
Le groupe Aoste, leader français de la charcuterie sèche, investit plusieurs dizaines de millions d’euros dans deux de ses usines pour répondre à une croissance de 15% du snacking. Il veut créer des petites portions pour les marques Aoste et Cochocnou, une recette appliquée avec succès à ses produits Justin Bridou.
Le groupe Aoste investit plusieurs dizaines de millions d’euros dans ses usines pour s’adapter à la croissance du marché des petites portions, rangées dans la catégorie snacking.
L’usine Justin Bridou à Maclas (Loire), qui a lancé cette gamme des petits saucissons il y a une dizaine d’années et qui emploie 400 salariés, a déjà été automatisée. «Elle ne peut plus être agrandie, et nous n’arrivons pas à répondre à la demande. Nous répartissons les volumes sur les autres sites», précise Frédéric Beuchot, directeur général de ce groupe français, propriété du géant mexicain Sigma Foods coté en Bourse.
Le groupe Aoste, qui porte le nom de la commune iséroise qui abrite sa principale usine de jambon cru entre Lyon et Chambéry (la plus grande du secteur en Europe), investit plus de dix millions d’euros pour ce programme. Il va implanter une ligne de petites portions au sein de l’usine Cochonou de Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône), qui était jusqu’à présent tournée vers les saucissons traditionnels.
L’usine d’Aoste modifie son réseau de froid pour se décarboner
Au sein de l’usine d’Aoste (Isère), qui emploie 450 permanents et jusqu’à une centaine d’intérimaires selon les pics, il existe déjà un atelier de production pour toutes les gammes de produits et pas seulement le jambon cru, son produit phare. Elle va améliorer ses capacités de tranchage «afin de répondre à plus de flexibilité sur la variété et la taille des produits», résume Xavier Vacheron, directeur de l’usine. Le nombre de salles blanches vient d’être porté à dix-huit.
Cette usine géante de 10 hectares va aussi bénéficier d’un investissement conséquent sur 2026 et 2027 pour modifier son réseau de froid. «Le process requiert plus de passages en refroidissement et d’étapes de séchage, ce qui suppose une maîtrise accrue de la production de froid», ajoute-t-il. Le montant est de plusieurs millions, sans être précisé. L’entreprise a reçu le soutien de France 2030, puisque le projet réduira les émissions de CO2 de 14%.
Une gamme qui se vend toute l’année
Pour le groupe Aoste, qui s’approche des 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, le snacking présente l’immense avantage d’être étalé sur toute l’année. Alors que les autres produits, comme le saucisson classique ou les plateaux raclette, sont soumis aux événements sportifs ou la météo.
L’entreprise, dont le siège est à Saint-Priest (Rhône), emploie près de 1500 salariés permanents. Elle possède une quatrième unité de production en France, César Moroni près d’Albi (Tarn), spécialisée dans les chorizos.


