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Après la Seine-et-Marne et la Moselle, EDF va accueillir un quatrième datacenter sur le site d’une ancienne centrale près de Lyon

Service Com'
Lu il y a 5 minutes



Alors qu’EDF doit déjà accueillir des datacenters sur trois sites d’anciennes centrales, l’énergéticien a révélé à L’Usine Nouvelle avoir lancé un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour un quatrième site. Il s’agit du terrain de 60 hectares qui accueillait sa centrale thermique de Loire-sur-Rhône, près de Lyon (Rhône).

EDF continue de recycler son foncier en datacenters. Après avoir signé des contrats avec OpCore et Eclairion pour qu’ils construisent des datacenters sur trois de ses sites en Seine-et-Marne et en Moselle, l’énergéticien français a révélé en exclusivité à L’Usine Nouvelle avoir discrètement lancé, le 22 décembre, un nouvel appel à manifestation d’intérêt (AMI). Celui-ci vise à accueillir un centre de données sur le site de son ancienne centrale thermique de Loire-sur-Rhône, située à moins de 30 kilomètres de Lyon (Rhône).

Il s’agit du deuxième AMI de ce type lancé par EDF et de son quatrième site dédié à l’accueil d’un datacenter. De 60 hectares, le terrain de Loire-sur-Rhône est celui d’une ancienne centrale alimentée au fuel et au charbon, qui a fonctionné de la fin des années 1960 à 2005 avant un démantèlement achevé en 2013. Lors du lancement de son premier AMI en mars 2025, le groupe français avait dit poursuivre l’identification d’espaces fonciers avec pour objectif d’atteindre six sites à l’horizon 2026. Deux autres devraient donc être révélés d’ici à la fin de l’année.

Réduire les délais de raccordement

A chaque fois, EDF sélectionne des terrains qui «bénéficient d’une situation favorable pour le raccordement au réseau public de transport, permettant d’optimiser les délais de mise en œuvre des projets», explique l’énergéticien sur la page dédiée à son dernier AMI. Un enjeu majeur pour les constructeurs de datacenters, devenus de gros consommateurs d’électricité avec l’arrivée de l’IA.

Les puissances affichées vont désormais de plusieurs dizaines de mégawatts (MW) à plusieurs centaines, voire jusqu’à un gigawatt pour les projets les plus ambitieux comme celui annoncé pour le futur datacenter de Mistral AI, Nvidia, le fonds MGX et Bpifrance. Ce qui nécessite de se relier aux lignes haute tension de RTE. Mais les délais de raccordement annoncés par le gestionnaire de transport d’électricité sont très longs et retardent les projets. En Isère par exemple, DataOne ne pourra pas augmenter la puissance de ses deux sites à 200 mégawatts d’ici à 2027 comme espéré, car RTE lui annonce un délai de raccordement de… 5 ans.

A Loire-sur-Rhône, c’est d’ailleurs «un datacenter de grande puissance» qu’EDF dit vouloir accueillir. Dans l’AMI publié, l’énergéticien invite les porteurs de projets à démontrer leur capacité à exploiter un projet de datacenter de plus de 50 MW. «Contre 5 à 20 pour la majorité de ceux en activité», estimait Jean-Philippe Bonnet, le directeur adjoint du pôle stratégie, prospective et évaluation de RTE en 2024.

EDF veut accélérer le mouvement en interne

L’intérêt des terrains d’EDF pour réduire les temps de déploiement de nouveaux datacenters semble se confirmer. Sur le site de l’ancienne centrale à charbon de Montereau-Vallée-de-la-Seine (Seine-et-Marne), le début de la mise en service du projet porté par OpCore – coentreprise du groupe Iliad et de la société de capital-risque InfraVia – est attendu pour 2027. Cela grâce au soutien d’EDF et au dispositif de raccordement «fast-track» mis en place par l’État français pour accompagner les projets stratégiques de calcul intensif.

Mais EDF veut encore accélérer le mouvement en interne, en particulier pour réduire le délai entre l’identification du site d’une ancienne centrale éligible et sa mise à disposition effective pour la construction d’un datacenter. Ce délai est de trois à quatre ans chez EDF, alors que «les benchmarks dans ce secteur sont de 10 mois», confie un cadre du groupe. EDF entend aussi mieux adapter ses sites à la demande, notamment en identifiant des terrains voisins pour les rendre plus attractifs. Et il y a urgence. Si EDF a encore battu son record d’exportation d’électricité en 2025 à 92,3 térawattheures (TWh), engrangeant quelque 5 milliards d’euros, la situation n’est pas durable. Car la consommation intérieure stagne, alors qu’elle devrait augmenter pour suivre l’électrification annoncée des usages. EDF s’est fixé comme objectif de trouver 150 TWh de nouvelles consommations. Décrocher des contrats avec des datacenters est donc devenu l’une de ses priorités.



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