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ZATAZ » The OSINT Doctrine, un guide 2025 pour enquêter sans pirater

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Lu il y a 5 minutes


En 2025, la donnée publique déborde. Mais l’exploiter sans se perdre, sans se faire repérer et sans confondre soupçon et preuve, exige une méthode, presque une discipline du renseignement.

Le livre « The OSINT Doctrine », signé Raphaël Bonneu, décrit l’OSINT comme une pratique structurée de collecte, traitement et analyse d’informations accessibles publiquement, sans intrusion ni exploitation de vulnérabilités . L’ouvrage retrace son évolution, des écoutes radio à l’ère algorithmique, puis formalise un cycle moderne en cinq étapes, de l’exigence au « reporting ». Il insiste sur la corrélation plutôt que l’accumulation, la triangulation face au bruit et à la désinformation, et l’OPSEC comme règle non négociable. Des cadres, S.T.O.P., Diamond Model, Kill Chain, et des études de cas illustrent les erreurs classiques d’attribution et les bonnes pratiques opérationnelles. Un livre à dévorer dans modération.

Quand l’information visible devient du renseignement

« À ceux qui veulent espionner leur ex-conjoint À ceux qui cherchent un « bouton magique » pour tout hacker » ce livre n’est pas pour vous. Le message de l’auteur est clair, efficace, éthique ! Son livre, The OSINT Doctrine, pose d’emblée une frontière nette : l’OSINT n’est pas du piratage. L’objectif n’est pas d’ouvrir une porte verrouillée, mais d’assembler ce qui est déjà visible, dispersé, parfois laissé là sans intention . Cette nuance change tout, sur le plan légal comme sur celui du renseignement : si la donnée est publique, elle n’est pas forcément exploitable, et si elle semble exploitable, elle n’est pas forcément vraie.

The OSINT Doctrine replace cette pratique dans une histoire longue. Avant Internet, elle s’appuyait sur la surveillance d’émissions et de journaux, puis sur des méthodes d’inférence comme la “Kremlinologie”, attentive aux détails d’images officielles pour détecter promotions et purges . Avec l’ère connectée, les moteurs de recherche ont démocratisé l’accès à l’information, au point d’éroder le monopole étatique . Depuis 2010, l’explosion des réseaux sociaux et les enquêtes civiques par l’image ont accéléré la bascule : le problème n’est plus de trouver, mais de filtrer, trier et vérifier, dans un environnement saturé de bruit et de désinformation .

Pour garder le contrôle, l’ouvrage formalise un “pipeline” moderne en cinq temps : définir une exigence claire, collecter, normaliser, analyser, puis produire un rapport défendable . La scène est familière à tout enquêteur cyber : un commanditaire veut “tout” sur un profil. Le texte répond par une discipline : formuler une question précise, sinon l’enquête s’effondre dans les terriers de lapin . Le reporting devient alors un acte de responsabilité, distinguer ce qui est factuel de ce qui est évalué, et expliciter un niveau de confiance.

OPSEC, cadres d’analyse et risques de l’IA

La tension centrale du livre tient en une phrase : collecter est devenu trivial, corréler est devenu vital. D’où quatre principes, corrélation plutôt que collecte, chaque point comme piste, rigueur plutôt que conjecture, éthique et OPSEC non négociables . L’ouvrage illustre les pièges : dépendance aux outils, vision tunnel, dérive de périmètre, OPSEC défaillante, et même l’oubli du « négatif », ce qui n’a pas été trouvé mais doit être dit .

Pour structurer l’analyse, The OSINT Doctrine propose plusieurs cadres. S.T.O.P. sert à la vérification visuelle et géographique, Diamond Model vise l’attribution en threat intelligence en reliant adversaire, infrastructure, capacités et victimes, la Kill Chain aide à découper une attaque pour prioriser des contrôles défensifs . L’intérêt, côté cyber-renseignement, est moins de choisir « le bon modèle » que de savoir quel modèle réduit le risque d’erreur dans une situation donnée.

Le livre met en scène des cas d’école, l’exemple « The Phantom Developer » est passionnant : identifier un utilisateur GitHub soupçonné d’avoir publié du code propriétaire. La méthode impose une contrainte, rester passif pour ne pas alerter, puis croiser plusieurs sources. Je vous laisserai découvrir l’enquête, les techniques et la finalité. Il insiste d’ailleurs de maniére trés pertinente sur la phase la plus difficile, la validation : tenter de réfuter ce que l’on croit avoir démontré, parce que l’attribution est le point de rupture classique en OSINT.

Bref. À l’heure où l’IA promet d’accélérer la collecte et la synthèse, le texte avertit : hallucinations, faux positifs, empoisonnement des bases, l’analyste doit rester un filtre, pas un simple collecteur .
Dans le cyber-renseignement, la différence se joue là : produire une vérité exploitable, sans céder ni au bruit, ni à l’illusion d’attribution.



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