
L’entreprise belge propose une alternative durable au film de banderolage, fabriquée localement et en ESAT, à partir de bâches publicitaires usagées.
L’emballage industriel donne des idées aux start-up ! Après le français Ecklo, c’est au tour du belge Loopipak de lancer une housse pour palettes réemployable. L’objectif, le même, consiste à proposer une alternative durable au film de banderolage, efficace certes, mais à usage unique. L’entreprise met en avant un bilan environnemental plus favorable, consigné dans une analyse de cycle de vie (ACV), et un retour sur investissement possible dès 35 rotations pour un prix unitaire autour des 100 euros. Les housses, sur mesure, sont fabriquées à partir de bâches publicitaires usagées en polyéthylène (PE), polychlorure de vinyle (PVC) ou polyéthylène téréphtalate (PET).
Circuits courts
« Nous n’utilisons que des produits qui autrement termineraient à la décharge ou seraient incinérés » pointe Sylvie Michel, PDG de l’entreprise basée à Hévillers, une localité située au sud de Bruxelles (Belgique). Elle poursuit : « Notre démarche est en réalité encore plus durable car nous nous adressons, pour la fabrication, à des ESAT (ndlr : des entreprises adaptées) situés à proximité de notre usine, nous privilégions les circuits courts ».
Les housses sont cousues puis équipées de sangles, elles aussi issues de circuits de récupération, en l’occurrence des usines Volvo à Gand (Belgique).
Les flux BtoB dans le viseur
La mise en œuvre de la housse sur la palette, effectuée manuellement, prend quelques dizaines de secondes. L’entreprise qui s’était initialement lancée sur le marché du réemploi avec des colis pour le e-commerce, s’oriente, avec ses housses, exclusivement sur les flux BtoB. Le modèle économique comprend à la fois la vente et la location. « C’est beaucoup plus facile de travailler sur les flux industriels car il est plus simple de récupérer les emballages, même si cela implique de former le personnel et d’adopter la bonne signalétique afin qu’ils ne soient pas jetés », indique Sylvie Michel.
Les emballages, consignés, sont tracés à l’aide de QR codes, de Datamatrix ou des puces RFID. Loopipak n’a, pour l’heure, commercialisé qu’une cinquantaine de housses, mais ce montant devrait progresser à 500 unités avant la fin du mois de mars. L’entreprise, qui compte parmi ses clients des sociétés présentes dans le luxe, la blanchisserie, l’optique et des transporteurs, compte sur le déploiement progressif du Règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) pour développer sa présence même si – concède Sylvie Michel – ses clients ont fait le choix du réemploi davantage par conviction que pour des raisons réglementaires.


