
Le groupe allemand Bosch va mettre fin à l’activité de son usine de Moulins-Yzeure (Allier) fin 2026. Environ 270 salariés sont concernés, dans un contexte de désindustrialisation croissante dans l’Allier.
Bosch continue de réduire son empreinte industrielle en France. L’équipementier allemand, touché de plein fouet par la crise de l’automobile, ferme des usines en Europe et prévoit plusieurs milliers de suppressions de postes dans les prochaines années. Il a mis en vente ses usines de Mondeville et Vendôme et a fermé celle de Marignier (Haute-Savoie) fin 2024. L’avenir industriel de l’usine de Rodez s’écrit aussi en pointillés après 2030. Bosch compte une quinzaine de sites en France (toutes activités confondues, dont le logiciel, l’électroménager) avec 2400 salariés.
Ce mardi 20 janvier, le groupe a annoncé la fermeture d’une autre usine française : celle de Moulins-Yzeure (Allier), officiellement le 31 décembre 2026. Ce site spécialisé notamment dans la fabrication de systèmes ESP (correcteur électronique de trajectoire) pour l’automobile, emploie actuellement environ 270 salariés.
L’annonce a été faite lors d’un CSE extraordinaire le 20 janvier, en présence des directions française et allemande du groupe. Selon Bosch, la décision est motivée par les difficultés à sécuriser de nouveaux marchés, dans un secteur automobile marqué par une conjoncture dégradée.
La cessation d’activité industrielle est programmée au 30 juin 2026, tandis que la négociation du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) doit débuter dès février. Les premiers licenciements sont attendus en septembre, pour une fermeture définitive du site en fin d’année.
Du côté syndical, la CGT est sortie du CSE sous le choc. «On s’attendait à une mauvaise nouvelle, mais pas à une annonce aussi brutale», déclare un représentant. Les salariés doivent encore se prononcer sur la conduite d’éventuelles actions collectives.
La continuité d’une série noire de plans sociaux dans le département
Cette fermeture s’inscrit dans une série noire de plans sociaux dans le bassin industriel de l’Allier. Depuis plusieurs mois, la métallurgie et l’automobile locales connaissent un enchaînement de restructurations : le métallurgiste Erasteel à Commentry a supprimé 80% de ses effectifs (190 postes sur 240), tandis que l’équipementier AMIS à Montluçon, auparavant menacé de liquidation judiciaire, a été partiellement sauvé par une reprise locale, laissant néanmoins 40 salariés sans emploi.
Selon la préfecture, six plans sociaux ont affecté près de 400 salariés autour de Montluçon en 2025, contre deux sur les trois années précédentes. Un rapport du cabinet Secafi, commandé par la CGT, évoque un «tournant historique» pour le département.


