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EDF stoppe sa centrale nucléaire de Flamanville jusqu’à février après la tempête Goretti

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Lu il y a 4 minutes



La tempête Goretti a endommagé, dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 janvier, une ligne haute tension reliant la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) au réseau électrique. Les réacteurs 1 et 3 devront par conséquent rester à l’arrêt jusqu’au 1er février, le temps des travaux. Une déconvenue de plus pour le seul EPR tricolore, qui avait enfin atteint sa pleine puissance le 14 décembre.

L’année commence mal pour Flamanville. Située sur la presqu’île du Cotentin (Manche), la centrale nucléaire ne fournira aucune électricité au réseau jusqu’au 1er février. Comme le précise EDF, les unités n°1 et n°3 (ce dernier étant le seul réacteur français de type EPR) vont rester à l’arrêt. En cause, une ligne à haute tension endommagée lors du passage de la tempête Goretti, qui a balayé le nord-ouest du pays dans la nuit de jeudi 8 au vendredi 9 janvier, avec des vents dépassant les 200 km/h par endroits.

L’énergéticien avait anticipé ces vents violents, en décidant dès jeudi matin de réduire de moitié la puissance des réacteurs 1 et 3, respectivement dotés de 1 300 MW et 1 600 mégawatts (MW). Après le déclenchement de plusieurs procédures de sécurité, ils ont finalement été complètement mis à l’arrêt samedi. L’unité de production n°2 (1 300 MW) était quant à elle déjà à l’arrêt pour maintenance programmée. En raison des dégradations causées par la tempête, les circuits essentiels au pilotage du réacteur et à son refroidissement ont dû être alimentés par un seul groupe électrogène de secours à moteur diesel, le deuxième étant lui aussi en maintenance.

Une situation extrêmement rare, qui a poussé l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) à activer vendredi, «de manière préventive», son centre de crise situé à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). La cellule a finalement été désactivée quelques heures plus tard.

Des réacteurs sensibles au dérèglement climatique

Joint par L’Usine Nouvelle, EDF indique que cette indisponibilité imprévue de 20 jours «entraîne un ajustement du calendrier des essais de pleine puissance» de l’EPR, qui avait atteint cette dernière pour la première fois le 14 décembre, un an après son premier raccordement au réseau. En revanche, la date et la durée de sa première «visite complète», fixée au 26 septembre 2026 et censée s’étendre 350 jours, restent inchangées.

Cette nouvelle pause contrainte survient dans un contexte tendu : le parc nucléaire s’avère d’autant plus essentiel en hiver, lorsque les basses températures entraînent des pics de consommation électrique. A titre d’exemple, mardi 6 janvier dans la matinée, la puissance électrique appelée a dépassé les 90 GW, un niveau que le système n’avait plus franchi depuis février 2018.

Les conséquences de la tempête Goretti suscitent de nombreuses interrogations concernant la résilience du parc nucléaire français face aux événements météorologiques violents, qui risquent de devenir de plus en plus fréquents. En août et en septembre, les centrales de Gravelines (Nord) et de Paluel (Seine-Maritime) ont dû être partiellement mises à l’arrêt en raison d’un afflux de méduses perturbant les installations de refroidissement. Une prolifération qui aurait été accentuée par la hausse saisonnière des températures de la mer, elle-même aggravée par le dérèglement climatique.

Les centrales situées en bord de fleuve sont d’ailleurs régulièrement arrêtées en été, soit à cause de la chaleur de l’eau, soit à cause d’un niveau de l’eau trop bas. Ces épisodes semblent pour l’instant ne pas peser sur la production nucléaire d’EDF : celle-ci a atteint 373 TWh en 2025, soit 3,1% de plus qu’en 2024.



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