Le suisse Glencore a fait savoir jeudi 8 janvier être en discussion avec le géant anglo-australien Rio Tinto en vue de son rachat par celui-ci. Des négociations similaires entre les deux compagnies minières avaient déjà échoué un an plus tôt. Une telle fusion pourrait créer le premier groupe minier mondial.
Glencore et Rio Tinto ont remis sur la table leur projet de fusion, un an après l’échec des premières négociations. Les deux groupes ont annoncé tard jeudi 8 janvier avoir entamé des pourparlers en vue d’un rachat du premier par le second. S’il se concrétise, un tel accord donnerait naissance au premier groupe minier mondial, pour une valorisation de près de 207 milliards de dollars, soit 178 milliards d’euros.
De nombreux détails à éclaircir
Les entreprises ont usé de toutes les précautions oratoires, insistant qu’il n’y avait aucune certitude quant à la conclusion d’un accord ou d’une offre. Selon la législation britannique en la matière, Rio Tinto a jusqu’au 5 février, 17 heures, pour faire une offre formelle à Glencore ou pour annoncer ne pas donner suite. Les deux groupes ont indiqué que l’opération impliquerait a priori un rachat de d’une partie ou de toutes les actions Glencore par Rio Tinto. Ils n’ont pas précisé s’il y aurait une prime de rachat ni qui dirigerait la société fusionnée.
Au lendemain de l’annonce, l’action Glencore bondit et Rio Tinto recule en Bourse. A Londres, vers 08h25 GMT, Glencore prend 6,77%, tandis que Rio Tinto abandonne 3,10%. «La structure d’une éventuelle fusion entre ces deux sociétés n’est pas claire et serait probablement complexe, mais nous pensons qu’il existe un moyen de créer une valeur significative pour les deux», ont écrit les analystes de Jefferies. Les deux entreprises devront trouver un terrain d’entente, alors que Glencore fait partie des premiers producteurs mondiaux de charbon tandis que Rio Tinto s’en est désengagé depuis plusieurs années, pour se concentrer sur les matériaux de la transition énergétique.
Ces discussions interviennent alors que les grands du secteur minier manifestent leur intérêt pour les rachats, récemment concrétisé le 9 septembre 2025, avec la fusion annoncée du britannique AngloAmerican et le canadien Teck… que Glencore avait lui même envisager racheter en 2024.
Avec Reuters (Clara Denina à London, Scott Murdoch à Sydney; avec Christine Chen à Sydney, Melanie Burton à Melbourne, Shivani Tanna et Sameer Manekar à Bangalore; version française Augustin Turpin, édité par Blandine Hénault)


