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la start up Upway a créé 280 emplois grâce à ses vélos électriques reconditionnés sauvés de la casse

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Lu il y a 7 minutes


Spécialiste du vélo électrique reconditionné, la jeune pousse française Upway poursuit son développement à toute allure. Quatre ans après sa création, elle a déjà ouvert six centres de reconditionnement en Europe et aux Etats-Unis, et s’apprête à en créer six de plus dans les 18 prochains mois.

Dans un entrepôt de près de 2000 mètres carrés, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), plusieurs centaines de vélos électriques reconditionnés s’apprêtent à partir pour une nouvelle vie. «Notre premier jour d’opération, c’était ici, fin 2021. A l’époque, nous occupions à peine la moitié du bâtiment», se souvient Stéphane Ficaja, l’un des deux cofondateurs d’Upway, spécialiste tricolore du vélo reconditionné.

Le hangar historique d'Upway à GennevilliersPauline Bandelier
Le hangar historique d’Upway à Gennevilliers

125 millions de dollars levés en quatre ans

En quatre ans, la start-up a développé six hubs de reconditionnement en Europe et aux États-Unis, depuis lesquels elle dessert neufs pays (France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Suisse, Autriche, Italie, Espagne et États-Unis). Sur son site internet, quelques 3000 vélos sont proposés en permanence.

Upway a bouclé en fin d’année sa quatrième levée de fonds pour un montant de 60 millions de dollars, portant son chiffre d’affaires à 125 millions de dollars. Un tour de table qui doit lui permettre d’ouvrir six nouveaux centres de reconditionnement dans les deux prochaines années. Au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Pologne. Mais aussi d’accélérer son développement logiciel.

Sur le site historique de Gennevilliers, des camions déposent chaque jour dans le hangar des vélos en provenance de toute l’Europe. Particuliers, sociétés de leasing, magasins spécialisés ou constructeurs : les sources d’approvisionnement sont multiples. «Nous avons volontairement diversifié notre sourcing : un quart vient de particuliers, un quart de fin de contrats de location, un quart des reprises en magasin et un quart de fins de série ou de retours du neuf », détaille le dirigeant, aujourd’hui à la tête d’une équipe de 280 personnes. Les particuliers qui souhaitent vendre leur vélo n’ont qu’à envoyer une photo et se voient immédiatement proposer un prix puis un rendez-vous avec un transporteur s’ils acceptent l’offre.

Deux anciens d’Uber

À leur arrivée dans l’entrepôt Upway, les vélos sont identifiés, tracés et intégrés dans un système numérique maison. «À partir de là, on suit la vie du vélo de A à Z, de l’achat jusqu’à la revente» explique Stéphane Ficaja. Chaque produit passe ensuite par l’atelier, où un code couleur indique la complexité de la remise en état. Certains vélos nécessitent moins d’une heure de réglages, d’autres plusieurs jours de travail.

Dans l’atelier, une vingtaine de mécaniciens s’affairent. Chaque année, plus de 100000 vélos sont reconditionnés, dont 30000 en France. «C’est une vraie activité industrielle. Reconditionner un vélo, c’est facile. En reconditionner 100000 par an, ça ne l’est pas», insiste cet ancien d’Uber, où il a rencontré Toussaint Wattinne. Ensemble, ils ont cofondé Upway huit ans plus tard. Une excellente école pour apprendre à aller vite, être agile et ne pas avoir peur d’investir.

Principal élément de valeur d’un vélo électrique, la batterie est diagnostiquée via son système de gestion électronique. Cycles de charge, capacité restante, température de stockage : tout est analysé. «Dans 90 % des cas, la batterie est en très bon état. Quand sa capacité descend sous les 80 %, on la remplace par une neuve» explique Stéphane Ficaja, qui dit revendre ses vélos à environ 50% du prix du neuf.

Un logiciel maison développé pendant deux ans

Derrière les établis et les clés dynamométriques, un autre moteur fait tourner l’usine et rappelle le modèle Uber : le logiciel, développé pendant plus de deux ans, et sans cesse perfectionné. «Toutes nos opérations reposent sur notre technologie. Sans elle, ce modèle ne pourrait pas être passé à l’échelle», assure le dirigeant. L’entreprise a développé son propre algorithme de prix, inspiré de ceux de l’automobile, et capable d’évaluer la valeur d’un vélo en fonction de la marque, du modèle, de l’année, du kilométrage et des composants. «Un vélo de fin de série peut être racheté à 50% de son prix neuf, un vélo de trois ans autour de 20%» précise l’ancien responsable livraison pour Ubereats.

Upway a développé pendant deux ans son logiciel de prixPauline Bandelier
Upway a développé pendant deux ans son logiciel de prix.

Derrière un écran, les mécaniciens tracent chaque étape, analysent chaque défaut. «C’est ce qui nous permet d’industrialiser un métier artisanal», résume Stéphane Ficaja. Une équipe d’une vingtaine de développeurs et chefs de produit travaille à plein temps sur ces outils. L’objectif est d’en recruter 30 de plus d’ici 2027.

Remplacer la deuxième voiture d’un foyer

Pour l’heure, les marchés les plus florissants d’Upway sont la Belgique, les Pays Bas, et l’Allemagne en tête. « En France, il y a environ entre 600 et 700000 vélos électriques neufs qui sont vendus par an. Alors qu’en Allemagne, c’est trois fois plus» précise Stéphane Ficaja.

Plus surprenant, en France, Upway réalise 80% de son chiffre d’affaires hors de l’Île-de-France. Dans les zones rurales ou périurbaines, il remplace souvent une deuxième voiture, notamment pour effectuer de petits parcours. «50% des trajets en voiture font moins de 10 kilomètres. Pour ce type d’itinéraires, le vélo électrique est plus agréable et revient beaucoup moins cher. Il y a même des agriculteurs qui troquent leur 4×4 pour un VTT électrique!», assure l’entrepreneur.

Dans la dernière salle de l’entrepôt, les vélos passent par un lavage et un dernier contrôle technique, avant la photo en studio. Le début d’une nouvelle vie.



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