À Dunkerque, AstraZeneca transforme son usine, vitrine mondiale de la décarbonation du groupe, en misant sur de nouveaux inhalateurs bas carbone. Les premiers lots de la nouvelle formulation de son Trixeo, médicament destiné au traitement de la BPCO, ont été lancés début janvier.
Au milieu de la zone industrielle de Dunkerque (Nord), l’usine AstraZeneca est devenue un pilier mondial de la stratégie de décarbonation du groupe. Depuis les années 1990, le site abrite la production mondiale de médicaments inhalés (poudres sèches et aérosols), destinés au traitement de l’asthme et de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).
À l’occasion de Choose France 2024, AstraZeneca annonçait engager un vaste plan de décarbonation du site de Dunkerque, en y injectant 388 millions de dollars.
Une transition qui sera notamment passée par l’utilisation d’un nouveau gaz propulseur pour ses traitements inhalés, le gaz HFO1234ze, au potentiel de réchauffement climatique proche de zéro. « Changer de gaz propulseur pour nos médicaments inhalés est un levier d’action important quand on sait aujourd’hui que 7 % du bilan carbone du médicament est lié à l’usage des gaz », détaille Pablo Panella, vice-président en charge des divisions Respiratoire et Immunologie d’AstraZeneca.
Grâce à cette nouvelle génération d’inhalateurs plus respectueuse de l’environnement, le groupe entend ainsi réduire de 20 %, d’ici 2030, les émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation de ses traitements inhalés.
Vos indices

Les début de la production d’un Trixeo plus vert
Une démarche déjà concrétisée puisque l’usine de Dunkerque a débuté, en janvier, la production des premiers lots de la nouvelle formulation du Trixeo Aerosphere (formotérol, glycopyrronium, budésonide), médicament autorisé depuis 2021 dans le traitement de la BPCO modérée à très sévère.
La nouvelle formulation de cette trithérapie, principal traitement d’AstraZeneca approuvé contre la pathologie, remplacera progressivement l’ancienne formule. « Nous avons obtenu le feu vert de l’EMA en juillet dernier pour la nouvelle formulation du Trixeo, après avoir démontré la tolérance du nouveau gaz propulseur et la bioéquivalence du traitement par rapport à l’ancienne formule », rappelle Welha Ziri, directrice de l’usine de Dunkerque.
Une nouvelle formule qui sera vendue au même prix que l’ancienne. À terme, AstraZeneca prévoit de transiter les trois autres médicaments inhalés produits sur le site de Dunkerque vers le gaz HFO1234ze.
Un site équipé d’outils innovants pour la décarbonation
Engagée depuis 2020, la décarbonation du site de Dunkerque a, par ailleurs, été concrétisée par la mise en place de procédés industriels innovants ayant permis à l’usine de réduire drastiquement ses rejets de gaz à effet de serre.
Parmi eux, la cryocondensation, une méthode visant à capter les gaz émis le long de la ligne de production pour éviter qu’ils ne soient relachés dans l’atmosphère. « Concrètement, les gaz captés sont refroidis à très basse température au sein d’un échangeur thermique, transformés sous forme liquide puis envoyés dans des centres de traitement spécialisés », détaille Welha Ziri.
Mais AstraZeneca a également revu une autre partie de son process. Sur les lignes de remplissage de l’usine, le vacuum purge est maintenant la norme. Ce système de purge sous vide permet d’éliminer d’éventuels gaz résiduels présents dans le flacon, avant l’étape de sertissage.
Déjà bien avancée, la décarbonation du site de Dunkerque illustre une stratégie plus large d’AstraZeneca portée par son programme Ambition Zero Carbone. Lancé en 2020, il prévoit de réduire de 98 %, d’ici 2026, les émissions de gaz à effet de serre des scopes 1 et 2 du laboratoire.


