
Victime de la flambée des coûts de l’énergie et des matières premières l’industrie européenne des plastiques perd du terrain face à la Chine et aux États-Unis. La filière voit ses capacités reculer, ses sites fermer et sa compétitivité s’éroder.
Victime de l’envolée du prix des énergies et des matières premières, les fabricants européens de matière plastique décrochent aussi face à la Chine et aux États-Unis à cause du coût de la politique climatique européenne.
«Entre 2020 et 2024, sur 74 milliards d’euros de taxe carbone, 63 milliards ont été payés en Europe», relève Jean-Yves Daclin, le directeur général de PlasticsEurope pour la France, qui attend de Bruxelles plus de réactivité pour assurer une concurrence équitable.
Des capacités de production en recul
Désormais à la troisième place des régions productrices en tonnage, la filière européenne des plastiques (producteurs et transformateurs) souffre également de l’agressivité des prix à l’importation qui contraint les industriels à réduire leurs prix et à rogner leur chiffre d’affaires. Par conséquent, les capacités de production sont en net recul. Neuf des 42 vapocraqueurs répertoriés dans l’ouest de l’Europe, qui transforment notamment les dérivés de pétrole (naphta) et de gaz (éthane) en polymères, ont récemment fermé ou sont en instance de le faire.
Sept autres font aussi l’objet d’une revue stratégique des actifs ou sont à vendre. Entre 2018 et 2024, la production européenne des polymères (vierges et recyclés) a baissé de 12%, quand celle à l’échelle mondiale a crû de 16%. «Cette baisse traduit un effritement de notre compétitivité», estime Jean-Yves Daclin, qui évoque une tendance de fond et alerte sur le risque, à terme, d’une perte de souveraineté sur le troisième matériau le plus fabriqué au monde.


