Les marques chinoises s’adjugent environ 5% du marché européen en 2025. 2026 sera-t-elle l’année qui les verra s’imposer ?
Après avoir exporté 7 millions de véhicules en 2025, les constructeurs chinois ne cachent pas leur ambition de conquérir les marchés internationaux. Asie du sud-est, Amérique latine, Afrique… toutes les plaques continentales les attirent – à part les Etats-Unis, qui restent globalement fermés en raison de tarifs douaniers prohibitifs. L’Europe ne déroge pas à la règle, mais s’avère un territoire difficile à gagner du fait de la présence de puissantes marques locales (Volkswagen, Renault, Peugeot…). Selon le cabinet Jato Dynamics, les marques chinoises se sont emparées de 5,1% du marché (Union européenne + Royaume-Uni) au premier semestre, une tendance qui devrait se confirmer à l’échelle de l’année 2025. Si leur progression est constante, elle s’avère plus lente qu’initialiement escompté. Certains s’y sont même cassés les dents, à l’image de Great Wall Motors ou Aiways.
2026 sera-t-elle l’année de la percée ? Si l’Union européenne envisage d’abandonner son ambition de commercialiser uniquement des véhicules propres en 2035, le continent entend toujours se décarboner à vitesse grand V, embrassant rapidement les véhicules à batterie dont les constructeurs chinois sont les champions. Mais, frappé par des surtaxes à l’importation sur les véhicules électriques, ils n’hésitent pas à proposer d’autres motorisations thermiques et hybrides. D’ailleurs, en France, aucun modèle chinois ne se hisse dans le top trois des voitures électriques en 2025, mais la BYD Seal U et la MG EHS ont été les voitures hybrides rechargeables les plus vendues (la motorisation représente 6,7% des ventes). L’Usine Nouvelle fait le tour des quelques marques chinoises qui affichent les plus grandes ambitions dans l’Hexagone.
M.G.
C’est un nom que les clients français connaissent bien. L’emblématique marque britannique M.G., désormais dans le giron du constructeur SAIC, opère sur le territoire français depuis cinq ans. A elle seule, elle a écoulé la majorité des véhicules chinois en France : 33729 unités, en progression de 37,1%. Ce qui lui permet de s’adjuger une part de marché de 2%, identique au niveau européen avec environ 300000 véhicules vendus en 2025.
Très tôt, la marque a opté pour un développement «à l’européenne», ouvrant des concessions un peu partout. La marque est désormais présente dans 200 points de ventes, et cible prioritairement les particuliers – et non les flottes. Alors qu’elle souhaitait initialement commercialiser en Europe ses véhicules électriques, sa gamme est aujourd’hui majoritairement composée de modèles hybrides.
Vos indices

La MG3 est d’ailleurs la troisième voiture la plus vendue en France en 2025 sur le segment de l’hybride simple. Ses objectifs pour 2026 : maintenir son dynamisme, et travailler à l’éclosion d’une autre marque, Maxus, dédiée aux véhicules utilitaires, qui a écoulé 1200 unités en 2025.
BYD
C’est le nom qui est sur toutes les lèvres dans le milieu automobile. Née à Shenzhen au tournant du siècle, BYD aspire à devenir leader de l’électromobilité. En 2025, le géant a écoulé 2,26 millions de véhicules électriques, un nouveau record, détrônant le pionnier américain Tesla. Recrutant des talents chez les grands noms de l’automobile mondiale (Volkswagen, Stellantis…) afin de trouver la recette pour s’imposer à l’international, son ascension est fulgurante.
Les volumes restent certes modestes à l’échelle du continent : 159869 unités pour 1,3% de parts de marché sur les onze premiers mois de l’année, selon l’Acea. Mais la progression est stratosphérique : +276%. En France, la marque avait immatriculé 5415 voitures en 2024. Douze mois plus tard, c’est 13533.
Si ses ventes aux particuliers restent modestes (avec ses 90 points de ventes en France, objectif 200 fin 2026), BYD se taille une place grâce à ses partenariats avec les grands loueurs comme Ayvens. Preuve de ses ambitions européennes : son usine hongroise doit commencer à produire des véhicules au premier semestre 2026, et une usine turque est déjà au programme. Pour 2026, la marque envisage de doubler ses ventes à plus de 25000 unités dans l’Hexagone tout en opérant le lancement da sa marque haut de gamme Denza.
Leapmotor
La marque chinoise, dont L’Usine Nouvelle a pu visiter en 2025 les lignes de fabrication à Jinhua, change de dimension. Après son entrée dans le giron du groupe Stellantis, elle s’est lancée dans un développement à grande échelle en Europe. Si ses volumes restent pour l’heure très faibles, 2026 doit lui permettre d’imprimer sa marque grâce notamment à la commercialisation d’un nouveau SUV, le B10, en motorisations électrique et à prolongateur d’autonomie.
Le modèle est par ailleurs fabriqué en Europe, dans une usine espagnole de Stellantis, à Saragosse. Preuve de ses ambitions, Leapmotor veut passer en France de 3500 immatriculations en 2025 à près de 16000 en 2026.
Xpeng
Xpeng a pour sa part un objectif plus modeste pour 2026 : vendre 6000 voitures. Cela s’explique par le positionnement haut-de-gamme de la marque, qui a écoulé un peu plus de la moitié de ce chiffre en France en 2025. L’entreprise, qui mise également à long terme sur les robots autonomes, propose des véhicules sophistiqués, connectés.
Preuve de son avance technologique, le géant allemand Volkswagen s’est invité à son capital en 2023 et développe, pour le marché chinois, des modèles sur des bases techniques de Xpeng. «L’intégration poussée est notre principal facteur de différenciation», lançait en septembre depuis Munich son vice-président, Brian Gu.
Chery
Moins connu, le groupe Chery compte faire parler de lui en France en 2026. Avec sa marque Omoda et Jaecoo, le constructeur entend se structurer rapidement à partir du printemps avec l’ouverture de 74 concessions pour atteindre le nombre de 130 dans l’Hexagone avant la fin de l’année.
Pour séduire les clients, le groupe entend proposer «une gamme de véhicules innovante et électrifiée, spécifiquement pensée pour les usages européens». Si les véhicules proviendront de Chine, où Chery a longtemps été le premier exportateur de véhicules autour du globe, le groupe s’est allié en 2025 avec la société espagnole Ebro EV Motors pour fabriquer des véhicules en Espagne.


