
Epic Games, qui édite l’Unreal Engine et le jeu Fortnite, prévoit de dépenser “800 millions de dollars sur six ans” dans des services de Google. Un développement inattendu sur fond d’un conflit qui a duré près de six ans, alors que la justice doit trancher sur un projet de règlement à l’amiable annoncé en novembre.
“Des détails croustillants de l’audience sur le règlement Epic contre Google !” C’est par ces quelques mots, publiés sur le réseau social X vendredi 23 janvierque le fondateur et patron d’Epic Games, Tim Sweeney, a attiré l’attention de son audience sur un article du média spécialisé Le bord. Ce dernier, qui a suivi en direct la séance judiciaire opposant l’éditeur de jeux vidéo au géant de la recherche en ligne, a en effet relaté la négociation d’un accord secret entre les deux parties, qui ont prévu depuis peu de mettre un terme à leurs différends devant la justice américaine.
“800 millions de dollars sur six ans”
Presque six ans après le début de cette bataille judiciaire, au cours de laquelle Epic Games a invariablement accusé Google de pratiques anticoncurrentielles sur le marché des applications mobiles, c’est donc un nouveau volet qui s’ouvre. Jeudi 22 janvier, le juge James Donato a demandé aux deux parties si le projet de règlement du conflit annoncé au mois de novembre dernier avait à voir avec un partenariat secret impliquant le moteur de jeux Unreal Engine, le titre Fortnite et le système d’exploitation Android. Elles ont répondu sans nier l’existence d’un tel accord mais sans pour autant entrer dans les détails.
Selon le tribunal de San Francisco, il s’agit d’un partenariat comprenant “le développement conjoint de produits, un engagement conjoint en matière de marketing et des partenariats communs”citer Le bord. S’il n’a pas encore été complètement finalisé, celui-ci se chiffre à “800 millions de dollars sur six ans”et “partenariat plutôt solide” d’après James Donato, qui a en sa possession une lettre d’intention posant les bases de l’accord. Cette somme correspondrait à l’achat par Epic Games à Google de certains services, a expliqué Tim Sweeney lors de l’audience.
Quelles contreparties ?
D’après le patron de l’éditeur de jeux, le partenariat est lié au “métavers” que Tim Sweeney s’emploie à bâtir depuis plusieurs années autour de son jeu phare, Fortnite. Trahissant quelque peu la confidentialité de ses négociations avec Google, selon ses propres mots, il a évoqué “la capacité de Google à utiliser le moteur Unreal Engine de manière plus complète”. Plus tard, il a précisé qu’“il s’agi[rait] de Google et d’Epic qui développent chacun séparément des gammes de produits”. Et a promis que l’Epic Games Store n’obtiendrait pas dans ce cadre de traitement de spécial sur les appareils Android.
Mais une interrogation demeure : comment l’anti-monopole invétéré Tim Sweeney a-t-il pu se laisser convaincre de négocier avec Google ? Le juge James Donato cherche notamment à déterminer si cet accord, lequel ne sera a priori conclu qu’à condition que le projet de règlement judiciaire soit finalisé, a poussé d’une manière ou d’une autre Epic Games à revoir à la baisse ses attentes concernant l’écosystème Android. Et Tim Sweeney de répondre : “Je ne vois rien de mal à ce qu’Epic paie Google pour encourager une concurrence beaucoup plus forte que celle qu’ils ont autorisée dans le passé.”


