
Bruno Thivoyon président du directoire du groupe Beneteau revient sur les difficultés de 2025.
L’Usine Nouvelle – Vous semblez avoir subi de plein fouet la vague des taxes imposées par le président américain. Les résultats du premier semestre n’étaient vraiment pas à la hauteur des prévisions. Est-ce uniquement lié au marché américain ?
Bruno Thivoyon président du directoire du groupe Beneteau – Le marché nautique n’aime pas l’incertitude. Les droits de douane américains sont passés par plusieurs épisodes. In fine, c’est une taxe d’importation de 15%, qui a été mise en place en parallèle d’une évolution euro-dollar défavorable à l’exportation. Donc ça a pas mal pénalisé notre activité au premier semestre. Les États-Unis, c’est à peu près 20% de ce qu’on exporte, donc c’est un territoire important pour nous. Aujourd’hui, la partie tarifaire associée aux droits de douane n’est plus un aléa mais une certitude. Les Américains savent maintenant sur quel pied danser. […]
Est-ce que votre changement d’ERP a réellement joué un rôle dans les mauvais résultats ?
Nous savions que la mise en place d’un nouvel ERP sur notre principal site de fabrication de catamarans à Bordeaux, en début d’année, allait engendrer des perturbations au premier semestre. Ça a duré plus longtemps que ce que nous avions prévu et c’est intervenu au moment où il y avait un ralentissement du marché. Nous sommes en phase de digestion. […] Le deuxième semestre est le début d’une nouvelle période. Nous revenons à une activité saisonnière un peu plus cyclique où la saison s’ouvre avec un carnet de commandes qu’il faut remplir sur les premiers salons. […] Le retour à la rentabilité sur le deuxième semestre sera probablement insuffisant pour compenser les résultats du premier. […]
Quelles sont les tendances en termes d’innovation ? Est-ce essentiellement la performance, le confort, l’utilisation de nouveaux matériaux plus durables ?
Nous nous adressons à deux types de population. Les passionnés de la navigation à la voile, qui cherchent les sensations, et qui sont très accrochés au modèle du monocoque. Sur la partie navigation, nous allons sur ce terrain-là avec la marque Excess. Nous proposons des performances plus fortes que pour d’autres catamarans un peu moins navigants. Et il y a tous les autres qui sont des vacanciers, des plaisanciers occasionnels, qui cherchent le confort et la stabilité à bord. Ils font de la voile sur un catamaran, une plateforme très stable sur l’eau et sur laquelle le confort à bord est plus proche de l’hôtellerie que de la voile des années 1980.» #


