
“Ces agents étant mis en œuvre par des acteurs dominants”, il est de bon ton selon l’institution française d’explorer leurs modèles économiques et leurs capacités à bouleverser des secteurs économiques entiers, comme celui du commerce en ligne. Son avis sera rendu dans le courant de l’année 2026.
Depuis l’avènement de l’intelligence artificielle (IA) générative, avec le lancement de ChatGPT en novembre 2022, les alertes évoquant un renforcement de la domination d’une poignée d’acteurs de la tech se multiplient. “Veillons à ne pas reconstituer des Gafam de l’intelligence artificielle !”, avait ainsi lancé l’eurodéputée française Stéphanie Yon-Courtin, début 2024 à Strasbourg. Deux ans plus tard, dans la continuité de premiers travaux sur le secteurl’Autorité de la concurrence (ADLC) française a annoncé, vendredi 9 janvier, s’autosaisir pour analyser l’économie des agents conversationnels.
Les modèles économiques des outils d’IA
ChatGPT d’OpenAI, Gemini de Google, Le Chat de Mistral AI, Perplexity de la société éponyme, Claude d’Anthropic ou Copilot de Microsoft… Tous seront donc bientôt sondés par l’ADLC, d’après le communiqué publié sur le site de l’institution indépendante experte de la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles. “Même si l’aval de la chaîne de valeur se présente aujourd’hui comme étant apparemment dynamique avec la présence de plusieurs acteurs, les derniers développements montrent que les agents conversationnels pourraient avoir un impact sur le fonctionnement concurrentiel de plusieurs secteurs clés de l’économie“écrit-elle.
Car si les outils comme ChatGPT et Gemini sont largement populaires auprès du grand public, “les éditeurs d’agents conversationnels cherchent à diversifier les possibilités d’utilisation de leurs services et les possibilités de monétisation, afin que ces services deviennent rentables”note à raison l’autorité. Si elle annonce d’emblée qu’elle prêtera une attention toute particulière au secteur du commerce en ligne, dans lequel les outils d’IA ont fait irruption en développant ce que l’ADLC appelle le “commerce agentique”avec toutes les “problématiques concurrentielles” que cela suppose, d’autres thématiques seront à l’étude.
Un avis rendu en 2026
On y trouve en premier lieu l’intégration de la publicité au sein des agents conversationnels, un sujet sur lequel le moteur de recherche dopé à l’IA Perplexity a été l’un des pionniers. Sera aussi analysée “l’intégration des agents conversationnels au sein de services existants”avec la question des effets de levier et de l’autoréférence, “ces agents étant mis en œuvre par des acteurs dominants”explique l’ADLC. En suivant cette idée, l’autorité s’intéressera aussi à la transformation des agents conversationnels en plateformes, autrement dit leur propension à fournir de plus en plus de services tiers depuis une simple fenêtre de conversation.
Enfin, l’Autorité de la concurrence s’emploiera à étudier la question des partenariats noués par des sociétés comme OpenAI, qui les a notamment multipliés dans le paysage médiatique ces dernières années. Sur la base de ces champs de recherche, l’institution prévoit de lancer “prochainement” une consultation publique, laquelle sera probablement ouverte aux acteurs des secteurs étudiés et au grand public. Elle rendra son avis en 2026, lequel pourra, d’après son siteêtre accompagné de “préconisations pour remédier aux blocages identifiés” et servir de support de réflexion aux pouvoirs publics et aux acteurs économiques.


