À l’occasion de la 25e édition du salon PCD, le Bachelor Universitaire de Technologie Packaging d’Évreux (Eure) présente les réalisations de ses étudiants de troisième année. Julien Vieillard, responsable du département, et Christophe Fuscien, responsable pédagogique, reviennent sur cette collaboration avec le salon et détaillent cette formation professionnalisante qui forme les futurs acteurs de l’emballage.
Emballages magazine : Pouvez-vous nous présenter la formation BUT Packaging, Emballage et Conditionnement de l’IUT d’Évreux ?
Julien Vieillard : Le BUT packaging est un bachelor universitaire de technologie qui n’est proposé que dans 6 IUT en France (Évreux, Avignon, Dole, Chambéry, Castres et Reims). Ce BUT est une licence professionnelle accessible après le bac et qui est ouverte à tout type de bachelier général ou technologique. Au cours de leurs trois années d’études, les étudiants vont développer quatre compétences métiers : Écoconcevoir, Homologuer, Industrialiser et gérer les flux.
L’objectif de cette formation est qu’à la fin des trois ans, chaque étudiant dispose d’une vision complète de l’emballage : de sa conception jusqu’à sa fin de vie. La finalité de ce BUT est de former des assistants ingénieurs compétents et opérationnels pour aller travailler, tout en permettant des poursuites d’études en master ou en école d’ingénieurs à ceux qui le souhaitent. Le BUT packaging va donc allier théorie et pratique avec plus de la moitié du temps hebdomadaire consacré aux travaux pratiques et aux projets. Les étudiants effectuent des stages en deuxième année (12 semaines) et une troisième année en alternance avec une entreprise. En sortie de diplôme, nos étudiants peuvent être embauchés en bureau d’études, dans des services d’achat, d’homologation packaging, en qualité ou en gestion de production aussi bien chez des donneurs d’ordres que chez des fabricants d’emballage. Le panel de perspectives d’embauche est donc assez vaste.
Comment s’organise votre participation à Paris Packaging week ?
Christophe Fuscien : Pour nous, il ne s’agit pas d’un concours mais d’un projet pédagogique. Nous avons divisé la promotion de troisième année en huit équipes de trois à quatre étudiants, et nous les avons fait travailler sur la conception de coffrets de luxe autour d’un mascara au packaging innovant. La contrainte était de concevoir un coffret, ce qui a techniquement imposé de travailler avec du carton compact et d’avoir des couvertures. Un véritable coffret de luxe autour de la thématique du salon et de Paris. Les étudiants devaient pouvoir intégrer à l’intérieur du coffret 24 produits de la marque Huda Beauty. Nous avons eu carte blanche sur la conception, nous étions totalement à l’initiative du pilotage du projet.
Comment s’articule ce projet autour du mascara ?
C.F. : J’ai imaginé ce mascara comme un fil rouge pour l’année. Sa particularité réside dans un capot qui se compacte, permettant un gain logistique lors des expéditions et une optimisation de la quantité de produit. Cette réflexion s’inscrit dans le contexte de la réglementation PPWR et des préoccupations environnementales, qui sont au cœur des enjeux futurs de nos étudiants. Graphiquement, nous l’avons habillé aux couleurs du salon avec la mention “Powered by PCD” et un univers pastel inspiré de Paris et de Montmartre.

J.V. : Ce mascara leur sert également de support technique tout au long de l’année. Ils réalisent des études d’impact environnementales, travaillent sur le dimensionnement avec le logiciel Askor de l’entreprise Evea, et étudient les possibilités d’injection des pièces plastiques avec nos vacataires professionnels. C’est une approche complète qui mobilise toutes les compétences de la formation.
Quel est l’intérêt pour les étudiants d’exposer au PCD ?
J.V. : C’est d’abord une question de visibilité auprès des professionnels du packaging. Nos étudiants doivent trouver des terrains de stage et d’alternance, ils ont donc besoin d’entreprises d’accueil. Cette présence sur le salon permet aux industriels du secteur de connaître notre formation, nos savoir-faire et potentiellement de nous solliciter pour nous proposer des offres de stage, d’alternance ou des projets partenariaux. C’est aussi une valorisation des compétences de nos étudiants afin d’enrichir leur CV et d’étoffer leurs réseaux professionnels.
Ces projets peuvent-ils être repris par les marques ?
C.F. : On le souhaite ! Les étudiants savent qu’il n’y a pas de propriété intellectuelle sur ces projets. Tout est open source. Si les industriels s’intéressent aux projets exposés, ils peuvent nous demander les plans du mascara et des coffrets, et nous nous ferons un plaisir de leur communiquer. C’est aussi pour nous un moyen de faire réagir l’industrie du packaging.
J.V. : Dans ce type de projet, nous demandons à nos partenaires industriels de permettre aux étudiants de communiquer sur leurs travaux. Les étudiants en ont besoin pour pouvoir valoriser leurs compétences dans leurs books ou leurs portfolios.
C.F. : C’est pour cela que nous sommes à l’initiative de certains projets. Nous ne sommes pas simplement en attente d’une demande d’un industriel. Même si nous ne protégeons pas les innovations proposées par nos étudiants, les idées nous appartiennent et nous donne la possibilité de communiquer et de nous faire connaître tant par les industriels du secteur que par le grand public. L’intérêt d’être à l’initiative, c’est de pouvoir donner l’envie à de futurs candidats de postuler dans cette formation d’avenir.


