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elle décroche son premier gros contrat avec Eutelsat

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Lu il y a 5 minutes



Le minilanceur MaiaSpace d’ArianeGroup va procéder à une dizaine de tirs pour le compte de la constellation OneWeb d’Eutelsat. De quoi remplir la moitié de ses capacités de lancement pour les prochaines années.

MaiaSpace a tout d’une grande ! Encore en développement, et avant même d’avoir décollé une seule fois de son pas de tir, la petite fusée décroche des contrats. Comme Ariane 6 l’avait fait en son temps, avec plus de 30 tirs en carnet de commandes avant son vol inaugural.

La société, filiale à 100% d’Arianegroup, a annoncé le 15 janvier la signature d’un contrat pour une dizaine de lancements pour l’opérateur Eutelsat. Le montant du contrat n’a pas été divulgué. Les lancements visent à mettre en orbite basse une partie des 440 satellites de nouvelle génération de la constellation OneWeb afin de remplacer ceux de la première génération. Les tirs doivent avoir lieu entre la fin 2027 et 2029.

Maiaspace avait jusqu’ici convaincu deux clients au profil très différent d’Eutelsat : la start-up Exotrail et le fabricant de microsatellites U-Space pour mettre en orbite des satellites de l’agence de l’innovation de défense.

Yohann Leroy, PDG de MaiaSpace, s’est félicité de ce nouveau succès commercial. «C’est un contrat qui remplit notre carnet de commandes à hauteur de plus de 50% pour les trois premières années d’exploitation commerciale de notre lanceur». Pour la société qui défriche le marché européen des minilanceurs, ce succès commercial consolide également la pertinence de son modèle économique. «On n’est là pas pour lancer des fusées mais pour lancer les satellites de nos clients», souligne son dirigeant.

L’entreprise basée à Vernon dans l’Eure fait partie des cinq sociétés européennes qui ont été sélectionnées en 2025 par l’ESA à l’occasion de son opération European Launcher Challenge. De fait, elle a pu obtenir un coup de pouce financier de l’agence européenne. Plutôt que de se faire financer le développement de son lanceur comme le reste des lauréats, MaiaSpace a préféré bénéficier d’un coup de pouce financier pour baisser le prix des lancements facturés à ses premiers clients. «Cette prime va nous permettre de compenser au moins pendant la première partie du contrat l’écart entre nos coûts et les prix», précise Yohann Leroy. La société concède qu’elle vend ses premiers lancements à perte, car les coûts des premiers vols sont supérieurs aux coûts des vols à terme.

Bientôt une nouvelle usine

Fondée en 2022, MaiaSpace développe à Vernon dans l’Eure son microlanceur dans l’établissement d’ArianeGroup. La société compte plus de 330 salariés, provenant à la fois du sérail aérospatial et d’autres provenant du Newspace et de secteurs industriels différents.

Le lanceur d’une hauteur de 50 mètres et équipé de quatre moteurs, sera produit en deux versions : une version consommable et une version récupérable en fonction des besoins de la mission. Le lanceur sera capable de mettre en orbite des charges utiles jusqu’à 4 tonnes quand il est équipé d’un dispositif de propulsion additionnelle, le Colibri. Le premier tir d’essai est prévu en 2026. En vitesse de croisière, la société vise une vingtaine de lancements par an.

En 2024, la société avait remporté l’appel à compétition lancé par le CNES pour récupérer le pas de tir de la fusée Soyouz, après que l’agence spatiale russe ait cessé toute activité au centre spatial guyanais, conséquence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

La société peut compter sur le soutien des actionnaires de sa maison-mère ArianeGroup, soit Safran et le groupe Airbus. Les deux sociétés ont déjà investi 125 millions d’euros et se sont accordés pour investir encore plus afin de financer la construction d’une usine à Vernon ainsi que la phase d’industrialisation.



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