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Aéro, pharma, agro… Les gagnants français de l’accord de libre-échange avec le Mercosur

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Lu il y a 6 minutes



Ursula von der Leyen, patronne de l’exécutif européen, est attendue au Paraguay lundi 12 janvier pour parachever des décennies de discussions autour de l’accord avec la zone Mercosur, validé par les Etats membres vendredi 9 janvier. Alors que l’accord commercial suscite toujours de vives oppositions en France, passage en revue des bénéfices attendus pour l’économie hexagonale.

Fumée blanche. Malgré les oppositions françaises et irlandaises, les États membres de l’Union européenne ont donné leur feu vert à la conclusion – enfin ! – de l’accord avec la zone Mercosur vendredi 9 janvier. Les discussions avaient débuté au tournant des années 1990. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, est attendue au Paraguay lundi 12 janvier pour apposer son seau définitif à l’accord commercial.

Un solde commercial historiquement positif pour la France avec le Mercosur

Les vives oppositions en France, portées notamment par le monde de l’élevage, ne doivent pas faire oublier qu’il y aura bel et bien des gagnants à l’accord avec la zone Mercosur en Hexagone. La France sort déjà plutôt gagnante de ses échanges avec le bloc d’Amérique latine : abonnée aux déficits commerciaux depuis le début du XXIᵉ siècle, elle affiche une balance positive dans ses échanges de biens avec la zone. Le solde est dans le vert à 648 millions d’euros pour la période allant de décembre 2024 à novembre 2025. En 2024 : les quatre pays d’Amérique latine ont apporté 825 millions d’euros aux caisses françaises.

Avec 91% des exportations européennes vers le Mercosur progressivement expemptés de droits de douane, les filières déjà bénéficiaires devraient y gagner encore davantage. C’est le cas de l’aéronautique et ses pièces (766 millions d’euros entre décembre 2024 et novembre 2025), les produits pharmaceutiques (629 millions d’euros), les machines et équipements (436 millions d’euros) et les produits chimiques (408 millions d’euros + 384 millions d’euros, en raison des nomenclatures) qui sont déjà exportés avec brio par la France dans ce coin du globe, d’après les douanes.

Des échanges de biens attendus en hausse de 39%

À Bruxelles, la direction générale du commerce estime, dans une analyse de juillet 2025, que l’accord permettrait de faire grimper les exportations de l’Union européenne vers le Mercosur de 39% d’ici à 2040. Dans l’autre sens, les échanges progresseraient de 17%. En 2024, l’UE a exporté pour 57 milliards d’euros de biens vers la zone Mercosur, important pour 53 milliards d’euros.

La «DG Trade», la direction générale du commerce européen, souligne que la communauté perd des parts de marché dans la grande bataille mondiale du commerce et que l’accord permettra d’endiguer cette chute : «En 2000, L’UE représentait près de 30% du marché du Mercosur en termes d’importations et environ 25% des exportations. La Chine était un partenaire beaucoup moins important du Mercosur, avec moins de 5% des importations et des exportations du Mercosur. Depuis lors, la Chine n’a cessé de gagner des parts de marché par rapport à l’UE, dépassant cette dernière en 2016-2017.» Les échanges de services pourraient aussi progresser, alors que la balance commerciale de l’UE avec la zone Mercosur est très largement positive.

La France devrait logiquement bénéficier de cet élan. À noter toutefois, comme le soulignent nombre d’acteurs, que les entreprises françaises sont déjà très implantées au Brésil, la locomotive économique de la zone Mercosur, avec 39 des 40 entreprises du CAC qui disposent d’une filiale sur place. Le bénéfice commercial de l’accord pourrait donc être moindre que celui de certains autres États membres, qui n’ont pas encore développé ces implantations locales.

Agro, les éleveurs isolés ?

Au reste, même l’agroalimentaire y trouvera des gagnants. La filière laitière compte sur la reconnaissance de plus de 300 indications géographiques pour développer ses exports, outre la suppression des droits de douane. Un raisonnement qui vaut aussi pour les vins et spiritueux, dont les représentants n’ont pas caché leur soutien à l’accord ces derniers mois.

Même dans le secteur de la viande bovine, certains abatteurs français laissent paraitre leur volonté de voir l’accord aboutir ces derniers mois, la décapitalisation du cheptel en France compliquant la tâche pour la chaine de transformation. «La filière est d’ores et déjà confrontée à une augmentation des importations de viande bovine en provenance des pays du Mercosur. Ainsi, selon les données transmises par Chambres d’Agriculture France, entre juillet 2024 et juillet 2025, ces dernières ont progressé jusqu’à représenter près de 70% des importations européennes, contre 57% l’année précédente», souligne un rapport sénatorial remis fin novembre 2025.

Les éleveurs, eux, peuvent s’attendre à des baisses de prix importantes. Si l’exécutif européen rassure en soulignant que l’accord ne fera entrer que l’équivalent de 1,2% de la consommation de viande bovine du continent, l’effet prix pourrait être décuplé en raison de l’aptitude des pays du Mercosur à fournir à bas prix des pièces très valorisées comme l’aloyau, ce qui ruissellera sur le prix de l’ensemble de la carcasse.



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