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Le constructeur de presses pour étiquettes Codimag placé en redressement judiciaire

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Lu il y a 6 minutes


L’environnement économique dégradé et des complications financières inattendues ont conduit le PDG de l’entreprise basée dans l’Essonne, Benoît Demol, à faire appel au Tribunal de commerce. Le dirigeant espère pouvoir s’adosser à un grand groupe.

Les mots sont choisis. Le message est direct, presque sans émotions même si l’on se doute que les sentiments sont bien là. Benoît Demol, PDG de Codimag et fils de l’un des fondateurs de l’entreprise a choisi la voie du post sur LinkedIn pour annoncer le redressement judiciaire de sa société. « En 10 ans, Codimag a connu des hauts et des bas, au rythme d’événements externes parfois inattendus – Covid ou rupture d’approvisionnements – et de défis organisationnels, de marché, de concurrence, d’évolutions technologiques auxquels il a fallu répondre. S’adapter, faire face, réagir, et bien souvent colmater des brèches. J’ai appris, en essayant de ne jamais dévier de mon ambition. » explique-t-il dans ce post. Il poursuit : « Les derniers mois ont été très difficiles, et malgré tous nos efforts, j’ai dû demander à placer Codimag sous la protection du Tribunal de commerce avec l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ».

Taille critique

Joint par téléphone, le dirigeant évoque « une situation économique compliquée », aggravée par « deux coups durs » en 2025, alors que le carnet de commandes était déjà bien rempli. Mais les raisons de cette chute sont, selon lui, plus profondes. « Codimag, malgré 48 ans d’existence et une technologie jugée très rentable, n’a jamais atteint une taille critique. Cela a rendu la fabrication de machines en France de plus en plus compliquée, aggravée par des manques de trésorerie affectant l’approvisionnement et la livraison » observe-t-il.

Un procédé unique

Pour rappel, Codimag est à l’origine d’un procédé unique dans l’impression, Aniflo, à mi-chemin entre l’offset et la flexographie, dédié à ce que l’on appelle la laize étroite, à savoir l’étiquette. À la clé, plusieurs avantages en termes de qualité, souplesse et productivité.

L’entreprise basée à Bondoufle (Essonne) a installé près de 400 machines dans le monde. L’effectif se monte actuellement à 17 salariés, sachant qu’au plus fort de son activité, avant le Covid, l’entreprise affichait de 10 à 12 millions d’euros de chiffre d’affaires pour une dizaine de machines vendues par an. Selon Benoît Demol, cette situation est loin d’être unique.

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Un secteur en difficulté

La quasi-totalité des fabricants de machines européens seraient en difficulté. Même les géants comme Koenig & Bauer, Heidelberg, Gallus et Bobst traversent des périodes compliquées, avec des cours de bourse en baisse ou des restructurations importantes, fait-il remarquer. Cela indique un problème structurel dans le secteur.

Face à cette situation, il estime que la consolidation est « inéluctable ». Il tente depuis dix ans d’initier des discussions avec d’autres acteurs, sans succès. « Le marché est trop fragmenté et personne n’ose faire le premier pas » explique-t-il. Son appel à un « électrochoc » et à une « réponse collective » vise à faire prendre conscience de l’urgence de se regrouper pour survivre face à la concurrence, notamment chinoise. Trois solutions s’offrent désormais à Codimag : la liquidation, qu’il souhaite éviter, un plan de continuation ou la cession. Cette dernière option, qui verrait un autre fabricant de machines d’impression ou de finition racheter l’entreprise serait idéale pour pérenniser le projet industriel.

Survie du savoir-faire français

En l’occurrence Benoît Demol lance un appel à la consolidation du marché et à la solidarité des partenaires pour assurer la survie du savoir-faire français. Pour l’heure, un plan de continuation est rendu possible par une opération financière qui permettra de couvrir le passif et de stabiliser la trésorerie.

Les constructeurs de machines d’impression français souffrent énormément. Si l’on exclut Codimag, on ne compte plus que cinq équipementiers dans ce secteur : DCM-ATM dans l’impression d’emballages souples, Cuir dans le carton ondulé, Seram, GIC et MGI dans l’ennoblissement. Smag Graphique a fait les frais d’un redressement judiciaire il y a tout juste quelques mois, avant d’être repris par X&llence. Compte tenu de la conjoncture et des difficultés à l’export, d’autres mauvaises nouvelles pourraient tomber dans les prochains mois.



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