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Donald Trump autorise la vente de puces H200 de Nvidia en Chine… Pékin bloque leur entrée dans le pays

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Lu il y a 4 minutes



Alors que les États-Unis ont autorisé sous conditions l’exportation des puces H200 de Nvidia vers la Chine, Pékin en bloque pour l’instant l’accès et décourage leur achat par les entreprises nationales, selon des sources consultées par Reuters le 14 janvier. Une position qui reflète la volonté chinoise de renforcer son autonomie technologique.

Nouvel épisode dans la guerre des puces sino-américaine. Les autorités douanières chinoises ont indiqué cette semaine à leurs agents que les puces d’intelligence artificielle H200 de Nvidia ne sont pas autorisées à entrer en Chine, selon trois sources proches du dossier consultées par Reuters. Des responsables chinois ont également convoqué, mardi 13 janvier, des entreprises technologiques nationales à des réunions, au cours desquelles il leur a été explicitement demandé de ne pas acheter ces puces, sauf en cas de nécessité absolue, ont déclaré deux des personnes proches du dossier et une troisième source. «La formulation employée par les responsables est si sévère qu’il s’agit pratiquement d’une interdiction pour le moment, bien que cela pourrait changer à l’avenir en fonction de l’évolution de la situation», a déclaré l’une des sources.

Un feu vert américain sous conditions strictes

Cette décision chinoise intervient alors que les États-Unis ont formellement autorisé, mardi 13 janvier, l’exportation vers la Chine de certaines puces de Nvidia, en application du revirement politique annoncé début décembre par le président Donald Trump. L’accord, validé par le ministère américain du Commerce, concerne les processeurs graphiques (GPU) H200, de la gamme Hopper, et prévoit une autorisation délivrée au cas par cas, et non un feu vert général. Il s’accompagne de conditions financières strictes, dont le reversement par Nvidia de 25% des bénéfices réalisés à l’État américain. Lancée il y a deux ans, elle est nettement moins performante que la B200, aujourd’hui le standard le plus avancé du marché, qui demeure interdite d’exportation vers la Chine.

Si la demande des entreprises chinoises pour ces puces reste forte, Pékin semble déterminé à en limiter l’usage. La puce suscite également des inquiétudes aux États-Unis, certains craignant qu’elle ne renforce l’armée chinoise et n’érode l’avantage américain en intelligence artificielle. L’autorisation accordée par Donald Trump a ainsi provoqué en décembre la colère d’une partie de l’opposition démocrate, qui redoute un usage militaire de cette puissance de calcul par Pékin. Le président américain cherche à limiter les bénéfices que les entreprises chinoises peuvent tirer de la technologie américaine, tout en souhaitant imposer les puces américaines comme standard dominant au niveau mondial, ce qui suppose d’en autoriser l’exportation.

Un flou persistant sur la nature des restrictions chinoises

Les sources, qui ont requis l’anonymat en raison de la sensibilité du sujet, ont indiqué que les autorités chinoises n’avaient fourni aucune justification à leurs directives et n’avaient pas précisé s’il s’agissait d’une interdiction formelle ou d’une mesure temporaire. Reuters n’a pas été en mesure de déterminer immédiatement si les directives s’appliquaient aux commandes existantes de puces H200 ou seulement aux nouvelles commandes.

Pour Nvidia, l’enjeu économique est majeur. Avant l’entrée en vigueur des principales restrictions américaines en octobre 2022, la Chine représentait entre 20% et 25% de son chiffre d’affaires. Le PDG du groupe, Jensen Huang, plaide depuis des mois pour un assouplissement des contrôles à l’exportation, estimant que ces restrictions ont un effet contre-productif en accélérant le développement de concurrents chinois, comme Moore Threads ou Huawei.

Avec Reuters (version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)



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