
Le « baromètre Sepur » révèle les attentes de la population à l’égard des communes. Quand le montant de la facture prend le pas sur la motivation écologique.
Les sondages se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Une enquête Harris Interactive menée pour Citeo et publiée en novembre 2025 faisait été d’une adhésion des citoyens au tri, d’une forte demande (à 80%) d’information sur le devenir des déchets et d’un «plébiscite» – par 77% des répondants – de la tarification incitative. Le «baromètre Sepur» sur « les Français et leurs poubelles », réalisé par l’Ifop pour le gestionnaire de déchets Sepur en décembre 2025, confirme le besoin de pédagogie et d’information mais souligne une opposition majoritaire à la mise en place de la redevance incitative, dans un contexte de large acceptation du tri désormais.
Fossé générationnel
Cette réticence est même le premier enseignement de ce sondage : les citoyens préfèrent l’accompagnement à la contrainte. Avec des positions contrastées selon les générations : 57% des 18-24 ans sont favorables à une telle redevance. Ce fossé générationnel se retrouve également sur l’augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). 65% des 1015 personnes interrogées y sont défavorables en raison de l’impact sur leur pouvoir d’achat. Mais ce taux monte à 73% chez les plus de 65 ans, pour lesquels ces systèmes semblent être perçus comme injustes et contraignants, quand il tombe à 47% chez les 18-24 ans. Pour Youri Ivanov, président de Sepur, « si la redevance incitative est séduisante en théorie, elle est complexe à mettre en œuvre et divise encore. Cela doit encourager les acteurs de l’environnement à approfondir, aux côtés des collectivités, d’autres approches de prévention adaptées à la typologie des territoires et performantes. »
Doutes persistants mais moins intenses
Deuxième enseignement de ce baromètre : les doutes sur le tri persistent pour 48% des sondés. Cependant, ils apparaissent moins intenses, la baisse des doutes « fréquents », notamment sur les papiers/cartons sales, les barquettes en polystyrène ou les pots de yaourt, suggérant une meilleure assimilation globale des consignes de tri. Conséquence: 76% des citoyens attendent davantage d’information de leur municipalité sur la gestion des déchets, les canaux les plus appropriés étant les supports traditionnels en papier (bulletin municipal, courrier), en particulier chez les seniors. Toutefois, à 84%, ils se montrent satisfaits de cette gestion dans leur commune.
Recul de la motivation écologique
Autre constat majeur : la motivation écologique du tri recule. La part des personnes interrogées estimant avoir un impact environnemental réellement positif en triant diminue de six points entre 2024 et 2025, s’inscrivant dans une tendance plus large de fragilisation de la croyance dans l’efficacité des gestes individuels. « Dans le contexte d’urgences jugées plus importantes, pouvoir d’achat, situation géopolitique, etc., la préoccupation environnementale est reléguée », analyse Fabienne Gomant, directrice adjointe du département opinion à l’Ifop.


