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Faute de compromis avec les créanciers, les filiales allemandes de Domo Chemicals (déjà en sursis) doivent maintenant stopper la production

Service Com'
Lu il y a 5 minutes



Sous le coup d’une mise en faillite depuis fin décembre – procédure en droit allemand qui s’apparente au placement en redressement judiciaire français –, les trois filiales en Allemagne du spécialiste belge des polyamides sont désormais contraintes à l’arrêt de production.

Le feuilleton des trois filiales allemandes de Domo Chemicals se poursuit. Les activités des sites de production de Leuna (Saxe-Anhalt) et de Premnitz (Brandebourg) sont désormais suspendues, suite à l’échec des négociations avec les créanciers concernant l’obtention d’un prêt à court terme qui aurait permis de maintenir la production.

Trois entreprises quasiment insolvables, et pas de financement suppplémentaire

Pour rappel, ces sociétés sont depuis la fin du mois de décembre sous le coup d’une mise en faillite. Cette procédure d’insolvabilité avait été ouverte après un précédent échec des filiales de Domo Chemicals à négocier « un financement à court terme supplémentaire ». Et l’administrateur judiciaire désigné, Lucas Flöther, n’a pas eu plus de succès. Disposant de quelques semaines pour faire la lumière sur la situation financière des sociétés – avant d’envisager des scénarios de restructuration -, l’administrateur a fait savoir le 8 janvier que le solde des comptes des trois entreprises était « quasi nul », en précisant que « l’espoir d’obtenir un financement intérimaire urgent est désormais anéanti » auprès de plusieurs médias allemands. En conséquence, les activités de production normale sont désormais arrêtées et réduites au strict minimum, afin de garantir la sécurité et la maintenance minimale du site. « Pour les usines et le site chimique, mais aussi pour les créanciers, ce serait assurément une catastrophe », a insisté Lucas Flöther.

Une faible demande européenne, une hausse des coûts de l’énergie, une forte augmentation des importations de résine polyamide (PA) en provenance de pays hors UE, notamment de Chine…. Dans un communiqué, Domo Chemicals a précisé que cette conjoncture difficile avait peu à peu conduit ses filiales allemandes en zone rouge. « La faillite et l’annonce d’hier concernant l’arrêt de la production constituent un nouveau coup dur pour les employés de Domo et pour toute la région », s’est indigné Norman Friske, directeur régional du syndicat allemand l’IG Bergbau, Chemie, Energie (IGBCE) pour la Saxe-Anhalt.

585 emplois dans la balance

En parallèle, le ministre des Affaires économiques du gouvernement régional de Saxe-Anhalt, Sven Schulze, a rappelé « la situation très critique » dans laquelle se trouve le site de Leuna, tout en expliquant que « le Land de Saxe-Anhalt mettra en œuvre tous les moyens disponibles pour éviter les dommages et préserver les emplois et la valeur économique ».

En Allemagne, Domo Chemicals compte au total 585 employés, répartis entre ses trois sociétés : Domo Chemicals (environ 35 employés), Domo Caproleuna (environ 480 employés) et Domo Engineering Plastics (environ 70 employés). Les deux premières sociétés sont implantées dans le parc chimique de Leuna, dans l’est de l’Allemagne, où le groupe belge maintient depuis 1994 une production totalement intégrée de PA 6, allant du benzène en passant par les intermédiaires tels que le caprolactame et la cyclohexanone jusqu’à l’obtention des résines vierges et autres plastiques techniques. La troisième société, installée sur le site de Premnitz à l’ouest de Berlin, produit depuis 2004 des résines vierges de PA 6 et des composés PA 6 hautement spécialisés.

« Toutes les parties prenantes – des propriétaires et entreprises affiliées aux responsables politiques – doivent désormais tout mettre en œuvre pour assurer la continuité des opérations », a clamé Stephanie Albrecht-Suliak, présidente du syndicat IGBCE Nord-Est. La syndicaliste prévoit la poursuite des négociations afin de trouver des solutions et de maintenir la production. « Nous n’abandonnerons pas Domo. Nous sommes solidaires des salariés et nous nous battons pour préserver la production et la stabilité de l’ensemble du secteur chimique en Allemagne centrale. » À ce stade, un rachat des activités des sites n’est pas à exclure.



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