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cinq dates qui ont fait l’histoire militaire du constructeur automobile

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Lu il y a 5 minutes



A côté de ses voitures, Renault a longtemps fabriqué des blindés et même des avions. Retour en cinq dates sur cette histoire militaire méconnue, vers laquelle le constructeur revient avec son projet de fabriquer des drones.

La décision de Renault de fabriquer des drones militaires a fait l’effet d’un coup de tonnerre parmi ses salariés. Pourtant, le futur Chorus fabriqué avec l’ETI Turgis Gaillard n’est pas le premier engin que le losange livre à l’armée française. Des blindés à l’aviation de chasse, Renault a développé de nombreux équipements militaires jusqu’à la Seconde guerre mondiale. Une activité dont on retrouve encore la trace dans de grands groupes français aujourd’hui.

1917 – L’invention du char moderne avec le Renault FT

Alors que la Première guerre mondiale s’est enlisée dans une guerre de tranchées, le ministère de la Guerre confie à Louis Renault la conception d’un engin capable de percer le front. Ce que propose le Losange avec son Renault FT va devenir la norme pour tous les chars modernes : un moteur à l’arrière, un équipage au centre et surtout une tourelle rotative sur le dessus.

Avant lui, les chars avaient souvent la motorisation et l’armement à l’avant, ce qui limitait leur mobilité et la vision des soldats. Dernier atout de taille, le Renault FT affiche moins de sept tonnes sur la balance contre plus de 25 tonnes pour les autres, un sacré avantage pour ne pas s’enfoncer dans la boue. Produit à plus de 3000 exemplaires, il participe aux dernières offensives françaises de 1918 avant de terminer sa carrière lors de la débâcle en 1940.

1933 – Vers un avion de chasse controversé

Concepteur et fabricant de moteurs d’avions militaires depuis le début du siècle, Renault franchit une nouvelle étape en 1933. Il rachète alors Caudron, reconnu pour ses avions de reconnaissance, de transport et d’entraînement. Face à Hispano-Suiza ou Breguet, il propose son chasseur Caudron C.714 Cyclone. Construit en bois, il est conçu comme «low-cost» pour être produit en grande série. Problème, malgré une aérodynamique poussée, l’engin est trop fragile pour encaisser les attaques ou manœuvrer dans un combat intense. Après quelques dizaines d’exemplaires livrés en 1940, sa carrière se résumera aux missions d’entrainement.

1940-1945 – Des chars du colonel De Gaulle à la nationalisation

Après la Première guerre mondiale, Renault accélère ses livraisons de véhicules militaires (tracteurs d’artillerie, transports de troupes) et améliore ses chars. Véritable forteresse roulante, le Renault B1 bis est en première ligne lors de l’invasion de la France en mai 1940. C’est avec lui et d’autres chars Renault plus légers que le colonel de Gaulle enregistre quelques succès à la tête de sa 4e division cuirassée. Son potentiel tactique fut limité face à la guerre mobile allemande de 1940, mais il reste un symbole d’innovation française en blindés.

Malheureusement, l’Allemagne nazie met la main sur les usines du Losange après l’armistice. Les B1 bis partent sur le front de l’est et Renault produit des véhicules pour l’occupant. Arrêté pour collaboration à la Libération, Louis Renault meurt en prison et son groupe arrête de produire des blindés.

2001 – Vente de l’activité défense à Volvo

Avec la vente de Renault Véhicules Industriels à Volvo en 2001, le groupe français renonce à ses dernières activités militaires qui restent tout de même en France. Après la guerre, Renault avait continué de fournir des camions tout-terrain dérivés de ses modèles civils. Conçus il y a plus de 40 ans, les TRM2000 et GBC180 sont d’ailleurs encore les bêtes de somme de l’armée française.

2026 : Arquus, KNDS, Safran… Un héritage industriel plus grand qu’on ne le pense

Aujourd’hui plusieurs piliers français de l’industrie de la défense on hérité plus ou moins directement du savoir-faire de Renault. Devenus indépendants en 1946, les ateliers de construction de chars de Renault à Rueil-Malmaison sont devenus AMX avant d’être récupérés par GIAT Industries devenu Nexter en 2006 et aujourd’hui intégré au groupe franco-allemand KNDS. Côté véhicules militaires, Arquus qui produit actuellement le Griffon pour l’armée française descend de Renault Véhicules Industriels Défense, filiale cédée à Volvo en 2001 (voir plus haut). Enfin pour l’aéronautique, la Snecma a récupèré les activités moteurs aéronautiques de Renault après la Libération. Le motoriste a fusionné en 2005 avec Sagem pour former Safran.



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