nicolas Brahy tente de regarder vers l’avenir. Il explique, par exemple, que 92 projets de production d’hydrogène bas carbone sont aujourd’hui en construction en Europe, pour une puissance totale de 3,3 GW. Treize de ces projets correspondent à une puissance de plus de 100 MW. « En France, nous avons 250 MW de projets en construction, principalement pour le raffinage et la mobilité, et qui sortiront de terre dans les prochains mois », commente le président de France Hydrogène. Deux autres projets tricolores, liés eux aussi à la raffinerie, devraient atteindre une décision finale d’investissement en 2026, d’après Nicolas Brahy.

L’Ademe partage son retour d’expérience

L’Agence de la transition écologique (Ademe) a profité du salon Hyvolution pour présenter le 27 janvier un retour d’expérience sur les premières installations d’électrolyseurs français. Le programme Écosystème H2 avait été lancé en 2019, en parallèle d’une première stratégie nationale sur l’hydrogène, et consistait en deux vagues de déploiement d’électrolyseurs dans l’Hexagone. Sur les 44 électrolyseurs pour 137 MW de puissance initialement prévus, seuls 37 (pour 107 MW) ont finalement vu le jour. « Initialement, ces écosystèmes étaient essentiellement orientés vers la mobilité et ont commencé à se diversifier à partir de 2021, avec une ouverture aux usages stationnaires (pour des usages industriels, ndlr) », explique en préambule François Estrade, chef de projet Hydrogène à l’Ademe. L’année 2025 a cependant été une hécatombe, avec quasiment 4 fois moins de nouveaux projets de production d’hydrogène que prévu, d’après lui. « Nous avons observé cette année un décrochage, entre la puissance prévisionnelle des nouvelles installations, de l’ordre de 52 MW, et celles réelles de 14 MW. »

Une intermittence nocive

Durant 6 mois, François Estrade a étudié le fonctionnement des électrolyseurs français, notamment via un audit de 5 sites majeurs entrés en fonctionnement. Plusieurs constats techniques émergent de cette étude. Le chef de projet Hydrogène de l’Ademe dénote par exemple une intégration complexe des électrolyseurs dans les écosystèmes liés à la mobilité : « complexe en raison notamment des questions de gestion du fonctionnement en intermittence (liée à une alimentation en énergie renouvelable, ndlr). Nous avons remarqué que les taux de production étaient, dans la majorité des sites, 50 % inférieurs aux capacités de production prévisionnelles des sites. Et ce, non pas en raison de problématiques de production, mais de manque de clientèle », pointe-t-il. De nombreux gestionnaires d’électrolyseurs (à technologie alcaline ou à membrane échangeuse de protons) ont constaté des dégradations prématurées de leurs installations, « a priori reliées aux intermittences », explique François Estrade. Ces dégradations sont conséquentes, d’après le rapport de l’Ademe, puisqu’elles pourraient être à l’origine d’une réduction de durée de vie des électrolyseurs de 1 à 2 ans, pour des installations initialement prévues pour perdurer 9 ans.

Parmi les nombreuses recommandations concluant le retour d’expérience de François Estrade, celui-ci souligne la question du bon dimensionnement des infrastructures de production et de stockage d’hydrogène. Cela permettrait, d’après lui, de mieux appréhender la question de production par intermittence nocive aux électrolyseurs. Le rapport complet sera publié sur le site de l’Ademe dans les prochaines semaines.



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