
La robotique, en particulier humanoïde, a brillé au plus grand salon mondial des nouvelles technologies, qui s’achève ce 9 janvier à Las Vegas. Un secteur en plein essor, demandeur de puissance de calcul, qui draine un nombre croissant de grands fournisseurs de puces accélératrices d’IA, dans le sillage de Nvidia.
On pouvait s’en douter : la folie des robots humanoïdes, qui font le buzz depuis deux ans, s’est aussi emparée de l’édition 2026 du CES à Las Vegas, qui clôt ses portes ce 9 janvier. Les visiteurs du plus grand salon mondial consacré à la « tech » ont ainsi pu apercevoir Aeon du groupe Hexagon (dévoilé au printemps dernier), spécimen réservé aux applications industrielles, Cloid du coréen LG, assigné aux tâches domestiques, ou encore la dernière version d’Atlas, œuvre de l’américain Boston Dynamics. Et ce n’est qu’un échantillon.
Quelle est l’explication des capacités souvent impressionnantes de ces systèmes robotiques de nouvelle génération ? Une IA « physique », fondée sur le « bon sens » de l’IA générative. Elle prend la forme d’un modèle de vision-langage (VLM) ou de vision-langage-action (VLA) qui comprend des instructions vocales, perçoit son environnement et planifie les actions adaptées : déplacement, manipulation d’objets… Outre une quantité phénoménale de données d’entraînement, de tels modèles réclament de la puissance de calcul. Avec sa gamme Jetson, faite pour accélérer les calculs liés à l’IA, Nvidia a pris les devants pour occuper aujourd’hui une position dominante. L’entreprise américaine a l’intention de la conforter avec la disponibilité, depuis l’été dernier, de la surpuissante unité Jetson Thor, reposant sur la puce Blackwell.
Mais l’envolée de la robotique dopée aux réseaux de neurones aiguise les appétits, ce dont le CES 2026 se fait témoin. Nvidia va devoir composer avec une concurrence accrue, qu’il croise déjà en partie sur le marché de l’informatique au sens large. Son rival de toujours, AMD, a ainsi dévoilé le 8 janvier son système P100, composé de plusieurs puces Zen 5, d’une puce graphique et d’un accélérateur IA. Une version sur-vitaminée, X100, est prévue ces prochains mois. Une nouveauté destinée à la robotique industrielle, aux véhicules autonomes et, bien sûr, aux robots humanoïdes. Le robot Gene.01 de la start-up italienne Generative Bionics est le premier à l’accueillir.
Un nouveau débouché commercial pour Arm
Un autre acteur américain en quête d’opportunités a affiché ses ambitions le 5 janvier, avant même l’ouverture du salon : Qualcomm. L’un des principaux fournisseurs de puces pour les smartphones, déjà installé dans la voiture autonome, a présenté la gamme Dragonwing IQ10, qui vise la robotique domestique, la robotique mobile (AMR), ainsi que la robotique humanoïde, donc. La start-up Figure, qui a communiqué sur son modèle Figure 03 en octobre dernier, est sur les rangs. Ce n’est pas tout, car Intel, également présent au CES 2026, a évoqué des applications industrielles et embarquées pour sa nouvelle puce Core Ultra Series 3. Démonstration faite avec Robee, le robot humanoïde d’Oversonic Robotics, jeune pousse italienne.
Et le cercle s’élargit encore avec l’arrivée d’Arm, dont les architectures numériques particulièrement économes en énergie équipent la majorité des smartphones. L’entreprise britannique, cherchant à se diversifier, a profité du CES 2026 pour annoncer à Reuters le lancement d’un département commercial ciblant l’IA physique et, partant, la robotique, notamment humanoïde. Autant dire que les fournisseurs de puces accélératrices pour l’IA ont trouvé un nouveau terrain de jeu sur lequel s’affronter.


