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Face à «des besoins industriels de plus en plus pressants», le fournisseur de solutions de traitement de l’eau au charbon actif Jacobi ouvre une nouvelle usine

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Lu il y a 5 minutes



Face à la montée des exigences environnementales et à la demande croissante des industriels, le spécialiste du charbon actif Jacobi investit 30 millions d’euros dans un second site à Vierzon (Cher). Dédiée aux unités mobiles de filtration et à l’économie circulaire, cette nouvelle usine doit entrer en service à partir de 2026 et créer une quarantaine d’emplois.

Déjà implanté à Vierzon (Cher) depuis le rachat du site historique de PICA, le groupe suédois Jacobi, spécialiste du charbon actif à base de coque de noix de coco, poursuit son développement en France. L’industriel vient de lancer le projet de construction d’une deuxième usine, située sur le parc technologique de Sologne, dans la même ville, à quelques kilomètres de son site actuel arrivé à saturation.

L’investissement, estimé à 30 millions d’euros, sera réalisé en deux phases jusqu’en 2028. La nouvelle implantation viendra compléter le site existant, qui continuera de produire environ 12000 tonnes de charbon actif par an, destinées notamment au traitement de l’eau potable, à l’incinération des déchets, ainsi qu’aux secteurs pharmaceutique et agroalimentaire.

Le futur site sera spécialisé dans la fabrication et la gestion des unités mobiles de filtration, des conteneurs de 2 à 20 m³ de charbon actif livrés directement chez les industriels ou les collectivités pour traiter leurs effluents aqueux ou gazeux. Proposées majoritairement en location, ces solutions permettent d’éviter des investissements lourds en stations de traitement fixes.

«On a besoin d’accroître notre activité dans le domaine des filtres mobiles, pour répondre à des besoins industriels de plus en plus pressants», explique à L’Usine Nouvelle Usman Saeed, directeur général de Jacobi France et directeur de la production en Europe. «Nos clients interviennent dans des secteurs critiques : traitement de l’eau potable, incinération, agroalimentaire, énergie. Ils ont besoin de solutions locales et rapidement déployables

Réactivation du charbon et réduction du CO₂

Le projet s’inscrit également dans une logique de circularité. Jacobi prévoit d’y rapatrier progressivement la réactivation du charbon actif, aujourd’hui partiellement externalisée. Cette étape permet de recycler le charbon saturé afin de le réutiliser jusqu’à dix cycles. «Réactiver le charbon plutôt que d’en importer du neuf depuis l’Asie permet de réduire fortement l’empreinte carbone», souligne Usman Saeed.

Selon les estimations du groupe, cette stratégie permettrait d’éviter près de 25000 tonnes de CO₂ par an, tout en réduisant les transports et l’enfouissement des déchets. À terme, le site de Vierzon deviendrait l’un des rares en France à proposer une chaîne complète, de la fabrication à la réactivation, y compris pour des applications sensibles comme le traitement des PFAS.

Une montée en charge progressive jusqu’en 2028

La première phase du projet doit démarrer au troisième trimestre 2026, sous réserve de l’obtention des autorisations administratives, avec la création d’une dizaine d’emplois. La montée en régime, prévue à l’horizon 2027-2028, portera les effectifs supplémentaires à environ 40 emplois.

Jacobi emploie aujourd’hui près de 80 salariés en CDI à Vierzon, contre une cinquantaine il y a dix ans. Le chiffre d’affaires du site est passé de 16 millions d’euros en 2013 à 38 millions d’euros en 2024, avec un objectif de 40 millions d’euros en 2027. «Cette croissance ne repose pas uniquement sur les volumes, mais sur la diversification de nos activités et de nos modèles, notamment la location de solutions complètes», souligne le dirigeant.

Un ancrage territorial renforcé

Le site actuel de Vierzon, arrivé à saturation malgré ses huit hectares, continuera d’opérer. La nouvelle usine, implantée sur près de 4 à 5 hectares, dont un peu plus de deux hectares bâtis, viendra compléter l’outil industriel existant sans mélange des flux, notamment avec les activités liées à l’eau potable et au secteur pharmaceutique.

Malgré des contraintes environnementales ayant conduit à revoir cette implantation, notamment en raison de la présence d’une espèce protégée, Jacobi a maintenu son choix de Vierzon. «C’est un site historique, avec des compétences clés et une position logistique centrale, affirme Usman Saeed. Nous voulions renforcer notre ancrage industriel local tout en répondant aux enjeux de souveraineté et de décarbonation. » Soutenu par le plan France Relance, l’investissement positionne Vierzon comme un pôle stratégique de la filtration industrielle pour Jacobi en France et en Europe.



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