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Le patron de Google Deepmind, Demis Hassabis, reconnaît que certains grandes investissements donnent au secteur de l’IA une allure de bulle

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Lu il y a 4 minutes



En marge du Forum économique mondial organisé à Davos, Demis Hassabis a notamment pointé du doigt “les levées de fonds de plusieurs milliards de dollars dans de nouvelles start-ups qui n’ont encore ni produit, ni technologie, ni rien d’autre”.

L’alerte a d’autant plus de portée qu’elle vient du cœur du réacteur. Dans une interview vidéo publiée samedi 24 janvier par le quotidien britannique Le Financial TimesDemis Hassabis, le scientifique en chef chargé de l’intelligence artificielle (IA) chez Google au sein du laboratoire Deepmind, a reconnu que certains investissements surévalués dans ce secteur en plein essor ressemblaient de plus en plus à ceux d’une « taureaux ». Tout en insistant sur le fait que l’existence d’une telle bulle financière prête à éclater “n’est pas une question binaire – oui ou non. […] C’est multifactoriel.”

“Si la bulle éclate…”

Certes, la demande n’a jamais été aussi importante et difficile à satisfaire, note le chercheur, qui considère que l’IA sera “probablement la technologie la plus révolutionnaire jamais inventée”. Plus “il y a des parties de l’industrie qui ont des airs de bulle” selon lui. “Les levées de fonds de plusieurs milliards de dollars dans de nouvelles start-ups qui n’ont encore ni produit, ni technologie, ni rien d’autre semblent un peu insoutenables”a-t-il explicité, probablement en référence aux tours de table d’entreprises comme Humans& en janvier, Unconventional en décembre et Thinking Machines Lab en juillet.

“Il pourrait donc y avoir une correction dans certaines parties du marché”a poursuivi Demis Hassabis, toujours au micro du Temps Financier à l’occasion du Forum économique mondial organisé jusqu’au vendredi 23 janvier à Davos, en Suisse. Mais le patron de DeepMind ne « [s’]en inquiète pas trop au quotidien”arguant que « [s]on travail consiste à [s]’assurer que nous sommes bien positionnés, quoi qu’il arrive”. Et de conclure : “Si la bulle éclate, nous nous en sortirons très bien. Nous avons une activité formidable à laquelle nous pouvons ajouter des fonctionnalités d’IA pour gagner en productivité.”

Un contexte favorable à la création d’une bulle

Demis Hassabis n’est pas le premier professionnel de l’IA – et probablement pas le dernier – à reconnaître que le secteur pourrait être en proie à un tel phénomène économique. D’autant que des fleurons de la technologie, comme OpenAI, peinent à devenir rentables, et que s’y multiplient des investissements circulaires : des géants des semi-conducteurs qui investissent dans des start-ups d’IA, des start-ups d’IA qui achètent de la puissance de calcul à des géants de la tech, des géants de la tech qui achètent des puces aux géants des semi-conducteurs…

En septembre dans le podcast AccéderMark Zuckerberg, patron de Meta, avait répondu qu’“il y a certainement une possibilité, du moins empiriquement” qu’une bulle existe. Rappelant au bon souvenir du média spécialisé Le bord l’éclatement de la bulle Internet en 2000, Sam Altman d’OpenAI est également de cet avis. “Internet était vraiment une affaire importante. Les gens étaient surexcités. Sommes-nous dans une phase où les investisseurs dans leur ensemble sont surexcités par l’IA ? Je pense que oui”avait-il estimé en août, tout en justifiant cette “surexcitation”.



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