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A Cléon, Renault souhaite assembler des moteurs avec un partenaire chinois pour équiper ses R5, R4 et Twingo

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Lu il y a 5 minutes


A Cléon (Seine-Maritime), la direction de l’usine Renault va annoncer mercredi 28 janvier à l’occasion d’un comité social et économique (CSE) sa volonté d’assembler à partir en 2027 un moteur de design chinois pour équiper les versions d’entrée de gamme de ses R5, R4, Twingo… et peut-être demain une Dacia Sandero. Le projet n’est qu’aux prémices, indique-t-on dans l’entourage du constructeur.

“Activité”. L’ordre du jour du comité social et économique (CSE) extraordinaire organisé mercredi 28 janvier dans la matinée sur le site industriel de Cléon (Seine-Maritime) est avare en détails sur la nature des annonces que prépare la direction. Selon nos informations, Renault souhaite annoncer sa volonté d’installer dans les murs une nouvelle activité. La direction ne semble pas sur le point de confirmer aux salariés qu’ils vont fabriquer les moteurs des drones militaires multiusages que Renault s’apprête à assembler au Mans en collaboration avec l’ETI Turgis Gaillard, comme le révélait L’Usine Nouvelle le 19 janvier.

Nom de code : E2D23

Le constructeur réfléchit cette fois à l’assemblage, potentiellement à partir de 2027, d’un moteur d’entrée de gamme (nom de code : E2D23) développé par l’équipementier chinois Shanghai Electric Drive pour équiper ses modèles R5, R4, Twingo… et peut-être une future Dacia Sandero en version électrique. Ce projet reste toutefois à l’état d’ébauche et susceptible de ne pas aboutir, ont indiqué des sources proches de Renault à L’Usine Nouvelle. «Rien n’est arrêté», assure une source dans l’entourage de Renault.

La nouvelle Renault Twingo électrique, assemblée à Novo Mesto en Slovénie, est déjà équipée d’un moteur fourni par Shanghai Electric Drive, très compact (60kw et 82 chevaux). A la veille de la présentation du projet en interne, les sources interrogées par L’Usine Nouvelle ne sont pas en mesure de confirmer que Renault souhaite industrialiser une version exactement identique de ce produit à Cléon. Selon plusieurs sources, le bâtiment E du site est le plus désigné pour accueillir cette production.

Rassurer les salariés et offrir des voitures compétitives

La décision d’intégrer cette activité d’assemblage aurait plusieurs intérêts pour le groupe Renault. Sur le plan politique d’abord, le constructeur pourrait rappeler qu’il croit dur comme fer dans son écosystème industriel français réorienté vers la chaîne de valeur de l’électrique et rassurer les salariés du site (2500 CDI et 300 intérimaires) en leur donnant de la visibilité sur leur activité future. Ces derniers mois, la CGT a plusieurs fois alerté sur ses craintes de voir les volumes de production de la manufacture décliner dans les prochaines années, malgré le rôle stratégique du site à l’origine de l’ensemble des moteurs qui équipent les véhicules électriques du groupe assemblés en France.

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Ensuite, ce moteur pourrait permettre à Renault de baisser considérablement le prix de ses petites citadines à batterie. Alors que Renault s’efforce de réduire aussi vite que possible le coût de ses véhicules électriques pour rester compétitif, celui du moteur de design chinois apparaît très attractif. Selon un document interne consulté par L’Usine Nouvelle, son coût y est estimé 50% moins cher à l’unité par rapport à une déclinaison de 90 kW du moteur 6AK (qui équipe actuellement les R5 et R4 en version 110 kW).

Anticiper une obligation de contenu local européen ?

Enfin, alors que le gouvernement français et les sous-traitants automobiles militent âprement auprès de l’Union européenne pour instaurer une clause de contenu minimum européen pour préserver l’industrie continentale et lutter contre les importations à bas coût, assembler ce moteur d’entrée de gamme en Europe permettrait à Renault d’être sûr de respecter une potentielle future législation. Si un durcissement de l’éco-score environnemental français, qui conditionne les aides à l’achat de véhicule, était décidé par le gouvernement, là encore Renault pourrait justifier d’une valeur ajoutée en Europe suffisante.

Selon une source, en l’absence de telles considérations, Renault aurait pu prendre la décision d’industrialiser le moteur dans l’usine marocaine de son partenaire, malgré les surcoûts logistiques. Shanghai Electric Drive, parfois abrégé SHedrive, fabrique en effet des compresseurs de climatisation sur son site industriel de Tanger.



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