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Au Forum économique mondial de Davos, Dario Amodei, le patron d’Anthropic, joue une fois de plus la carte de l’hyperbole autour de l’IA : il assure que les capacités des modèles doublent tous les 4 mois, qu’il n’y aura plus besoin d’ingénieurs logiciels d’ici un an, et que les LLMs seront bientôt supérieurs aux humains dans presque tous les domaines — tout en fustigeant les ventes de GPU à la Chine, qu’il équivaut à vendre des armes nucléaires à la Corée du Nord.
En marge de ces déclarations sensationalistes, il n’a pas manqué de tacler l’arrivée de la publicité dans ChatGPT, soulignant qu’Anthropic n’a pas besoin de recourir à de telles stratégies car il se concentre sur le marché pro. Demis Hassabis, la figure de proue de Google DeepMinda aussi exprimé son “étonnement” à ce sujet — amusant quand on se souvient que le leader de la publicité en ligne, c’est Google.
Il a surtout reconnu que le secteur de l’IA a des airs de bulle spéculative — avec des levées de fonds gigantesques pour des start-up sans revenus ni produits — et que des corrections pourraient survenir… tout en rassurant sur le fait que Google n’est pas exposé. Quant à OpenAI, elle s’est montrée discrète à l’évènement, en apparence pas inquiétée par l’hypocrisie de Google, ni les déclarations provocatrices de son principal challenger. Une chose est sure : le ton monte entre les grands acteurs de l’IA et 2026 s’annonce déjà comme une année charnière pour le secteur.
Les infos qu’il ne fallait pas rater
Microsoft défie Nvidia avec Maia 200, sa puce spécialisée pour l’inférence. Bientôt, les data centers de Microsoft seront majoritairement équipés de ses propres puces pour l’intelligence artificielle, les fameuses Maia 200. Un moyen de s’émanciper de son principal fournisseur, Nvidia, et de montrer à la concurrence ses capacités en matière de conception de puces.
Derrière la promesse d’agents capables d’agir pour vous de façon autonome, une recette complexe à mettre en application. Si les exemples concrets démontrent que l’IA agentique peut déjà générer des gains significatifs en productivité et en qualité opérationnelle, ces succès doivent être mis en perspective. Les clés de la réussite sont connues – un périmètre bien défini, des données fiables et structurées, ainsi qu’une supervision humaine continue -, mais pas toujours mises en pratique. Retour sur la grande aventure de l’agentique et ce qu’elle cache.
Humans&, une start-up d’IA née il y a trois mois, lève 480 millions de dollars auprès notamment de Nvidia, Jeff Bezos et Google Ventures. Fondée par d’anciens employés d’Anthropic, Google et xAI, elle est désormais valorisée à 4,48 milliards de dollars et met en avant une approche de la technologie “centrée sur l’humain”. “L’IA devrait servir de tissu conjonctif plus profond qui renforce les organisations et les communautés”, considère l’entreprise sur son site Internet.
Souveraineté numérique, entre mythe d’indépendance et réalité industrielle. Si la souveraineté numérique était totale, elle commencerait dans une mine et finirait dans nos appareils électroniques. Car derrière l’injonction à “l’indépendance numérique”, il y a une réalité industrielle faite de chaînes d’approvisionnement mondialisées et de rapports de force économiques. Dans un contexte international explosif, cette évidence prend une dimension nouvelle. L’Usine Digitale propose un état des lieux.
Nvidia veut maîtriser les prévisions météorologiques et climatiques grâce à ses modèles d’intelligence artificielle Earth-2. Sa famille de open source doit aider chercheurs, agences météorologiques et entreprises du monde entier à accéder à des capacités de prévisions pilotées par l’intelligence artificielle. Leur principal atout repose sur un besoin moins gourmand en calcul.
[Focus] Coup d’accélérateur sur la robotique dans le monde
Avec Rho-Alpha, Microsoft veut rendre les robots plus autonomes dans les tâches de manipulation. Issu de la famille de modèles vision-langage Phi de Microsoft, Rho-alpha permet à des systèmes robotiques de traduire des instructions en langage naturel en actions physiques complexes, notamment pour des tâches de manipulation. Son principal atout : il apprend en continu grâce aux interactions et aux corrections humaines.
Partagés entre la Suisse et Les Etats-Unis, des chercheurs dévoilent une main détachable et symétrique, capable de saisir plusieurs objets à la fois. Elle peut se détacher du bras sur lequel elle est montée, se déplacer à l’aide de ses doigts et saisir jusqu’à trois objets à la fois. Symétrique, cette main peut récupérer des objets dans des espaces extrêmement exigus et inaccessibles pour l’humain.
En Chine, c’est Unitree qui s’impose dans le secteur avec plusieurs milliers d’humanoïdes livrés en 2025. Le fabricant qui prépare activement son introduction en Bourse, a livré 5 500 exemplaires bipèdes l’année dernière. C’est légèrement plus que son principal concurrent dans l’empire du Milieu, AgiBot. Les sociétés américaines du secteur, quant à elles, sont à la traîne.
L’image de la semaine
RD “Le futur est révolutionnaire, le présent très spéculatif.″ (Généré par GPT-5.2 d’OpenAI).
Les applications métier
Vente au détail – Courir, JD Sports : Ces enseignes proposeront bientôt leurs produits directement depuis ChatGPT, Gemini et Copilot. JD Sports veut révolutionner le retail en traitant l’IA comme un canal de parcours client à part entière. Pour cela, le distributeur de marques de sports opte pour une stratégie agressive : une intégration directe de ses enseignes dans les outils d’OpenAI, Google et Microsoft.
Automobile – Valeo veut développer des world foundation models appliqués à la conduite autonome et aux robots. L’équipementier automobile français, aidé par Natix et son réseau de caméras, veut développer un modèle capable d’analyser, d’anticiper et d’interpréter les mouvements et les interactions du monde réel qui servira de base aux secteurs de l’automobile et de la robotique.
Industrie – La pépite allemande Neura fait appel à Bosch pour accélérer le déploiement de ses robots 4NE1. Neura Robotics, considérée comme l’une des start-up les plus prometteuses du secteur en Europe, recueillera des données chez Bosch à partir de combinaisons équipées de capteurs et portées par les salariés. Les deux entreprises entendent développer conjointement un logiciel d’IA et “des interfaces utilisateur intuitives”.


