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la violence sous-traitée par recrutement 2.0

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Lu il y a 7 minutes


Europol : 193 arrestations en six mois contre la « violence à la demande« . Le signal est clair : le recrutement en ligne de jeunes pour des missions violentes devient une menace transfrontalière.

La task force opérationnelle GRIMM d’Europol, mise en place en avril 2025 sous pilotage suédois, annonce 193 arrestations lors de sa phase initiale. L’unité cible les réseaux de « violence à la demande » (VaaS), qui recrutent des jeunes sur Internet pour exécuter des crimes pour des commanditaires. Les dossiers traités montrent des projets et passages à l’acte au-delà des frontières, allant d’extorsions violentes à des homicides, mais aussi des activités criminelles connexes comme fraude en ligne, cyberattaques et trafic de stupéfiants. Parmi les suspects figure un mineur arrêté en Espagne dans un dossier de meurtre planifié.

Une industrie de la violence qui recrute comme un service

Six mois, 193 interpellations, et un détail qui choque : un enfant figure parmi les suspects, lié à un projet d’assassinat. Europol présente ce bilan comme celui de son unité opérationnelle spéciale GRIMM, créée pour répondre à une dynamique en accélération, des groupes criminels qui sous-traitent des actes violents et traitent l’agression comme une prestation. Lancée en avril 2025 et conduite par la Suède, cette force vise explicitement les réseaux dits de « violence à la demande », une logique de marché où des « clients » paient, et où des exécutants, souvent très jeunes, font le sale travail.

Le point central, dans les éléments fournis, est la fabrique des profils. Les recrues seraient attirées et « formées » en ligne, puis mobilisées sur un spectre de missions étonnamment large. Europol cite des activités allant du trafic de drogue aux cyberattaques, en passant par la fraude sur Internet, l’extorsion violente et jusqu’au meurtre. Autrement dit, ces réseaux ne se limitent pas à la violence physique : ils combinent délits numériques et coercition, avec une même logique de prestation commandée, et la même recherche de main-d’œuvre remplaçable.

 

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Le bilan opérationnel révèle aussi une structure de rôles. La majorité des personnes arrêtées par GRIMM seraient des recruteurs, 84 au total, accusés d’ »exploiter des jeunes vulnérables ». Ce chiffre est un indicateur important : si le recrutement est le goulot, le recrutement devient la cible. Europol ajoute 63 personnes décrites comme auteurs de crimes violents, ainsi que 40 « complices » interpellés. L’unité dit également avoir arrêté six chefs de réseau VaaS sur la période, dont cinq considérés comme des cibles de grande valeur. Le message implicite est double : frapper les exécutants ne suffit pas, il faut remonter la chaîne, et neutraliser ceux qui industrialisent la mise en relation et l’orchestration.

Dans une lecture cyber, la VaaS ressemble à un modèle de plateforme. Les recruteurs utilisent des canaux en ligne pour prospecter, filtrer, convaincre, puis orienter vers des actes. La violence devient l’extension physique d’un pilotage numérique, avec des risques d’escalade rapides, parce que les échanges, la coordination et la mise en relation se font à distance.

ZATAZ présente d’ailleurs dans ses ateliers et conférences des cas trés concrets de ce genre de recrutement ou de vente de services, via internet, de malveillance physique. Exemples en captures écrans.

Des affaires transfrontalières, et la bataille des plateformes

Les cas mentionnés par GRIMM illustrent une criminalité qui traverse les frontières plus vite que les procédures. Une tentative de meurtre en mai à Tamm, en Allemagne, a conduit à l’arrestation de deux suspects aux Pays-Bas, tous deux âgés d’une vingtaine d’années. Dans un autre dossier, un meurtre à Oosterhout, aux Pays-Bas, a débouché sur l’interpellation de trois suspects en Suède et en Allemagne. Ces exemples, tels qu’ils sont rapportés, décrivent une chaîne typique : un fait dans un pays, des auteurs ou facilitateurs ailleurs, et une enquête qui impose des échanges rapides entre services. En France, un groupe recrutait sur l’ensemble du territoire pour « casser du pédo ». Sauf que la réalité était tout autre : agression (dont un décés présumé dans le Nord de la France) ; vol ; chantages ; Etc.

Le dossier le plus marquant, selon le texte, concerne l’Espagne : un mineur et cinq autres suspects ont été arrêtés pour avoir planifié un meurtre. L’opération a aussi permis la saisie d’armes à feu et de munitions. Ici, la dimension « VaaS » est particulièrement sensible : si l’on recrute des jeunes pour une mission homicide, la barrière morale et l’expérience criminelle ne sont plus des freins, ce sont des variables que le réseau gère, en sélectionnant des profils influençables, endettés, ou en recherche de statut.

Enfin, l’annonce de ces arrestations est mise en perspective avec un avertissement du FBI publié en juillet, évoquant In Real Life (IRL) Com, présenté comme un sous-ensemble de The Com, un milieu clandestin décentralisé proposant du swatting à la demande et de la « violence as a service ». Le FBI y décrit The Com, abréviation de The Community, comme l’une des menaces en ligne les plus pressantes visant les jeunes. Le trait d’union est évident : des communautés numériques peuvent produire des effets très réels, quand elles transforment intimidation, recrutement et passage à l’acte en services reproductibles.

Pour l’axe cyber-renseignement, GRIMM rappelle une évidence opérationnelle : couper la chaîne du recrutement en ligne, c’est souvent empêcher la violence avant qu’elle ne sorte de l’écran.

 

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